‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 236 sur 344 · EMPOISONNEMENT PAR LE CHLOHOFORME · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAR LE CHLOHOFORME

[Bien que dans l'immense majorité des cas, le chloroforme ait été employé sans accidents, les morts subites ou plus lentes qu'il a causées ont éveillé l'attention et provoqué les recherches des chirurgiens.

M. A. Robert (1), M. Guérin et M. Chassaignaç, ont réuni les observations éparses des cas de mort subite arrivés dans les divers hôpitaux français et étrangers. Ils ont ajouté à ces faits les résultats de leur expérience personnelle.

§ I. — Marche.

M. A. Robert dil : « Quant à nous, nous avons considéré le chloroforme comme un poison exerçant une action hypostliéni.sante sur le cœur, disposant ainsi à la lipothymie, à la syncope, et produisant parfois la sidération en paralysant subitement les contractions de cet organe. »

M. Guérin (2) dit : « En injectant du chloroforme sous la peau, nous avons montré qu'on pouvait produire un empoisonnement lent, régulier, à périodes très espacées... Voilà les deux sortes d'empoisonnements :

1° L'empoisonnement successif; 2" l'empoisonnement instantané.

Que la question doive ou non être résolue dans le sens adopté par les auteurs, il est permis, jusqu'à plus ample informé, de décrire tous les accidents qui suivent l'emploi du chloroforme comme des phases d'un empoisonnement qui se réalisera, si certaines conditions se réunissent. Quels sont ces accidents?

Avant d'entrer dans quelques détails, il faut reconnaître que tous les accidents du chloroforme sont communs à toute la famille des agents anesthésiques. Ce sont tous des liquides volatils qui sont absorbés sous forme de vapeurs et dont les symptômes offrent seulement quelques différences. L'éther, l'amylène, le chloroforme, tous les alcooliques soumis à des équivalents chimiques analogues doivent produire la mort ou les accidents qui la précèdent par des mécanismes ou des troubles physiologiques semblables.

Est-ce une asphyxie véritable? Est-ce un trouble de la respiration ou de la circulation que produisent les anesthésiques? il est encore difficile de se prononcer formellement. Ce qui est certain, c'est que tout ce qui est établi par la Longup expérience des alcooliques demeure vraisemblablement aussi nettement formule pour le chloroforme, l'ivresse anéantit l'intelligence, la sensibilité, le mouvement ; détermine des troubles respiratoires circulatoires, et cérébraux, aussi bien que

(1) A. Robert, Bulletin de la Sociélc de chirurgie de Paris, G novembre IS53,

(2) Gazelle médicale de Paris, 1853, p. 413.

Page 1