I1É.MAT0CÈLE PÉRI-UTÉRINE. — - CAUSES
menls liés aux troubles menstruels, on doit en faire une catégorie distincte, comme le veulent M. Bernutz et M. Trousseau.
Le premier (1) a proposé la division suivante pour les hématocèles qu'on peut appeler, par abréviation, féminines :
« 1° Dans l'une, l'épanchement sanguin est symptomatique d'une affection pour ainsi dire locale, je veux désigner par là symptomatique d'une affection de la trompe ou de l'ovaire, qui amène la rupture de l'un ou de l'autre de ces organes et l'irruption du sang dans la cavité pelvienne.
» 2° Dans l'autre, l'épanchement sanguin est le fait d'uu vice de l'excrétion (reflux du sang de la cavité utérine dans le bassin, par l'intermédiaire des trompes).
» 3° Dans la dernière, l'épanchement sanguin est le fait de l'exagération de l'exhalation sanguine qui est dévolue aux organes génitaux féminins, et résulte d'un fluxus pathologique, tantôt généralisé à tous les organes génitaux, tantôt au contraire limité à un certain nombre d'entre eux seulement. Cette espèce, caractérisée par la production extérieure d'un (lux sanguin, en même temps que le sang se déverse intérieurement dans la cavité pelvienne, peut se manifester dans toutes les circonstances pathologiques qui sont susceptibles de douner lieu à des métrorrhagies. »
Cette espèce est la seule admise par M. Trousseau, qui ne voit dans l'hématocèle péri-utérine qu'une hémorrhagie de la trompe utérine, soit par une congestion violente, soit par une diathèse hémorrhagique.
Il nous sera impossible de suivre cette division, qui, à notre sens, est complète et essentiellement pratique; mais du moins ne voulons-nous pas sortir des limites qu'elle nous trace; et nous laisserons en dehors de notre cadre toutes les hémorrhagies dues à d'autres causes.
§ IV. — Causes.
1° Causes prédisposantes.
Age. — Sur un total de 3fr observations où l'âge est mentionné, M. A. Voisin a trouvé :
Au-dessous de 21 ans 1 cas.
De 2t à 25 h —
De 25 à 35 20 —
De 35 à /i0 k —
C'est donc à l'âge de trente ans, pris comme moyenne, que les femmes paraissent le plus sujettes à l'hématocèle rétro -utérine.
Sur 18 observations où la constitution a été notée, dit M. Auguste Voisin, douze fois elle était forte, et six fois faible.
Il faut également signaler toutes les affections des ovaires, de l'utérus, et spécialement Vétat variqueux du plexus veineux ntéro-ovarien (Richet, Dcvalz), et 1 imper [oral ion ou le rétrécissement de l'orifice utérin ; enfin, le molimen hémorragique produit par la menstruation ou les excitations sexuelles.
' (t) Op. cil., t. I, p. 358 (sous presse). Valleix, 4e édit. — V.
2° Causes occasionnelles.
M. Nouai on IV.il rémunération suivante : Les excès de coït, siirtQj.it pendant la menstruation ; l'application d'un corps froid sur les organes génitaux et les injections fraîches, surtout pendant l'époque des règles; les blessures de l'ulèrus, les J tentatives d'avortement ; les manœuvres obstétricales, nécessitées par un accouchement laborieux; peut-être le contact trop prolongé des pessaires et du redresseur intra-utérin, les chutes sur le siège, les coups sur l'abdomen, les secousses du corps; les émotions morales vives au moment des règles.
RI. Bernulz signale aussi les opérations pratiquées pour guérir les iniperforalions de la vulve, du vagin, du col de l'utérus, comme causes d'hématocèles péri-utérines.. Dans ces cas, dit ce médecin, lorsqu'on a ouvert une issue au sang menstruel retenu dans l'utérus, les contractions de ce viscère s'éveillent et font refluer du sang par les trompes distendues, aussi bien qu'elles en rejettent au dehors.
3" Causes déterminantes.
Les opinions sur la cause intime de l'hémorrhagie sont déjà fort nombreuses, même lorsque l'on ne considère que les hématocèles liées à la menstruation. Nous avons vu que RI. Berautz admet des hémorrhagies par simple exhalation sanguine dans le péritoine, et liées à une violente congestion cataméniale : RI. ïardieu a cité quatre cas qui reconnaissaient ce mode de production et qui avaient eu pour cause des excès de coït. RIR1. Richet et Devalz croient à la rupture intra-ou exlra-péritonéaled'un varicocèle du plexus veineux utéro-ovarien. Beaucoup d'auteurs pensent que la déchirure de la vésicule de Graaf peut fournir tout le sang de l'hémorrhagie. RI. Trousseau en trouve le point de départ dans la trompe utérine, et enfin RI. Bermitz admet, dans quelques cas, le retour, par les trompes dilatées, du sang versé dans la cavité utérine.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur ces diverses théories moins intéressantes pour le praticien que pour le savant.
§ V. — Auatomie pathologique.
Les considérations suivantes seront suffisantes pour faire connaître les altérations anatomiques, et elles nous épargneront une longue description des symptômes. Nous citons RI. A. Voisin (1).
« Que le sang vienne des ovaires, des trompes ou de l'utérus, il tombe naturellement en arrière du ligament large, dans cet espace périlonéal rélro-utérin limité en avant par les ligaments larges ei l'utérus, en arrière par le rectum cl les replis latéraux du péritoine, de tous côtés par la séreuse. \ la partie supérieure, ce cul-de-sac est ouvert et communique largement avec le reste de ia cavité abdominale.
» Dans quelques cas rares, le sang s'est porté en parlie dans l'intervalle vésicoulérin, mais dans une proportion très minime, par rapport à la masse épanchée en arrière de l'utérus.
(1) Loc. cit., p. 137.