INFLAMMATION DU TISSU CELLULAIRE PÉRT-UTÉIUJX. — SYMPTÔMES
la plupart des cas. Il fait sentir une tumeur aplatie d'avant en arrière et dont on ne peut pas atteindre la partie supérieure.
Quand la tumeur est plus volumineuse, sa surface est plus lisse, sans cependant le devenir autant que dans l'iiématocèle rétro-utérine. Eu combinant le toucher vaginal et le toucher rectal, on saisit entre les deux doigts sa partie inférieure, et l'on peut juger de l'épaississemenl de la cloison recto-vaginale dans laquelle elle s'est développée. Parfois, à une certaine époque de lamaladie, on y sent une fluctuation manifeste.
En même temps, le toucher fait reconnaître dans quelques cas la chaleur, la douleur, des battements artériels du col de l'utérus ; en un mol, des signes d'inflammation de cette partie. Si on le combine avec h palper ht/pagastrique, on s'assure que le reste du tissu péri-utérin et les ligaments larges sont souples et exempts d'inflammation.
L'examen au spéculum est extrêmement douloureux et le plus souvent inutile. Il peut faire reconnaître les signes visibles de l'inflammation du vagin et du col, que d'autres symptômes ont déjà suffisamment révélés.
Le plus souvent les symptômes du côté des voies digestives se bornent à de Y inappétence, du dégoût pour les aliments, parfois quelques nausées, une SOiff médiocre, et la constipation opiniâtre, avec douleurs cxpulsives dont nous avons déjà parlé; ou, au contraire, lorsque l'inflammation qui a gagné le rectum est considérable, un dévotement assez fort, avec des épreintes et des excrétions muqueuses semblables à celles de la dysenterie.
Dans deux cas, des vomissements bilieux, des nausées continuelles, un peu de salivation se sont joints aux symptômes précédents. L'inflammation s'était alors évidemment propagée au péritoine environnant, ce qui était encore démontré par des douleurs beaucoup plus vives qu'à l'ordinaire siégeant à l'hypogastre et s'irradiant dans les flancs.
Du côté des voies armoires on n'observe rien de remarquable, tant que l'inflammation ne s'est pas propagée au tissu cellulaire anté-utérin. ^ Le pouls est modérément accéléré dans la plupart des cas ; dans les deux cas où l'inflammation avait gagné le péritoine voisin, il est monté à 108 et 114, et est devenu faible et petit; dans les autres il n'a pas dépassé 90 et a conservé son volume ordinaire.
La face est toujours anxieuse, elle exprime la souffrance à un très haut degré au moment des exacerbations. Dans les cas où le péritoine voisin a été envahi, elle était pâle, amaigrie, avec une expression des plus douloureuses.
Le décubitus est en général dorsal, la tête assez élevée pour que le tronc soit un peu porté en avant. Dans les exacerbations, les malades se tiennent en général le corps penché en avant, et souvent elles changent de position dans l'espoir de se soulager, ou même se livrent à des contorsions.
Nous n'avons jamais observé de symptômes cérébraux.
Tels sont les symptômes de. cette affection. Dans les cas où la suppuration s'établit, ils changent de nature, puis s'amendent rapidement et disparaissent même en quelques instants, si l'abcès s'ouvre et trouve unevoie facile au dehors.
T f'hlegmon nnté-ntérin.— Nous n'avons observé cette inflammation isolée que dans trois cas. Les symptômes particuliers à i cite espèce ont été les suivants : Les
malades éprouvaient une douleur hypogastrique vive, avec exacerbations. Le toucher vaginal faisait reconnaître le cul-de-sac postérieur parfaitement libre et souple. Dans le cul-de-sac antérieur, au contraire, on sentait, non pas une tumeur circonscrite et arrondie, comme dans l'espèce précédente, mais une tension marquée, une résistance insolite résultant de l'inflammation. La disposition serrée du tissu qui unit la paroi vaginale à la vessie et une portion de celle-ci au col, explique cette différence. On ne sent pas latéralement d'une manière distincte les limites de cette résistance. La pression exercée avec l'extrémité du doigt sur la partie résistante occasionne la plus vive douleur; il en est de même lorsque, en voulant repousser le col de l'utérus en arrière, on exerce des tiraillements sur ce point.
Un autre symptôme constant et remarquable est la douleur des contractions vésicules pendant la miction. Les malades s'en plaignent vivement. En même temps il survient des envies fréquentes d'uriner qui les fatiguent beaucoup, envies auxquelles elles cherchent à résister, mais que l'irritation de la vessie les force bientôt à satisfaire.
Tous les symptômes décrits dans la précédente espèce, sauf ceux qui ont leur siège dans le rectum, appartiennent également à celle-ci. Seulement, nous avons remarqué que les symptômes péritonéaux se manifestent plus facilement, sans doute parce quelcdéveloppemenlde l'inflammation est plus facile vers la partie supérieure où le tissu est plus lâche.
3° Inflammation anté- et rétro-utérine réunies. — En réunissant les symptômes propres à chacune des deux précédentes espèces aux symptômes qui leur sont communs, on a le tableau de la maladie. Il suffit donc de la mentionner.
Quant au cas où Y inflammation siégeait sur le côté de l'utérus, comme la tumeur se portait un peu en arrière vers le rectum, ce sont les symptômes de la première espèce qui prédominaient.
§ IV. - Marche, durée, terminaison de la maladie.
La marche de la maladie doit être étudiée avec soin. Elle présente des exacerbations presque toujours d'une très grande violence. Cela a lieu alors même que l'inflammation reste fixée à la partie postérieure de l'utérus, et ne peut s'expliquer en pareil cas que par l'envahissement successif de plusieurs points très rapprochés du tissu péri-utérin. Lorsque l'inflammation envahit des points plus éloignés, comme les parties latérales et la partie, antérieure, ces envahissements ont lieu également à des intervalles plus ou moins éloignés et expliquent les exacerbations.
Toujours est-il que ces intervalles de douleur violente et de calme relatif donnent à l'affection une physionomie particulière, et que le médecin doit bien connaître pour n'être point induit en erreur. Les premiers symptômes ont une grande violence; on les voit, sous l'influence du traitement, s'amender rapidement, disparaître même tout à fait, et l'on peut croire que, comme les inflammations ordinaires, la maladie va cesser graduellement. Il n'en est rien. Au bout de huit, dix et même vingt-quatre heures, les symptômes se reproduisent avec la plus grande violence, et ainsi de suite pendant quatre, six, huit jours et quelquefois plus. C'est, comme on le voit, une intermittence irrégulière bien prononcée. Dans quelques cas, celle