‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 344 · MÉTRITE AIGUË SIMPLE. — MARCHE · texte numérisé non relu

MÉTRITE AIGUË SIMPLE. — MARCHE

abdominaux. Le passage des matières dans le rectum est toujours accompagné de douleurs, surtout quand il y a constipation. Les garderobes sont quelquefois tapissées de mucus. » Ce dernier symptôme se manifeste principalement, lorsque l'inflammation s'est propagée au tissu cellulaire rétro-utérin.

Aux symptômes locaux qui viennent d'être décrits, il se joint des symptômes généraux, ordinairement peu intenses. Quelquefois même ils sont si légers, que, si les femmes ne se fatiguent pas, il est difficile d'en reconnaître l'existence. On a dit que cette absence des symptômes généraux se remarque principalement dans les cas où la cavité utérine est superficiellement envahie, où il existe, comme on l'a dit, un simple catarrhe utérin. Le fait est vrai; mais il ne faut pas croire qu'un mouvement fébrile notable accompagne nécessairement la métrite simple aiguë. Comme dans beaucoup d'autres phlegmasies, la réaction fébrile est subordonnée à la manière plus ou moins rapide dont la maladie s'est déclarée.

On sera peut-être surpris de nous voir accorder si peu d'importance à la fièvre dans la métrite, lorsqu'on se rappellera les descriptions présentées par les auteurs. Mais si l'on veut examiner attentivement ce qui a été écrit a ce sujet, on voit bientôt que la description de la métrite avec violent mouvement fébrile s'applique presque toujours à l'inflammation qui survient après l'accouchement, et dans laquelle la maladie n'est pas à l'état de simplicité.

De toutes ces variétés de métrite admises d'après le siège précis de la maladie, il n'en est qu'une qui soit importante : c'est la métrite du col; mais elle ne présente rien de particulier, si ce n'est que les symptômes indiqués sont bornés à cette partie apparente de l'organe.

§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche de la métrite simple est continue ; nous avons vu qu'il y avait des moments d'exacerbation , mais on n'observe pas de véritable intermittence. Sa durée n'a pas été convenablement déterminée ; dans un certain nombre de cas elle n'a pas dépassé deux septénaires. On a parlé de terminaison par suppuration et par gangrène ; mais c'est encore dans les cas de métrite puerpérale que les choses se passent ainsi, et même il faut remarquer que c'est presque toujours dans des cas de fièvre puerpérale, affection spéciale dont la métrite ne forme qu'une partie, que la métrite aiguë se termine d'une manière favorable dans la très grande majorité des cas, et s'il faut admettre, avec les auteurs, qu'elle peut dégénérer en métrite chronique, on doit du moins reconnaître que cette terminaison est fort rare.

M. Bennetl a vu la maladie se terminer par suppuration ; dans ce cas, dit-il, si la collection purulente se forme au voisinage delà cavité utérine, elle se vide presque constamment dans cette cavité, et s'écoule par l'orifice du col. Si la suppuration se forme près de la surface externe, l'inflammation se propage en général au tissu cellulaire des ligaments larges, et le pus se comporte comme dans les cas d'inflammation et de suppuration de ces ligaments. Les faits indiqués par M. Bennett sont exacts ; mais lorsqu'il y a inflammation du tissu cellulaire, celle-ci prend une telle importance, qu'elle constitue une affection qu'il faut considérer à part (1).

(1) Voy. Phlegmons péri-Mcrins.

§ V. — Lésions anatomiques.

C'est encore presque uniquement à la métrite puerpérale que se rapportent les lésions anatomiques exposées dans les articles consacrés à la métrite. Aussi, de toutes ces altérations, ne devons-nous citer comme appartenant en propre à la métrite simple aiguë, que le gonflement, la rougeur, la friabilité, le ramollissement du tissu de la matrice. Ce n'est pas que la suppuration ne puisse être la conséquence d'une métrite simple très aiguë; mais les cas de ce genre sont si rares, qu'ils doivent être rangés parmi les exceptions.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Nous avons vu plus haut que les symptômes de cette affection ressemblent beaucoup à ceux de la simple congestion utérine. On peut, par conséquent, éprouver de l'embarras quand il s'agit de déterminer à laquelle de ces deux affections on a affaire, et il faut convenir que, dans l'état actuel de nos connaissances, il est des cas où il est fort difficile de résoudre la question. Voici sur quoi devra porter l'attention du médecin. La métrite est bien plus fréquemment produite par une cause externe que la simple congestion: elle s'accompagne ordinairement d'un certain mouvement fébrile; elle ne se développe pas presque constamment à l'époque des règles, comme la congestion ; elle occasionne des douleur; plus vives, soit spontanément, soit à la pression; elle ne se termine pas par une hémorrhagie plus ou moins abondante ; enfin elle doune plus constamment lieu à un écoulement qui, d'abord d'apparence séreuse, devient tôt ou tard muco-purulent.

TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC

Nous empruntons à M. Becquerel le tableau synoptique de ce diagnostic :

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