‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 235 sur 344 · ACCIDENTS OCCASIONNÉS PAU L'IODE. — JODISME · texte numérisé non relu

ACCIDENTS OCCASIONNÉS PAU L'IODE. — JODISME

Traitement, curatif. — Soustraire immédiatement le malade à l'influence de l'iode, s'abstenir de toute médication débilitante qui ne ferait qu'aggraver le mal. Suivre les médications variées que présente chaque cas pris en particulier.

Si l'iodisme est aigu, conseiller le lait de vache, de chèvre ou d'fmesse, le résultat obtenu guidera pour la préférence à donner à l'un des trois. L'estomac des malades est capricieux : ici le lait de vache à la glace est seul toléré, là c'est le lait d'ânesse tiède. Prescrire, en outre, les narcotiques, les antispasmodiques, le changement d'air.

Si l'iodisme est lent, chronique, conseiller un régime analeptique, le séjour à la campagne, et surtout dans la montagne, l'équilation, les toniques, et spécialement les préparations ferrugineuses.

Les symptômes les plus difficiles à combattre sont ceux qui résultent des altérations locales produites dans l'estomac par des doses trop élevées ou par une mauvaise préparation du médicament. Les gastrites ou gastro-entérites chroniques réclameront des soins particuliers d'hygiène alimentaire. Le sous-nitrate de bismuth, les eaux et les bains alcalins, les emplâtres fortifiants sur la région épigastrique, les bains gélatineux, les frictions et l'hydrothérapie, sont particulièremen indiqués.

Telle est l'analyse des pensées exprimées dans le mémoire de M. Rillict.

11 ne nous est pas permis de le juger plus complètement qu'en le faisant suivre des pensées émises dans les discussions de T Académie.

M. Boudet pense que les faits signalés par M. Rilliet sont si extraordinaires, qu'ils exigent de nouvelles observations pour confirmer les conclusions de l'auteur.

M. Trousseau ne s'éloigne guère de l'opinion de M. Boudet. Les doses infinitésimales de M. Rilliet leur semblent trop favorables aux idées hahnemannieunes. Ce travail, dit M. Trousseau, a quelque chose d'étrange, d'inattendu, d'invraisemblable même pour tout le monde (si bien que ML Ricord n'y a pas cru). M. Bouchardat, lui, semble trop favorable aux idées de M. Rilliet. Cependant M. Trousseau est plus opposé aux explications qu'aux faits eux-mêmes qu'il adopte parfaitement. Il résulte des renseignements pris par M. Trousseau auprès des médecins suisses, que l'iodisme est presque inconnu dans la plupart des cantons.

Ce fait articulé par M. Rillict, que l'iodisme surviendrait surtout à la suite de l'administration des doses infinitésimales d'iode, heurte toutes les idées de thérapeutiques admises par l'école régnante; et il a cependant été admis par M. Bouchardat et M. Velpeau.

A Genève, dit l'auteur du mémoire (1), il n'y a pas d'iode dans l'air, d'où l'iodisme après l'administration de doses homœopa iniques; mais à Turin, à Chambéry, Grenoble, Lyon, Alexandrie, il n'y a pas plus d'iode dans l'air, l'accoutumance à l'iode n'existe pas pour les habitants de ces villes, et cependant l'iodisme constitutionnel y est inconnu.

M. Chatin (2) admet l'iodisme constitutionnel tel que l'a décrit M. Rilliet; mais l'existence de cette affection ne devrait nullement porter atteinte aux droits si légitimes des préparations iodiques dans le traitement du goitre, de la syphilis et de la scrofule.

(1) Gazelle hebdomadaire da médecine, 1860.

(2) Bulletin de l'Académie impériale de médecine, t. XV.

VAllkix, 4e édit. - Y. 42

En somme, bien que le mémoire de M. Rilliet mérite, dil le rapporteur, les remercîmeiils de l'Académie, il soulève une des questions les plus intéressantes de la pathogénie, et ne doit être accepté que pour les faits qu'il contient. M. Trousseau confirme, au nom de la commission de l'Académie, des doutes qu'il espère voir partager pour l'explication et la théorie des faits.]

ARTICLE IV

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