‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 121 sur 306 · WÊVRYSMES DE LA PORTION ASCENDANTE DE L'AORTE PECTORALE · texte numérisé non relu

WÊVRYSMES DE LA PORTION ASCENDANTE DE L'AORTE PECTORALE

par M. Louis, dans lequel le siège de l'anévrysme se trouvait immédiatement audessus des valvules sigmoïdes.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

D'après l'explication dans laquelle je suis entré plus haut, ou voit qu'il est assez dilïicile de donner une définition générale de ranévrysnic de l'aorte. Dans son acception la plus large, ce mot doit s'appliquer à toute dilatation notable du vaisseau, avec ou sans rupture de ses membranes. L'anévrysme variqueux, dans quelques cas, ne saurait entrer dans celte définition, et c'est une raison de plus pouv lui donner une place à part.

L'anévrysme de l'aorte ascendante, en particulier, est celui qui occupe une partie du vaisseau comprise entre son origine et le point où , après avoir fourni l'artère sous-clavière gauche, il descend clans la profondeur de la poitrine.

Cet anévrysme n'est pas très fréquent, si on l'envisage d'une manière absolue; mais si on le compare aux autres anévrysmes des artères internes, on reconnaît que sa fréquence relative est considérable. Si, eu effet, nous recherchons la proportion des anévrysmes de l'aorte ascendante dans les observations que nous avons réunies, nous trouvons, sur 27 cas dans lesquels l'autopsie a été pratiquée, et qui indiquent le lieu précis où siégeait l'anévrysme, 17 fois cette lésion dans la portion ascendante ou dans la crosse; en sorte que, d'après ces faits, auxquels il serait utile qu'on enjoignît un plus grand nombre, l'anévrysme siège aux points qui viennent d'être indiqués presque dans les deux tiers des cas.

Ç II. — Causes.

Les causes des diverses espèces d'anévrysmes de l'aorte ne présentent pas des différences assez grandes pour qu'il soit nécessaire de les étudier séparément. Nous allons donc en faire une exposition générale. Nous indiquerons seulement, chemin faisant , à quelle espèce appartiennent plus particulièrement les causes traumatiques.

1° Causes prédisposantes.

On ne trouve que peu de renseignements satisfaisants dans les auteurs sur les causes prédisposantes de l'anévi-ysme; des recherches exactes n'ont point été faites sur l'influence de V hygiène, de la constitution, des professions, etc.; aussi n'est-ce qu'indirectement que l'on peut arriver à quelque présomption sur l'action de ces causes. Déjà Hodgson (1) avait noté que, sur 63 cas, la maladie s'était présentée 56 fois chez les hommes, et 7 fois seulement chez les femmes. Dans les cas que nous avons rassemblés, on trouve la proportion suivante : sur 29 cas, 25 hommes et k femmes. Ces résultats ne diffèrent pas sensiblement, et prouvent que l'influence du sexe masculin est extrêmement notable. On pourrait donc déjà en conclure que des exercices violents, les excès de régime, l'abus des liqueurs alcooliques, auxquels se livrent plus particulièrement les hommes, sont des causes prédisposantes assez efficaces.

(I) Traité dos maladies dos artères et des veines. Paris, 1819. Vallkix, 4e édit. — III.

im MALADIES DES VOIES CIROULATOI lil.S.

On arrive au même résultat par d'autres considérations. Quoique Lassus ait prétendu le contraire, il est démontré, par les observations de 31. Jiizot et par les recherches inédites de M. Louis, que les altérations des parois artérielles sont aussi fréquentes chez la femme que chez l'homme. Or, comme l'existence de ces altérations est une conditiou favorable au développement des anévrysmes, il en résulte que l'on devrait, si le genre de vie n'avait pas une grande influence, trouver l'anévrysme aussi fréquemment chez le sexe féminin que chez le sexe masculin, et l'on vient de voir qu'il n'en est rien. Les conditions hygiéniques ont donc une influence évidente sur la production de celte maladie.

Ou a encore rangé parmi les causes prédisposantes : V hypertrophie active du cœur, dans laquelle le sang, étant poussé avec violence dans l'artère, tend incessamment à la dilater; les mouvements violents et répétés; les grands efforts musculaires ou respiratoires; en un mot, tout ce qui accélère considérablement la respiration. Tout porte à croire , en effet, que ces causes ont une grande puissance; mais, pour en établir toute l'inlluence, il faudrait se livrer à de nouvelles recherches.

Enfin il existe dans l'aorte elle-même certaines conditions organiques qui favorisent le développement de l'anévrysme. M. Bizot, ayant remarqué que, dans les cas de dilatation considérable sans tumeur anévrysmale proprement dite, les membranes internes et moyennes présentaient des plaques cartilagineuses et osseuses en très grande quantité, en a tiré cette conséquence naturelle, que le défaut d'élasticité des parois de l'aorte et l'impossibilité de revenir sur elles-mêmes après leur dilatation étaient la cause incessante de la dilatation dont il s'agit. Hodgson avait déjà fait la même remarque, et, dans les faits de dilatation que nous avons sous les yeux, l'état du vaisseau était tel qu'il vient d'être indiqué. La conclusion de ce qui précède est fort simple : l'altération des parois artérielles, en l'absence des conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvent les hommes, n'est pas ordinairement suffisante pour produire l'anévrysme vrai, et réciproquement.

On ne trouve pas de considérations semblables pour expliquer ie développement de Vanévrysme partiel vrai, mais aussi nous verrons que l'existence de cet anévrysme, porté du moins à un assez haut degré, présente des doutes sérieux.

Enfin les destructions partielles de la membrane interne et moyenne, dues aux altérations décrites plus haut, sont les conditions organiques qui, jointes aux conditions hygiéniques déjà mentionnées, préparent le plus souvent, si ce n'est toujours, la formation de Vanévrysme faux. Lorsque ces membranes, et surtout la moyenne, qui est sans contredit la plus forte, la plus résistante et la plus élastique, sont détruites plus ou moins complètement, l'effort latéral du sang se fait sentir sur la portion du vaisseau affaiblie, et détermine la formation du sac anévrysmal.

Corvisart ayant trouvé, dans deux cas, de petites tumeurs siégeant sur l'aorte pleines d'une matière semblable au caillot fibrineux des anévrysmes, et séparées de l'intérieur du vaisseau par une membrane semblable à la membrane interne, avait pensé que, dans ces cas, la destruction des parois de l'aorte ayant eu lieu de dehors en dedans, n'avait respecté que cette dernière membrane, et il en avait conclu que l'anévrysme faux pouvait se former de cette manière : car, dit-il, si la membrane interne avait, par suite des progrès de la maladie, été elle même perforée, le sac anévrysmal se serait ainsi trouvé formé. Mais les recherches récentes, et surtout

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