‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 132 sur 306 · RUPTURE DE L' AORTE · texte numérisé non relu

RUPTURE DE L' AORTE

FVous avons vu plus haut comment l'anévrysmc de l'aorte peut se rompre, soit dans une cavité fermée, soit dans un canal communiquant au dehors, soit à la superficie du corps ; mais il n'est pas toujours nécessaire qu'il existe un anévrysinc pour que la rupture du vaisseau ait lieu. On a cité, en effet, des cas authentiques dans lesquels l'aorte, sans avoir éprouvé de modifications dans son calibre, s'est rompue, d'où est résultée une mort subite. Ph. Bérard (1) a rassemblé quelques aits de ce genre.

Causes. — C'est tantôt à la suite d'une violence extérieure, tantôt dans un effort violent, dans un mouvement brusque, et tantôt par l'action sur le vaisseau d'un corps étranger introduit dans l'œsophage, que la rupture se produit. Dans ce dernier cas, elle peut avoir lieu sans que ce vaisseau présente aucune des nombreuses lésions précédemment décrites ; la perforation est tout accidentelle. Dans les autres cas, au contraire, on a toujours trouvé des altérations chroniques, et principalement le ramollissement ulcéreux de l'aorte.

Quelquefois on rencontre plusieurs ouvertures, comme dans un cas observé par M. Dalmas; l'aorte est alors comme criblée. Plus souvent on ne voit qu'une seule perforation irrégulière. Cet accident s'observe aussi chez les animaux. Nous avons vu, sur une pièce recueillie par M. Trousseau, une large perforation de l'aorte à sa sortie du ventricule , trouvée sur un cheval qui était tombé mort en faisant rn violent effort pour traîner une lourde voiture.

La perforation ayant ordinairement son siège dans un point de l'aorte voisin du cœur, c'est dans le péricarde que se fait le plus souvent l'épanchement sanguin. Quelquefois, comme dans un cas observé par Dalmas, l'hémorrhagie a lieu dans la plèvre. Si c'est un corps étranger qui, à travers l'œsophage, a perforé l'aorte, il y a des vomissements de sang vermeil.

Excepté dans ce dernier cas, où l'étroilesse de l'ouverture peut permettre la prolongation de l'existence, la mort est subite. Cet accident doit être bien connu du médecin, surtout au point de vue de la médecine légale; mais il ne saurait nous arrêter plus longtemps dans un ouvrage conçu au point de vue de la pathologie interne.

(I) Dictionnaire de médecine en 30 vol., t. III, p. 424.

RÊTRÊCfSSEMENT ET OBLITÉRATION DE L'AORTE. —

ARTICLE XI

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