INFLAMMATION J)U TISSU CELLLLA1KE PÉRI-UTÉRIN. — MARCHE
intermittence se rapprochait assez de la périodicité pour qu'on crût avoir affaire à une maladie franchement intermittente.
La durée de l'affection, quand elle se termine par résolution, est de huit à dix jours ordinairement. Cependant il reste, après ce temps, un point d'induration encore douloureux à l'endroit où siégeait l'inflammation, et les femmes ont besoin de grands ménagements. Quand la maladie se termine par suppuration, les symptômes douloureux ont une durée un peu plus longue, parce qu'il se passe quelques jours de plus avant que la collection purulente soit formée; puis l'ouverture delà tumeur, naturelle ou artificielle, met promptement un ternie aux souffrances de la malade.
La terminaison de la maladie est variable. Dans le plus grand nombre des cas, elle se fait par résolution ; nous n'avons vu, en effet, sur 25 cas, la suppuration s'établir que deux fois dans le phlegmon rétro-utérin, une fois dans le phlegmon anté-utérin, et une fois dans l'inflammation occupant à la fois le tissu cellulaire postérieur et le tissu cellulaire antérieur. En tout, h fois sur 25. C'est là un point très important, car il prouve que la maladie a été bien souvent méconnue, puisqu'elle n'a été étudiée que dans les cas où il se produit un abcès. Et cependant, comme nous l'avons vu, elle n'est pas moins bien caractérisée quand elle doit se terminer par résolution.
Lorsque cette terminaison par résolution a lieu, ou voit d'abord les symptômes généraux s'amender, puis cesser complètement. La tumeur dans le phlegmon rétro-utérin, et les tissus résistants dans le phlegmon anté-utérin, deviennent beaucoup moins douloureux. Puis toute douleur disparaît, la tumeur diminue peu à peu, il faut la chercher dans un point plus élevé, et enfin elle finit par disparaître sans laisser de trace, ou bien il reste pendant un certain temps un petit noyau induré qui disparait plus tard. Les tissus reprennent leur souplesse, et l'on peut imprimer à l'utérus des mouvements comme à l'état normal.
Quand la suppuration s'établit, il y a quelques signes, comme de légers frissonnements, du malaise, qui l'annoncent dans certains cas, mais non dans tous. Fuis les tissus présentent plus de mollesse, on trouve une fluctuation qui n'est bien évidente que dans le phlegmon rétro-utérin, et seulement lorsqu'il a fait une saillie assez considérable entre la paroi vaginale et la paroi rectale ; puis la tumeur se rompt et le pus s'écoule au dehors. Dans les cas que nous avons observés, le pus l'est fait jour constamment dans le vagin, lorsqu'il s'agissait du phlegmon rétroutérin. Cependant on conçoit que l'abcès puisse s'ouvrir dans le rectum. Dans ce dernier cas, on observe les phénomènes bien connus qui ont lieu lorsque le pus des phlegmons de la fosse iliaque prend cette voie (1). Dans le premier, la malade sent seulement ses parties génitales mouillées tout à coup ; son linge est tachée par le pus plus ou moins lié qui s'écoule; on trouve le vagin et le col baignés par ce liquide, et ordinairement sans pouvoir découvrir l'orifice par lequel il s'écoule, caché qu'il est dans les replis du vagin.
Dans certains cas, on a donné issue au pus avec le bistouri. Nous verrons dans quelles circonstances il convient d'agir ainsi.
Lorsque l'inflammation siège à la partie antérieure de l'utérus, le pus peut éga-
i Voyez chap. VI, Appendice, Tumeurs inflammatoires dos fosses iliaques* Vau.kix, 4* diiit. — \ . in
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lement se frayer une voie par le vagin ; c'est ce que nous avons vu, niais dans un des cas où le tissu post-utérin était également enflammé. Nous ne connaissons pas d'exemple d'ouverture d'un semblable abcès par le bistouri, ce qui s'explique par le peu de saillie de la tumeur el par la difficulté d'y découvrir la fluctuation.
Dans un cas, nous avons vu l'abcès s'ouvrir dans la vessie. Cette ouverture fut annoncée par des envies fréquentes d'uriner, une douleur assez vive à la lin de la miction, et la présence d'une quantité considérable de pus grisâtre et diffluent au fond du vase qui contenait l'urine. En outre, ce pus avait une odeur fétide des plus prononcées.
Enfin, on voit quequefois l'inflammation se propager aux ligaments larges, et alors l'affection prend des caractères un peu différents, que nous exposerons dans l'article suivant (1).
§ V. — lésions anatomiques.
L'iuflammalion péri-utérine ne causant pas la mort par elle-même, on n'aurait pas pu décrire d'une manière exacte les lésions anatomiques, si parfois l'extension de l'inflammation ou une rupture de l'abcès n'avait pas donné lieu hune péritonite mortelle ou a une autre lésion grave. En pareil cas, on a trouvé dans le dédoublement de la paroi vaginale et du rectum, ou dans le tissu cellulaire qui unit l'utérus à la vessie, des foyers purulents contenant un pus phlegmoneux ou sanieux, el les di\ erses ouvertures dans les cavités voisines signalées plus haut.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Phlegmon rétro-utérin. — L'affection avec laquelle il est le plus facile de confondre cette espèce est la rétroflexion. Le toucher vaginal donne, en effet, des signes presque identiques. De part et d'autre, on trouve le col en avant, une tumeur qui fait saillie à la partie postérieure et supérieure du vagin, et entre les deux un angle rentrant plus ou moins profond. La consistance de la tumeur dans h rétrollcxion est plus grande, il est vrai; elle aussi moins douloureuse; niais ce sont la des nuances insuffisantes. Tous les doutes sont promptement levés par 1 emploi de la sonde utérine. Elle pénètre, en effet, le bec et la concav.lé en ayant, Lcra'à plus de 6 centimètres ; et la tumeur reste immobile dans les cas de phlegmon rétro-utérin. Quelquefois le phlegmon est tellement volumineux, que l'utérus est dévié à droite ou à gauche. Si donc on éprouve un peu de difficulté a la faire pénétrer directement, il ne faut pas employer la fore-, mais porter doucement son i bec d'un côté ou de l'autre en poussant légèrement : on la voit bientôt s avancer J vers l'une ou l'autre fosse iliaque. <r ,
Nous avons été appelé trois fois pour de prétendues rélrollexions qui n étaient autre chose que des phlegmons de ce genre, et dans deux cas même, on avait exerce sur la tumeur des pressions excessivement douloureuses pour réduire la déviation. Le moyen d'exploration indiqué a fait promptement reconnaître l'erreur, et 1 inflammation a cédé aux moyens de traitement que nous indiquerons plus loin.
Le même moyen de diagnostic suffit pour faire distinguer le phlegmon rétro
U) Voyez article III, Inflammation des ligaments larges, p.29'2.