‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 56 sur 344 · SONDE A BRANCHES DIVERGENTES ET ÉLASTIQUES DE KIW1SCH · texte numérisé non relu

SONDE A BRANCHES DIVERGENTES ET ÉLASTIQUES DE KIW1SCH

« L'appareil dont je me sers presque généralement a la forme de ma sonde utérine dont la partie supérieure se trouve fendue de haut en bas, de l'extrémité boutonnée jusqu'à 2 pouces au-dessous, de manière que la partie supérieure se trouve constituée par deux branches divergentes, élastiques, dont la divergence supérieure au niveau du bouton a un pouce de largeur. Parlés extrémités supérieures de ces deux branches divergentes passent des fils de soie, lesquels, tirés par un mécanisme, rapprochent les deux branches de manière que l'instrument prend la forme et l'aspect de la sonde utérine ordinaire. Au-dessous de la partie de la sonde qui pénètre dans la cavité utérine se trouve un évasement en forme d'entonnoir, destiné à loger la partie inférieure de la sonde. L'instrument se compose donc de deux pièces : de la partie supérieure à branches élastiques divergentes qui restent dans la cavité utérine, et de la partie inférieure munie d'un manche qui est retiré après l'introduction de l'instrument. Au bord supérieur de l'évasement en forme d'entonnoir se trouve soudée une canule flexible de fil métallique, longue de 2 pouces et demi à 3 pouces. L'instrument appliqué; cette canule flexible déborde un peu, et sert de guide à la partie inférieure de l'instrument lorsque celle-ci doit être introduite dans l'évasement pour ôter l'appareil. La partie inférieure consiste en une tige de métal, longue de 5 pouces, angulaire, légèrement recourbée, qui le fixe solidement dans l'évasement en forme d'entonnoir, de manière que les deux parties réunies forment un seul corps. Cette lige se termine en bas par un manche de bois de trois pouces et demi de longueur, et sur lequel sé trOUVB un mécanisme qui sert à ouvrir ou fermer, écarter ou rapprocher les branches divergentes de la partie supérieure. L'écartement ou le rapprochement s'opère au moyen d'un fort fil de soie qui passe' par deux trous percés dans les deux moitiés du bouton qui termine la sonde en haut. De ces deux trous, les deux bouts du fil descendent en bas. s'entrecroisent au-dessous du milieu de la partie supérieure à sa face convexe, passent par deux ouvertures qui se tromrnl, une de chaque côté dans l'évasement à forme

DÉVIATIONS UTÉKINES EN G'ÉNÉKAL. — TRAITEMENT. 231

d'entonnoir et descendent de là vers le manche de la sonde, au niveau duquel les deux bouts du fil se réunissent et se fixent sur iui anneau de métal. Dans le corps du manche se trouve une gouttière de métal, longue de 1 pouces, dans laquelle se trouve un listel muni d'un crochet qui déborde la superficie du manche et avec lequel l'anneau s'accroche. Ce petit listel à crochet est mis en mouvement par une vis de rappel qui passe par la gouttière à travers le manche, et se termine à l'extrémité inférieure du manche en un disque crénelé. Si l'on tourne ce disque à droite, le listel à crochet, et avec lui l'anneau avec les fils de soie descendent en bas dans la gouttière, et les branches de la partie supérieure de la sonde se rapprochent. Si l'on tourne le disque à gauche, le listel à crochet monte clans la gouttière, et les branches delà sonde s'écartent. Si le disque est tourné à droite jusqu'à ce que le pied du listel touche l'extrémité inférieure de la gouttière, les fils de soie se trouvent tendus fortement et les branches sont fermées : l'instrument représente alors la sonde utérine ordinaire, et on l'introduit suivant les règles. Après avoir redressé l'utérus, on tourne le disque à gauche pour faire monter le listel; les branches de la sonde s'écartent et se fixent d'elles-mêmes dans la cavité utérine. On détache alors l'anneau de son crochet en le laissant pendre librement, et l'on retire de la canule la partie inférieure de la sonde en laissant la partie supérieure en place.

» Si l'on veut ôter l'instrument, on introduit la partie inférieure dans la canule, on passe le crochet dans l'anneau, et l'on tourne le disque à droite jusqu'à ce que les fils se trouvent fortement tendus ; les branches sont alors fermées. On retire ensuite l'instrument avec précaution, en s'assurant qu'on n'a pas pincé quelque repli de la membrane muqueuse entre les branches de la sonde. Si cela avait lieu, il faudrait tourner un peu le disque pour ouvrir légèrement les branches ; le pli s'échappe alors ; on tire l'instrument en bas, on ferme de nouveau les branches, et l'instrument peut alors être retiré sans difficulté.

» Il faut choisir un fil de soie très fort et résistant ; si le fil se brisait, on aurait beaucoup de difficulté à retirer l'instrument.

» Nous avons appliqué cet instrument quelques centaines de fois sans que jamais cel accident nous fût arrivé. Cependant, par mesure de précaution , on pourrait appliquer un second fil qui descendrait et se fixerait à la canule, et qui fonctionnerait seulement dans le cas où le premier fil se serait brisé. »

Le docteur Mayer, de Berlin , qui a mis en usage l'instrument de Kiwisch, lui a reconnu plusieurs inconvénients qu'on peut résumer, comme il suit, avec le docteur Sickel (1) :

«1° Quand la cavité du col est étroite, l'introduction de l'instrument est plus difficile et plus douloureuse que celle de la sonde ; cela provient de ce que les fils fie soi.' placés sur- la partie convexe de l'instrument passent difficilement dans les anneaux, ceux-ci étant très petits, et leur plissement pendant l'introduction détermine en même temps de la douleur.

" - " " arrive fort souvent qu'en retiranl l'instrument les fils sonl agglutinés par le mucus et se cassent quand on l'ouvre.

(t) JnhrbUchev der gesammlai Medichi, 1831.

232 MALADIES DES L'JiJVlM ES.

» Mayer pense donc qu'on ne peut confie,- ni à |a malade ni à des personnes étrangères a I art le soin de celte opération.

■> 3° L'introduction de l'instrument donne lieu tantôt à l'issue de quelques gouttes de sang, tantôt le sang répandu csl en plus grande quantité,; il provient de ce que la cavité du col ou du corps a été blessée.

» U° Enfin l'irritation quotidienne qu'on fait éprouver à la muqueuse détermine un écoulement muco-purulenl qui nécessite les secours de l'art.

» Pour remédier, ajoute M. Sickel, à quelques-uns de ces inconvénients, Mayer a modifié ainsi l'instrument de Kiwisch :

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