‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 66 sur 344 · INFLAMMATION DU TISSU CELLULAIRE PÉRI- UTÉRIN. — CAUSES · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU TISSU CELLULAIRE PÉRI- UTÉRIN. — CAUSES

fcesseur que l'inflammation s'était produite, mais plusieurs jours après et lors de l'apparition des règles, les malades n'ayant rien éprouvé dans l'intervalle. Voici comment on peut expliquer la production de l'inflammation. D'une part, la première apparition des règles après l'emploi du redresseur est marquée par une plus mande abondance du flux menstruel ; le raptus sanguin est donc plus considérable. D'autre part, c'est particulièrement pendant l'époque menstruelle que se produit l'inflammation dont il s'agit, parce que, sans aucun doute, les tissus qui environnent l'utérus sont alors le siège d'une bypérémie qui, lorsqu'elle est trop violente, peut dégénérer en inflammation. Ce rapprochement suffit pour nous faire comprendre comment le redressement de l'utérus, en favorisant ce raptus, favorise également la production de l'inflammation. Il ne faudrait donc pas croire que c'est en exerçant une violence directe sur l'utérus et le tissu qui l'entoure que l'instrument a donné lieu à cet accident. Il pourra en être ainsi dans quelques cas, si l'on agit sans précaution, surtout chez des malades dont les organes génitaux sont déjà enflammés ; mais ce n'est pas de celte manière que les choses se sont passées dans

•les cas que nous citons.

Enfin, dans deux cas, les tissus péri-utérins étant, douloureux et gonflés, présentant en un mot des signes d'inflammation subaiguë, les malades ont eu à plusieurs reprises, à l'époque menstruelle, une inflammation aiguë du tissu rétro-utérin, à laquelle les prédisposait évidemment l'inflammation préexistante.

2° Causes occasionnelles.

Dans un seul cas, sur les dix-sept complètement observés, l'affection est survei nue peu de temps après Y accouchement. Peut-être trouvera-t-on plus tard cette qausc un peu plus fréquente. Il n'en est pas moins remarquable que l'inflammation, qui après l'accouchement occupe si fréquemment les ligaments larges, se soit montrée si rarement, dans les mêmes circonstances, chez les malades que nous avons (observées. Une faut pas confondre avec ces cas ceux où l'inflammation ayant existé i primitivement dans la fosse iliaque a ensuite gagné le tissu cellulaire qui entoure lie col, parce que, dans ces derniers, il n'y a qu'une simple extension de l'inflamunation primitive.

L 'inflammation de l'utérus et du vagin peut néanmoins s'étendre au tissu périutérin et produire l'affection dont nous nous occupons. C'est ce que nous avons ' vu en particulier chez une jeune fille de dix-sept ans et demi qui avait contracté une vaginite. L'inflammation gagna l'utérus, puis le tissu péri-utérin, extension qui lui signalée par les douleurs les plus vives, et il se produisit une tumeur qui suppura.

Dans un cas, ce fut après des excès de coït que se produisit l'inflammation périutérine.

Enfin, chez toutes les autres malades, il n'y eut aucune cause occasionnelle appréciable. Pendant l'époque menstruelle, des douleurs beaucoup plus vives qu'à l'ordinaire se manifestant, la fièvre s'alluma, et la maladie se déclara.

§ III. — Symptômes.

Les symptômes de celte affection sont très caractéristiques, et permettent de porter rigoureusement le diagnostic. Ils diffèrent en quelques points suivant le siège

de ta maladie, et par conséquent nous devons, pour la description, distinguer (rois espèce* principales. La première est le phlegmon rétro-utérin ; la seconde le phleqmon anté-utérin, et la troisième, ta réunion de ces deux espèces. En décrivant h première espèce, nous ferons connaître les symptômes qui sont communs à toutes les trois ; il suffira ensuite d'indiquer ce qui appartient en propre aux deux autres.

1° Phlegmon rétro-idérin. — Début. — Avant d'éprouver les symptômes caractéristiques de la maladie, tous les sujets avaient pendant quelques heures et rarement un ou deux jours, du inalaise, une sensation de pesanteur et de chaleur vers le rectum. Six sur onzé ont eu un frisson marqué ; les autres n'ont eu que des frissonnements passagers. Chez toutes il y avait de l'inappétence et de la constipation.

Symptômes de la maladie confirmée. — Le symptôme qui frappe au premier abord est la douleur. Ce symptôme est constant. La douleur spontanée est toujours considérable, quelquefois excessive. Elle se manifeste par exacerbations violentes, qui sont souvent telles que les malades ne peuvent garder aucune position, qu'elles se roulent sur leur lit, font des contorsions, pleurent et poussent des cris. Celte douleur est diversement caractérisée par elles : les unes se plaignent d'une sensation de brûlure, les autres de battements douloureux, la plupart d'élancements violents, etc. La douleur provoquée n'est pas moins constante : elle est produite par la pression sur l'hypogastre, par la percussion, par le loucher vaginal, et surtout par le passage des matières fécales dans l'intestin. En allant à la garderobe, les malades éprouvent une douleur des plus vives, vers le sacrum et l'anus, et la défécation est ordinairement le signal d'une de ces exacerbations violentes précédemment décrites.

Des douleurs expulsives ont lieu dans le rectum. Les malades éprouvent dans l'intestin la sensation d'un corps étranger qui provoque des contractions souvent sans résultat et qui est due à deux causes différentes : 1° à la pression de la tumeur inflammatoire sur la paroi antérieure du rectum ; 2° à la propagation de l'inflammation aux tuniques de l'intestin, rendue évidente par l'expulsion d'une plus oq moins grande quantité de mucus dont nous parlerons plus loin. Ces douleuJ expulsives, déjà signalées dans Vhématocèle rétro-utérine, sont plus marquées dans l'affection qui nous occupe et ont quelque chose de caractéristique.

Le toucher vaginal fait reconnaître derrière le col de l'utérus une tumeur qui en est séparée ordinairement par un sillon profond. Lorsque cette tumeur est très considérable, elle peut effacer presque complètement le cul-de-sac vaginal postérieur, comme nous en avons vu un exemple dans un cas qui s'est terminé par suppuration.

Le volume de cette tumeur ne dépasse pas ordinairement celui de la moitié la plus évidée d'un œuf de poule qui serait un peu aplati d'avant en arrière. En pa-reil cas, l'angle situé entre elle et le col a presque toute la profondeur du cul-desac vaginal postérieur. On sent à sa surface les plis transversaux du vagin. Sa consistance est un peu molle, sans fluctuai ion ; elle est immobile. Le contact du doigt dans ce point est extrêmement douloureux. Nous verrons à l'article du diagnostic que celle disposition simule si bien la rétroflcxion, qu'on s'y est mépris plusieurs fois, faute d'une exploration suffisante.

Le toucher rectal est très douloureux ; on peut se dispenser de le pratiquer dans

Page 1