MÉTRITE AIGUË SIMPLE. — SYMPTÔMES
voqucr l'avortcment, les opérations faites sur la matrice, sont toutes des causes qui agissent plus ou moins directement et matériellement, et ce sont ces causes dont l'existence est le moins contestable.
Il ne nous reste plus, pour compléter cette énumération, que d'indiquer les injections froides souvent répétées, les injections irritantes et la suppression des règles. Il serait, en effet, inutile d'insister sur une étiologie dont les éléments nous manquent en grande partie, et dont il faut recommander l'étude aux observateurs.
§ III. — Symptômes.
Les symptômes de la métrite aiguë simple ne diffèrent de la congestion sanguine, lorsque la maladie est étendue h tout l'organe, que par une intensité plus grande, par le mouvement fébrile qui vient se joindre à eux, et qui est plus marqué que dans les cas peu fréquents où il existe un peu de fièvre avec la simple congestion, et enfin par un écoulement qui n'a pas suffisamment fixé l'attention clcs ctutcurs
Si l'inflammation n'occupe que la surface interne de l'utérus, et à plus forte raison si elle reste fixée à la cavité du col, la douleur est peu vive, et elle est bornée à l'organe malade. Il n'en est pas de même dans les conditions opposées. La douleur est alors profonde, gravative, continue, avec des redoublements plus ou moins fréquents, pendant lesquels elle peut s'étendre aux lombes, à l'anus, aux aines et aux cuisses. Il est bien rare que, dans la métrite aiguë simple, cette douleur soit assez vive pour forcer les malades h se tenir les cuisses fléchies sur le bassin, comme l'indique M. Duparcque; c'est dans le cas de métrite puerpérale que ce symptôme a été vu avec ce degré d'intensité.
Un des symptômes les plus constants est une pesanteur incommode au périnée, avec un sentiment de tension clans le bassin. Si la maladie a un certain degré d intensité, c'est celui dont se plaignent le plus les femmes.
La douleur est augmentée notablement par la pression, qui doit être, lorsque la chose est possible, exercée de trois manières. Par le palper hypogastnque, on exaspère la douleur qui siège dans le corps de l'utérus ; mais parfois le gonflement est peu considérable, et ce n'est qu'en pressant fortement qu'on arrive sur 1 organe malade. Alors on doit pratiquer le toucher par le rectum, qui fait reconnaître plus exactement l'état du corps de la matrice. Le toucher vaginal détermine quelquefois une douleur très vive, qui a pour caractère, lorsqu'il s'agit d'une métrite aiguë, d'occuper toute l'étendue du col de l'utérus. Enfin il est toujours bon de combiner le palper h ,/po gastrique avec le toucher vaginal, parce que de cette manière on acquiert une notion exacte du volume, de la consistance et de la sensibilité de l'organe. ,
C'est par les mêmes moyens d'exploration qu'on reconnaît 1 existence d une tuméfaction (nus ou moins considérable, el si, en même temps qu on pratique le toucher par I, vagin, on presse sur l'hypogastre, ou sent l'utérus pris entre les deux mains, ce qui permet d'en mesurer approximativement le volume, en même temps que l'on apprécie plus exactement encore le degré de douleur qu il présente.
Par le toucher vaginal, on constate encore la dureté ou bien la mollesse du col,
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caractères qui, suivant les auteurs, appartiennent à l'inflammation de celte partie de l'organe, sans que personne ait cherché à déterminer dans quelles circonstances diverses on trouve des états si opposés.
Par le toucher rectal, aussi bien que par le toucher vaginal, on s'assure que le corps de l'utérus est devenu plus dur et plus lourd qu'à l'état normal, et l'on sent un développement fie chaleur souvent considérable.
Il existe, en même temps que les symptômes précédents, un écoulement plus ou moins considérable. Il est, par conséquent, bien extraordinaire que les descriptions générales des auteurs n'en fassent pas mention. L'explication de ce silence n'est cependant pas très difficile. La métrite simple, telle que nous l'avons définie plus haut, est une maladie rare, et, de plus, l'écoulement, comme dans toutes les autres affections des organes revêtus d'une muqueuse, manque, ou est très peu considérable au début delà maladie, c'est-à-dire à l'époque où les divers symptômes sont recherchés avec plus de soin; il y a plus encore : la métrite survient souvent chez des femmes qui avaient des flueurs blanches, et chez lesquelles une légère augmentation de l'écoulement peut très bien passer inaperçue ; voilà bien des motifs pour qu'on n'ait pas tenu un compte suffisant de ce symptôme. Enfin, par une malheureuse confusion, on a décrit ensemble la métrite simple aiguë et la métrite qui suit plus ou moins immédiatement l'accouchement, et dans celle-ci l'écoulement des lochies étant un fait naturel, on ne peut pas convenablement distinguer ce qui appartient à l'état normal et ce qui est causé par l'inflammation.
Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de voir une métrite survenue hors du temps des couches, et, dans tous les cas, nous avons observé un écoulement mucopurulent qui provenait de la cavité du col de l'utérus, et qui a cessé lorsque l'inflammation s'est dissipée.
L'écoulement, d'après ce qui précède, peut être nul dans les premiers jours de la maladie. Un peu plus tard, on observe un écoulement peu épais et présentant à un plus ou moins grand degré le caractère séreux. Chomel (1) a vu quelquefois, dans les circonstances dont il s'agit, un écoulement roussâtre, le seul dont il fasse mention. Au bout de peu de jours, l'écoulement prend une plus grande consistance; il devient muco-purulent, et reste tel si l'affection passe à l'état chronique. Lorsque l'inflammation se dissipe, la matière sécrétée perd peu à peu l'aspect purulent, et finit par prendre l'aspect du blanc d'oeuf cru ; elle est complètement albumineuse.
Un autre symptôme dont les auteurs n'avaient pas parlé a été signalé par M. Hérard: c'est une métrorrhagie plus ou moins abondante, ce qui rapproche encore l'inflammation de la congestion utérine.
Il résulte de l'inflammation de l'utérus portée à un haut degré, des symptômes particuliers qui ont été bien résumés par M. Bennett(2); ce sont les] suivants : « Les malades, par suite de la grande sensibilité de la matrice, ne peuvent ni marcher ni rester debout; lorsqu'elles sont assises dans leur lit, elles inclinent généralement le corps en avant, de manière à soustraire l'utérus à la pression des organes
(1) Dictionnaire de médecine, l. XXX, art. Utérus (infl.).
(2) Loc. cit.