ANGINE DE POITRINE. — TRAITEMENT
Enfin nous signalerons les sudorifiques, administrés par ceux qui regardent la maladie comme étant de nature rhumatismale.
A ^extérieur, on a appliqué des vésicatoires, des cautères, des moxas, sur les points douloureux de la poitrine. On a fait pratiquer des frictions avec un Uniment ammoniacal, avec la pommade d'Avtenrieth, etc. Dans les cas où l'on a réussi, s>issait-il réellement de l'angine de poitrine ou d'une névralgie thoracique? C'est ce qu'A est difficile de déterminer. Toujours est-il que, lorsque la névralgie thoracique existe, soit à litre de complication, soit autrement, ces moyens peuvent
être utiles. , 4
Le docteur Hannon (1) vit un accès durant depuis cinq heures s arrêter immédiatement après l'application d'un cataplasme très chaud sur la colonne vertébrale ; ce moyen, employé plus tard chez le même malade à plusieurs reprises, a constamment réussi. Mais encore, dans ce cas, s'agissait-il bien d'une angine de poitrine? La longue durée de l'accès fait penser le contraire.
Dans un cas où les accès revenaient régulièrement cinq ou six fois par jour, après avoir pratiqué sans succès aucun onze saignées M. Belleti, (2) fit prendre 1 le sulfate de quinine à la dose' de 30 centigrammes par jour. L'amélioration fut des plus marquées; les accès disparurent. N'était-ce pas une névralgie intermittente?
M. le docteur Carrière (3) cite un cas remarquable de guérison par l'emploi du chloroforme : quelques inspirations de l'agent anesthésique arrêtaient immédiatement les accès; ensuite ceux-ci devinrent plus rares, et finirent par disparaître complètement. Ajoutons néanmoins que le malade prenait chaque jour une infusion de valériane en lavements et en boissons et douze des pilules suivantes :
If Valérianate de zinc 0,60 gram. | Poudre de ciguë 0,75 gram.
Extrait de belladone 0,30 gram. | Extrait de valériane 3 gram.
F. s. a. trente pilules.
M. Lebreton [h) obtint, dans un cas, une amélioration évidente par l'emploi de l'aimant. Laennec (5) dit avoir réussi souvent à diminuer les douleurs en faisant appliquer deux plaques d'acier fortement aimantées, d'une ligne d'épaisseur, l'une sur la région pectorale gauche et l'autre sur la partie opposée du dos, de manière que les pôles fussent opposés. Si le soulagement était peu marqué, il faisait appliquer un petit vésicatoire sous la plaque antérieure.
Les bains froids ou tièdes sont d'un usage fréquent. Morgagni conseillait l'immersion du bras douloureux dans l'eau chaude, avant ou pendant l'accès.
Des cautères aux membres inférieurs ont un avantage marqué, suivant Darwin, Pinel et M. Bricheteau.
Enfin, si l'on a quelque raison de penser qu'il exisle une métastase goutteuse, on doit, comme la plupart des auteurs, et, dans ces derniers temps, M. Lartigue,
(1) Presse méd. belge, 1850, et Bulletin gén. de thérap., 28 février 1850.
(2) Bolet, délie scienze med. di Bologna, et Bulletin gén. de thérap., 30 janvier 1852.
(3) Bulletin gén. de thérap., 30 août 1852.
(4) Voy. Dictionnaire de médecine, 2e édit., art. Angine de poitrine.
(5) Traité de l'auscultation médiate, t. II.
chercher à rappeler la maladie d;ms son siège habituel. M. Lartigue conseille, dans ce but, le cataplasme de Pradier, qui est ainsi composé :
Ifi Baume de la Mecque 20 gram.
Safran en poudre 15 gram.
Sauge 30 gram.
Salsepareille j>A
Quinquina rouge (aa 30 gram.
Dissolvez le baume dans le tiers de l'alcool ; faites macérer les autres substances dans le reste du véhicule pendant quatre ou cinq jours; réunissez les liqueurs, et filtrez.
'if De cette teinture 2 parties.
Eau de chaux. 4 parties.
Farine de graine de lin y. s.
Appliquez ce cataplasme chaud ; enveloppez-le de flanelle et de taffetas gommé. Changez-le toutes les douze heures.
Ce qu'il faut répéter, c'est que les bases de ce traitement ne sont pas solidement établies sur les faits; que de nouvelles recherches sont nécessaires, et qu'avant de les avoir, on ne peut accorder qu'une confiance limitée à des moyens d'un effet peu constant et d'une efficacité nécessairement très incertaine, puisque, dans l'immense majorité des cas, ils n'empêchent nullement la maladie de faire des progrès.
Soins hygiéniques, — C'est donc aux moyens fournis par l'hygiène qu'il faut surtout avoir recours. On conseillera aux malades le calme , un exercice passif au grand air, un régime sévère, des repas peu copieux, l'usage exclusif de l'eau pour boisson, la précaution de tenir le ventre libre, de se couvrir de flanelle, d'éviter le froid et l'humidité, ainsi que la marche rapide, surtout sur un terrain montant et raboteux, et contre le vent. Enfin les bnins de mer, les bains de rivière, les a/fusions froides, seront recommandés; car on a cité un bon nombre de cas où ils ont réussi à atténuer le mal.