‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 64 sur 344 · HÉMATOCÈLE PÉRI-UTÉRINE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

HÉMATOCÈLE PÉRI-UTÉRINE. — TRAITEMENT

lement au contact de l'air et pouvant être très bien comparé à de la mélasse.

» Quelquefois lorsque la poche est considérable , que les caillots sont très adhérents ou situés trop haut, le doigt ne réussit pas à les atteindre et à les détacher. On pourra alors faire usage d'une curette plus ou moins grosse, et, à l'aide de cet instrument, détacher des parois de* la tumeur les caillots, que l'on fera sortir ensuite du kyste par des injections. Après avoir incisé et vidé la poche sanguine, il faudra toujours avoir soin d'introduire l'index dans la cavité, afin de voir quelleest son étendue, l'épaisseur de ses parois, et de s'assurer qu'il n'existe pas a sa surface une autre tumeur, comme cela est arrivé dans la première de nos observations, et comme on devra le supposer lorsque, après l'opération, le volume du ventre sera resté le même et que les symptômes généraux n'auront pas diminué d'intensité. Dans ce cas, il faudra s'assurer si la tumeur que l'on sent est bien une nouvelle tumeur sanguine, et qu'elle n'est pas formée, par exemple, par l'accumulation dans l'intestin de matières fécales, par suite de la constipation qui existe depuis longtemps. Lorsqu'on sera certain du diagnostic, il faudra agir, pour ce nouvel épanchement sanguin, comme on l'a fait pour le premier; seulement il faudra agir avec plus de prudence, à cause de la profondeur plus grande de la tumeur et du danger, par conséquent, de blesser les organes voisins. Si les symptômes généraux conservaient leur intensité, par suite de la présence de cette nouvelle tumeur, il ne faudrait pas trop tarder d'en faire l'ouverture, sans quoi cette tumeur pourrait ulcérer l'intestin et donner par cette voie une issue au liquide qu'elle contient, ce qui pourrait amener quelquefois d'autres accidents, par suite du passage dans la poche des matières fécales.

» Lorsque, quelques jours après l'opération, le liquide qui s'écoule de la tumeur aura, comme nous l'avons vu, changé de nature, qu'il sera devenu purulent, fétide, il faudra remplacer les injections émollientes par des injections faites avec un liquide désinfectant, de Veau chlorurée par exemple, afin de déterger ce foyer purulent. On aura soin de soutenir en même temps les forces des malades par des préparations toniques, le vin de quinquina, etc. C'est dans ce cas aussi qu'il faudra explorer avec soin les parois de la tumeur avec une curette, afin d'en détacher les caillots adhérents profondément placés et qui commenceraient à se putréfier.

» Outre ces moyens locaux, que l'on emploiera après l'opération, il faudra en même temps combattre les symptômes généraux qui pourraient persister après l'ouverture de la tumeur. S'il existait encore des symptômes de péritonite, on devra user modérément des émissions sanguines à cause de la faiblesse extrême que présentent la plupart des malades. Il serait préférable, dans ces cas, d'employer les onctions rnercuriellës sur le ventre, et l'administration du calomcl à l'intérieur. On entretiendra, par de légers purgatifs ou des lavements, la liberté du ventre. Les fondions de l'extrémité inférieure de l'intestin ne tardent pas, du reste, h se rétablir après l'évacuation de la tumeur. Des potions opiacées, des cataplasmes laudanisés sur l'abdomen seront employés tant que persisteront les douleurs. Les vomissements seront combattus par la glace, Veau de Seltz ; puis, lorsque la lièvre aura disparu, il faudra relever les forces des malades par une nourriture tonique, qu'on augmentera graduellement, afin de réparer les perles considérables qu'elles auront pu faire. »

[Il ne serait pas exact de dire que l'on ne pratique plus d'opérations pour les héinatocèles rétro-utérines, niais on doit, avec .M. Nélaton, les restreindre à des cas particuliers. Les indications de l'intervention chirurgicale sont , d'après M. Voisin, la violence des douleurs, le développement de la tumeur et la crainte de la rupture des adhérences qui l'enkysté nt.

Mais, à part ces cas exceplionnels, c'est à un traitement purement médical que l'on doit avoir recours.

2° Traitement médical. — Méthode de M. Nonat. — M. Nonat emploie depuis quelques années avec succès un traitement particulier dont voici l'énoncé : Position horizontale, régime sévère; sinipisines fréquemment promenés sur les membres supérieurs ; cataplasmes émollienls sur le ventre et quelquefois des onctions mercurielles; lavements émollients, purgatifs légers; applications d'eau froide, et même de glace à l'hypogastre et à la partie interne des cuisses, particulièrement au début, pour arrêter ou au moins diminuer le molimen hémorrhagique ; mais, avant tout, émissions sanguines générales lorsque la constitution générale de la femme le permet. M. Nonat les prescrit de la sorte :

Saignées de 90 à 100 grammes, répétées deux ou trois fois par mois, et agissant comme déplétives ou dérivatives (1).

Méthode de M. le professt-ur Trousseau. — M. Trousseau (2) préconise dans le traitement de l'hématocèle rétro-utérine :

D'une part, les ferrugineux et le quinquina, pour prévenir de nouvelles hémorrbagies ;

Et d'autre part, les astringents et les acides, pour combattre l'hémorrhagic pelvienne.

Quant à la douleur que M. Trousseau croit être produite par une fluxion de l'utérus et de ses annexes, il la combat par des applications sur le ventre de cataplasmes chauds de farine de graine de lin et d'une, mixture bclladonée et opiacée.

M. Aran (3) considère l'intervention chirurgicale comme malheureuse, et conseille de combattre, delà manière la plus énergique, la péritonite qui se manifeste toujours au début, par de nombreuses applications de sangsues.

Telle est aussi à peu près l'opinion de MH- Oulmont et Marrotle.

M. A. Voisin résume très bien, dans les deux tableaux suivants, le traitement médical.

1° Thérapeutique des accidents produits par l' hémorrhagie.

t Sangsues à l'anus ou sur le ventre (30 à 80, suivant l'état de la malade et la gravité des accidents).

Calomelà dose fractionnée, 0,10 à 0,30 grain, par paquets de 1 à 8 centigr., pendant deux ou trois jours.

a, PB LA. PÉH1T0N1TE \ Vésicaloires volants sur l'hypogastre.

Opium en pilules, en potions, eu lavements et en frictions. Helladnne. Emplâtres belladones.

Ëau de Seltz, glace et potion de Rivière, comme antivomitifs.

(1) Gazelle hebdomadaire, i juin 1858.

(2) Gazette de; hôpitaux, 29 juin 1 8f5S.

(3) Société médicale des médecins des hôpitaux de Paris, 24 février IS58.

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