‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 120 sur 306 · ANÉVRYSME DE L'AORTE; DIVISION · texte numérisé non relu

ANÉVRYSME DE L'AORTE; DIVISION

L'anévrysme de l'aorte a fait le sujet de très nombreuses recherches ; mais ce n'est que depuis les travaux d'anatomie pathologique qu'on a bien reconnu l'existence de cette affection. Morgagni, un des premiers, a insisté sur les cas bien évidents qui se sont présentés à son observation , et sur ceux que quelques autres médecins de son époque ont recueillis. Depuis lors, Corvisart , Scarpa (1 ) , Kreysig, Bertiu et M. Bouillaud, Laennec, Hope, etc. , ont publié sur ce sujet des travaux importants, et un nombre assez considérable d'observations se trouvent disséminées dans les divers recueils. On en trouvera surtout beaucoup dans les derniers volumes des Archives, où elles ont été très bien résumées et appréciées. Pour éclairer l'histoire de cette grave affection, nous avons cru devoir rassembler et analyser avec soin trente-cinq observations puisées aux meilleures sources; c'est en réunissant les résultats de leur analyse aux recherches des principaux auteurs, que nous allons présenter la description de l'anévrysme de l'aorte.

On a divisé cette affection en» plusieurs espèces, d'après les considérations purement anatomiques. Hope admet les divisions suivantes : 1° Dilatation, ou augmentation de l'étendue de toute la circonférence de l'artère. 2° Anévri/sme vrai, ou dilatation en forme de sac d'une seule portion de la circonférence. 3" Anévrysme faux, formé par l'ulcération ou la rupture de la membrane interne et moyenne, et

(i) SuW aneurism.; rifles*, ed osserv. anal.-chir. Pavia, 1804.

l'extensiou de l'externe en forme de sac. On lui donne le nom de primitif, lorsque toutes les membranes sont divisées comme par une incision , et de consécutif Lorsqu'il est la conséquence d'une ulcération ou de la rupture des membranes internes et moyennes. 6" Anévrysme mixte, qui est la superposition d'un anévrysme faux à un anévrysme vrai, c'est-à-dire qu'après la dilatation partielle ou générale des trois tuuiques, l'interne et la moyenne se rompent, et l'externe seule s'étend en l'orme de sac surmontant la dilatation primitive ou anévrysme vrai. Celte division est complète; elle est assez généralement adoptée; toutefois quelques auteurs y ont introduit une sous-division, et ont admis, outre l'anévrysme mixte externe, qui est celui que je viens d'indiquer, un anévrysme mixte interne formé par la rupture ou l'érosion des membranes moyenne et externe, après leur distension, par la hernie de la membrane interne, qui forme ainsi un sac anévrvsmal. Nous dirons quelques mots plus loin de cette dernière espèce, sur laquelle s'élèvent des doutes sérieux.

Quant à la division générale que nous venons de présenter , elle n'a point une importance extrême sous le point de vue pathologique et thérapeutique. Il est seulement utile de distinguer avec quelque soin la dilatation simple de l'anévrysme par la formation d'un sac , car plusieurs symptômes et la gravité de la maladie diffèrent dans ces deux espèces. Au reste, nous devons dire qu'après avoir distingué avec beaucoup de soin ces diverses espèces, sous le rapport de l'anatomie pathologique, les auteurs les ont presque complètement négligées dans la description des symptômes et dans l'exposition du traitement; pour nous, nous rechercherons au contraire, dans l'article qui va suivre, s'il existe réellement des moyens propres à les faire distinguer pendant la vie, au moins à une certaine époque de l'affection.

En outre, nous consacrerons un article particulier à une espèce qui n'a point iixé suffisamment l'attention des auteurs, et qui cependant diffère, sous plusieurs rapports, de toutes les autres : c'est Yancurysme oariqueux, dû à la communication de l'aorte avec l'artère pulmonaire, les cavités droites du cœur, ou une grosse veine. Enfin, pour apporter plus de méthode dans la description, nous croyons devoir décrire séparément les anévrysmes de la pardon ascendante de l'aorte pectorale, qui sont de beaucoup les plus fréquents; ceux de la portion descendante, et ceux de Y aorte abdominale.

ARTICLE VI

ANÉVRYSMES DE LA PORTiON ASCENDANTE DE L'AORTE PECTORALE (1).

Ce sont ceux qui ont été étudiés avec le plus de soin , sans doute parce qu'ils donnent lieu à des symptômes plus faciles à distinguer que les autres, et aussi parce qu'ils se sont offerts le plus souvent à l'observation. D'après les recherches de M Thurnam, le siège ordinaire des anévrysmes, dans la portion ascendante de l'aorte se trouve dans les sinus de Valsalva et vers la crosse. Les autres observateurs avaient dès longtemps reconnu la vérité de ce fait; cependant il y a des exceptions remarquables à celte règle, et nous citerons entre autres un cas observé

(1) Pour éviter les divisions trop multipliées, nous comprenons sous ce titre la porlion ascendante proprement.dite et la cresse.

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