ALCOOLISME CHRONIQUE
rhose, et les accidents marchent en vertu d'une espèce de pouvoir acquis par le premier pas. La thérapeutique, inhabile à les détruire, ne peut plus que retarder leur marche.
Les lésions de la rate, que l'on a souvent constatées dans la cirrhose, doiventelles quelquefois être considérées comme causées directement par l'alcoolisme, ou doit-on les regarder comme le résultat de la gêne de la circulation porte, par suite ' de l'oblitération des rameaux de cette veine dans le foie? Il nous serait impossible de trancher la question.
Quelle que soit l'opinion que l'on adopte sur l'étiologie et le mécanisme de ces lésions, I'anatomie pathologique a constaté tantôt une atrophie, tantôt une hypertrophie de la rate, jointe à l'existence de plaques laiteuses, fibreuses et cartilagineuses dans l'épaisseur de ce viscère.
Organes respiratoires et circulatoires. — Ils ue présentent que des lésions d'un intérêt secondaire et sur lesquelles nous ne pouvons insister : telles sont la laryngite chronique, ou du moins une affection caractérisée par la ravcité de la voix et Vaphonie, ou la bronchorrhée. Enfin on a signalé (1) des pneumonies aiguës, nées sous l'influence immédiate de l'ivresse; il resterait à discuter la réalité du rapport que l'on a supposé.
On a rapporté aux excès alcooliques quelques lésions de la membrane intérieure du système vasculaire, et particulièrement les ossifications des artères et la gangrène des membres par suite d'artérite ; mais on trouve peu de renseignements précis à cet égard.
Organes génito-urinaires. — La maladie de Bright peut-elle avoir pour cause l'abus des boissons alcooliques? Nous ne pouvons établir ce fait d'étiologie que par des commémoralifs, par la progression du mal sous une influence persistante, par la fréquence de la maladie dans les pays froids et par une analogie peut-être discutable avec l'albuminurie cantharidienne.
^ Les cantharides causent sur les reins des accidents spéciaux. Les reins servent d'émonctoires à la cantharidine , et ce principe si actif produit une espèce de vésication intérieure sur les tubuli du rein, en amenant la desquamation de leur épithélium; de là le passage de l'albumine dans l'urine.
La solution de la question aurait le plus haut intérêt si la maladie de Bright pouvait s'expliquer par ce mécanisme; car la prophylaxie en découlerait.
Nous ne faisons que mentionner V impuissance chez l'homme, et malgré cela quelques tendances aux idées et aux actes obscènes (Marcel); et chez la femme on observerait la stérilité (Morel).
Organes des sens. — Nous avons déjà signalé les hallucinations. Quelques médecins attribuent à l'alcoolisme certaines affections de l'appareil de la vision.
IVe SECTION. — CONSÉQUENCES RELATIVES A L'INDIVIDU ET A L'ESPÈCE.
Ici nous posons des questions qui sont à l'étude plutôt que résolues.
1° L'alcoolisme influe-t-il sur la durée de la vie? — Nous n'avons aucun docu-
(I) Laborderie-Boulou, De la pneumonie consécutive à l' intoxication alcoolique lliùsc Paris, 1849. '
Vai.leix, i' édit. — V.
ment, aucun chiffre propre à donner une solution, mais il parait fort naturel d'admettre qu'une pareille cause dois e abréger la durée moyenne de la vie, lorsque l'on songe aux cas de mon subite par l'alcool, à la grande mortalité par le delirium. l remens suraigu (Delasiauve), ainsi qu'à toutes les affections et à toutes les lésions organiques que nous avons décrites.
2° 'Un seul auteur, M. Morel, a émis l'opinion que l'alcoolisme transmet par hérédité aux enfants des tendances morbides particulières. Nous laissons à l'auteur la responsabilité de cette opinion qu'il fonde sur les remarques suivantes :
« L'idiotie qui se relie par ses causes héréditaires aux: tendances alcooliques des parents offre un sujet d'étude des plus vastes et des plus complexes. Mes recherches sous ce rapport, dit M. Morel (1), coïncident avec celles des auteurs qui ont fait la remarque que la dégénérescence de l'espèce était plus fréquente dans les pays où les parents se livraient à l'ivrognerie chronique. J'ai rattaché à la même cause certains états instinctifs d'individus irrémédiablement frappés dans l'évolution de leurs facultés intellectuelles et affectives, et qui, sans pouvoir être assimilés aux idiots proprement dits sous le rapport physique et moral, apportaient en naissant des dispositions innées pour le mal. » M. Morel ajoute encore que la tendance à l'ivrognerie se transmet héréditairement.
Nous n'avons pas à nous occuper, dans une question aussi générale, des divers modes de traitement qui conviennent aux manifestations morbides que nous avons décrites, et qui varient par l'intensité, la durée et le siège.
§ I. — Traitement.
Les moyens les plus divers ont été mis en usage, et nous rappellerons seulement les émissions sanguines, l'opium, les excitants, les toniques, les vomitifs, les purgatifs, les affusions d'eau froide, le traitement moral, etc.
La valeur de quelques-unes de ces médications a été fort bien appréciée par Valleix lui-même (page 631).
Tout récemment M. Marcet a préconisé l'emploi de l'oxyde de zinc contre l'alcoolisme chronique. Selon cet auteur, l'oxyde de zinc, dans les cas simples, diminuerait d'abord, l'insomnie et les hallucinations de l'ouïe et de la vue ; les attaques de tremblement diminueraient d'intensité et disparaîtraient peu à peu ; l'appétit reviendrait, et dès lors on pourrait regarder le malade comme entrant en convalescence. Nous ignorons si ce genre de traitement a été soumis par d'autres médecins à une expérimentation sévère.
Une question plus importante sans doute se présente ici : celle de la désaccoutumance des alcooliques.
« La thérapeutique de Magnus Huss, dit M. Lasèguc (2), repose sur les indications les plus simples, et se compose de médicaments peu variés. Éloigner les causes qui entretiennent la maladie est évidemment la première indication à remplir ; on s'efforce ensuite, à l'aide d'un bon régime, de quelques toniques, de purgatifs chauds, de réparer les troubles de la digestion ; enfin les divers agents conseillés dans le cours des maladies nerveuses, antispasmodiques, comme l asa fœtida , stimulants spéciaux, comme la noix vomique, sont employés suivant les
(1) A. Morel, Traité des maladies mentales, 1860, p. 579.
(2) Archives générales de médecine.
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cas. Un .seul remède mérite d'être signalé : c'est j'huile empyreumatique, qui donne sa saveur spéciale à l'oau-de-vie de pomme de terre (fermentoleum soloni), à la dose de 5 à 10 centigrammes, cinq ou six fois par jour, dans une potion où en pilules. Ce produit paraît agir surtout en diminuant les douleurs épigastriques et le pyrosis, et semble devoir être rangé parmi ceux dont l'expérience a le mieux prouvé l'efficacité. Parlerons-nous de cette étrange médication dont la singularité môme a doublé la célébrité; et à laquelle de récentes expériences du docteur Nasse donnent un nouvel intérêt. On sait que le moyen proposé et hardiment usité par un compatriote du docteur Huss consiste à guérir la dipsomanie alcoolique par l'abus même de l'alcool, porté à ses dernières limites; on sait aussi que les succès et les insuccès ont été volontiers exagérés par les partisans ou les adversaires de cette méthode. Nasse a repris les expériences, et les résultats de ses observations ont été, en somme, assez favorables. L'addition de l'alcool à toutes les boissons, à tous les aliments des dipsomanes, a eu pour eiret d'inspirer à ces malades le plus profond dégoût pour la liqueur dont ils abusaient, et dont ils finirent par ne plus même supporter l'odeur. La cure n'a pas cependant été toujours durable, et au bout d'un certain temps, on a pu constater des récidives. La médication d'ailleurs, employée avec la persistance sans laquelle elle est et doit être insignifiante, n'est pas dépourvue de dangers, et Nasse a vu la mort déterminée par cette intoxication artificielle.
Ve SECTION. — EMPLOI DES ALCOOLIQUES DANS LE RÉGIME DES MALADES.
On a remarqué les fâcheux effets de la suppression des boissons excitantes chez les individus adonnés à leur usage, et qui sont pris de quelques maladies accidentelles. Chomel a bien formulé l'indication thérapeutique, en conseillant l'usage du vin à dose modérée, même pendant l'état aigu des maladies qui surviennent chez les buveurs, et sa pratique s'est généralisée. Ainsi on emploie les boissons vineuses dans les pneumonies à forme adynamique, dans les cas où le delirium tremens éclate, à la suite d'une fracture, d'un accident chirurgical grave ou d'une grande opération.
^ En général, chez les vieillards dont toutes les maladies tendent à se compliquer d'adynamie, il convient de donner du vin même pendant la période aiguë fébrile.
Chez les enfants même très jeunes, âgés de trois ou quatre mois par exemple, sous l'influence d'affections graves (catarrhe suffocant, etc.), l'affaiblissement survient parfois avec une excessive rapidité, l'alimentation est impossible, les médicaments n'ont plus d'action; les alcooliques, vin de Malaga, vin de quinquina, sont alors une dernière et puissante ressource, dont nous avons pu dans plusieurs circonstances constater les effets prescpie merveilleux.
C'est en se fondant sur des considérations d'analogie, que l'on administre l'eaude-vie ou le rhum dans le choléra, dans les vomissements nerveux de la grossesse, etc., etc.
Nous avons déjà parlé de l'emploi des alcooliques comme moyen de pHphylaxic. Si, à une certaine époque, les médecins ont pu considérer l'alcool comme antiputride et antiseptique (Pringle), cette idée n'est plus actuellement acceptée que par le vulgaire, mais elle a des effets désastreux, ci il importe beauoûupde prévenir contre les dangereuses applications qu'elle peut avoir. On sait que la plu-
tiUU IMOXICATIONS.
part des ouvriers prennent le matin quelques liqueurs alcooliques, pour obtenir une prétendue immunité contre les miasmes; que ceux qui travaillent dans les égouts, dans les cimetières, dans les clos d'équarrissage en font autant; que dans les pays chauds, les immigrants agissent de même, pour se préserver des fièvres bilieuses, des dysenteries, des fièvres intermittentes, du typhus, des influences nosocoiniales. De l'avis de la plupart des médecins, cette pratique serait non-seulement sans efficacité, mais encore dangereuse ; et dans les épidémies de choléra qui ont sévi en France, on a pu remarquer que les personnes qui usaient des alcooliques comme moyen préservatif, étaient plus promptement frappées que celles qui s'en abstenaient.]
ARTICLE VIII
ERGOTISME.
Quoique l'on ait trouvé, dans les écrits que nous a laissés l'antiquité, quelques passages qui semblent se rapporter à Vergotisme, il faut arriver au dixième siècle pour avoir des relations assez exactes d'épidémies de cette maladie ; mais à dater de cette époque, les historiens en ont mentionné toujours un certain nombre, et c'est surtout dans les quatorzième, quinzième et seizième siècles qu'on vit sévir les plus meurtrières. Dans le dix-septième et le dix-huitième siècle, on en observa encore un bon nombre, principalement en Allemagne. Parmi les auteurs qui nous ont laissé les travaux les plus importants sur cette maladie, dont les exemples sont devenus beaucoup moins fréquents de nos jours, il faut citer Schenk, Mulcaille (1). Salerne (2) et l'abbé Tessier (3).
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
Vergotisme est une affection produite par l'usage du seigle ergoté, et caractérisée tantôt par des convulsions, tantôt par la gangrène des membres. Il résulte de là que. cette maladie doit être divisée en ergotisme convulsif et ergotisme gangreneux.
Cette affection a reçu les noms de feu sacré, feu Saint- Antoine, feu Saint-Marcel, mal des ardents, gangrène des Solognots; convulsion céréale, raphania.
§ II. — Causes.
On a attribué la maladie qui nous occupe au mélangc; avec les graines alimentaires, de différentes plantes, telles que Y ivraie enivrante, la raphanelle, le mélampyre, les coquelicots; mais les expériences de Salerne, de Read(4) et de l'abbé Tessier ne laissent aucun doute sur la cause réelle du mal, et prouvent qu'elle est véritablement due à cette production parasitaire du seigle à laquelle on a donné le nom d'ergot. Il ne peut rester quelque doute que relativement à l'ergotisnie
(1) Académie des sciences, 1748.
(2) Mém. de l'Acad. des sciences, t. II.
(3) Mém. de la Société royale de méd. Pans, 1776, t. 1, p. 417; 1778, t. 111, p. 3S7^. — Voy. aussi Aug. Millet, Du seigle ergoté, dans Mém. de l'Acad. dctnëd., t. XVI11, p. 177.
[i) Du seigle ergoté. Metz, 1771.
ERGOTISME. — SYMPTÔMES. fi45
convulsif; car, dans les expériences dont nous venons de parler, c'est surtout la gangrène qui s'est produite.
Les causes prédisposantes sont la misère, les privations de toute espèce, V habitation clans des lieux bas et humides.
S III. — Symptôme».
Pour la description des symptômes, la division que nous avons admise plus haut doit être nécessairement suivie.
1° Ergotisme convulsif. — Le début de l'argotisme convulsif n'est pas, en général, rapide. Pendant un temps plus ou moins long (de 7 à 20 et 25 jours) on observe le brisement des jambes, l'agitation, la céphalalgie, la tristesse, des fourmillements, des picotements, des crampes dans les jambes et une grande irrégularité de l'appétit.
Ces premiers symptômes vont ensuite en augmentant; une chaleur douloureuse se manifeste dans les pieds, et enfin surviennent les convulsions. Ce sont des convulsions toniques, qui produisent la flexion forcée de toutes les articulations des membres, dételle sorte que les talons viennent se coller sur les fesses, et les mains sur les épaules; des accidents semblables se manifestent dans le tronc, et l'on observe Yopisthotonos et le trismus.
A ces convulsions toniques se joignent, vers le début, des convulsions cloniques très violentes et très douloureuses ; les secousses sont plus ou moins rapides et toujours très fortes. On voit alors la face agitée d'affreuses convulsions, et les yeux contournés par le strabisme. Plusieurs malades se mordent la langue, et il y a une* écume sanguinolente à la bouche.
Ensuite h céphalalgie persiste, et les malades tombent dans un délire ordinairement furieux, avec vociférations, et quelquefois hurlements; on observe aussi la perte de la mémoire et de V intelligence, la stupeur et le coma; la vue, ordinairement affaiblie, est assez souvent abolie, ou présente des troubles divers.
Les symptômes du côté du tube digestif ne sont pas constants; lorsqu'ils existent, ils consistent dans la douleur épigastrique, des nausées et des vomissements bilieux, des coliques, des selles liquides et fétides; parfois les selles sont involontaires, ainsi que les urines.
Il est ordinaire de trouver les extrémités froides, quoique le corps soit couvert de sueur, et les malades se plaignent d'une ardeur douloureuse dans tout l'intérieur du corps; à ces phénomènes succède ordinairement un état de collopsus profond et de paralysie générale qui précède la mort. Dans les cas de guérison, les symptômes s'apaisent peu à peu, et les malades conservent pendant un temps souvent fort long un affaiblissement de la vue, une faiblesse ou un tremblement des membres et l'affaiblissement de l'intelligence.
Accès convulsifs. — Les symptômes que je viens de décrire ne se montrent pas d'une manière continue; mais le délire, les convulsions cloniques, épileptiformcs, 1 agitation extrême, reviennent par moments plus ou moins rapprochés, et constituent ce que l'on a appelé Vaccès d 'ergotisme convulsif.
2° Ergotisme gangreneux. — L'ergolisme gangreneux commence, à très peu près, de la mémo manière que l'ergolisme convulsif; mais, an bout de quelques
joui s, les douleurs deviennent beaucoup plus vives et plus profondes dans les extrémités qui doivent être frappées de gangrène; elles arrachent des cris aux malades ; les uns éprouvent, dans ces points, une chaleur brûlante, d'autres, au contraire, un froid extrêmement vif; quelquefois une rougeur érysipélateuse se montre sur les membres; à cette époque, le pouls devient serré et fréquent; la sueur se montre à la tête et vers l'épigastre, et cependant X appétit peut persister encore.
Plus lard la douleur cesse dans les points qui doivent être frappés de gangrène, tandis que dans les parties plus élevées elle envahit des points qu'elle n'occupait pas encore. Enfin, on voit les extrémités devenir violacées, très froides, puis noircir, se dessécher ou se couvrir de phlyetènes pleines de sérosité sanguinolente, et cette gangrène gagne ensuite de proche en proche jusqu'à ce qu'elle se trouve bornée par une bande rouge et enflammée qui indique le point où se sépareront les parties mortifiées. Ordinairement cette gangrène reste bornée aux pieds et aux mains; mais, dans quelques cas, on l'a vue s'étendre à tout un membre.
Plus tard encore la séparation se fait, la suppuration s'établit à la limite des parties mortes et des parties vivantes, et l'on voit se détacher toutes les parties affectées. Lorsque la gangrène nest ptas sèche, il s'écoule des points malades une sérosité rougeâtre, d'une odeur très fétide et caractéristique. Pendant que ces phénomènes se produisent, le pouls est faible, petit, misérable, accéléré; il y aune prostration extrême, la peau se couvre d'une sueur froide et visqueuse; la langue se sèche; la diarrhée s'établit, et les malades tombent dans un état demi-comateux. ■ Dans les cas de guérison, qui n'ont guère lieu que lorsque la partie mortifiée est d'un petit volume, une bonne suppuration s'établit après la chute des esebares, et la cicatrisation se fait comme dans les plaies ordinaires.
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
Dans les cas d'ergotisme convulsif, la marche de la maladie est irrégulière, comme celle des névroses, et ce sont principalement les accès qui la caractérisent; dans les cas d'ergotisme gangréneux, la marche est continue. La durée de la maladie, dans les deux cas, est très variable ; la mort, dans un accès, peut abréger heaucoup celle de l'ergotisme convulsif; quant à l'ergotisme gangréneux, on peut dire que la durée est toujours longue; elle l'est surtout lorsqu'une partie d'un volume considérable est détachée par la mortificalion.
La terminaison par la mort est fréquente ; tout dépend, relativement à l'issue de a maladie, de l'intensité de la cause toxique.
§ V. — lésions anatomiques.
On a trouvé, chez les sujets qui ont succombé à l'ergotisme, l'inflammation d'un grand nombre d'organes ; mais ces lésions ne sont pas constantes, et tout porte à croire qu'il existe une altération du sang, à laquelle seule on peut attribuer tous les symptômes qui caractérisent la maladie. Suivant M. Roche, la gangrené des extrémités serait due à une artérile, comme la gangrène sénile ; niais les recherches d'anatoinie pathologique ne nous ont pas encore suffisamment éclairés silice point.
EMPOISONNEMENT PAR f/HYDROGÈNE SULFURÉ.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Il est aujourd'hui reconnu que l'on ne peut pas, par la connaissance seule des symptômes, arriver au diagnostic de l'ergotisme. Lorsqu'on trouve une affection présentant les signes que nous avons énumérés plus haut, il faut rechercher quel est le genre dévie du malade, et surtout s'informer s'il règne une affection épidéniique présentant des symptômes analogues.
Pronostic. — Ce que j'ai dit plus haut delà terminaison de la maladie prouve assez combien le pronostic est grave ; les accès convulsifs sont presque constamment mortels, et il en est de même de la gangrène d'une partie volumineuse.
§ VIS. — Traitement.
Nous ne nous étendrons pas longuement sur le traitement de cette affection, parce qu'il n'est nullement démontré que les moyens qui ont été recommandés par les auteurs aient une grande influence sur la terminaison de la maladie.
On a employé four à tour l'opium à haute dose, les frictions camphrées, aromatiques ; les vésicatoires, les bains sulfureux, les bains de vapeur, les sudorifiques et les antispasmodiques, contre l'ergolisme convulsif. Dans les cas de gangrène, on a donné les excitants généraux, les toniques, parfois les vomitifs et les purgatifs, les acides minéraux, et un grand nombre de substances particulières.
On n'est pas d'accord sur le degré d'utilité de la saignée. Les auteurs qui regardent l'ergotisme gangréneux comme la suite d'une artérite ont beaucoup de confiance dans les émissions sanguines, générales et locales ; mais c'est là le résultat d'idées théoriques qui auraient besoin d'être confirmées par l'expérience.