SECONDAIRES
§ I. — Artérite chronique.
Il est tout aussi difficile d'indiquer les symptômes de l'inflammation chronique des artères secondaires que ceux de l'aortite chronique. Cela n'a pas empêché les auteurs de décrire cette forme de l'inflammation des vaisseaux artériels; mais orl voit bientôt qu'il ne s'agit dans leurs descriptions que des lésions chroniques des tuniques artérielles, qui sont très souvent le résultai des progrès de l'âge, et auxquelles, par conséquent, s'appliquent toutes les réflexions faites à l'occasion de l'aortite chronique. On est convaincu, après la lecture des articles publiés sur ce sujet, que s'il existe en effet une inflammation des artères à marche lente, elle ne donne aucune signe particulier qui puisse la faire distinguer; il serait donc inutile d'entrer sur ce point dans de plus grands détails ; mais il importe de dire un mot des lésions à marche chronique, quelle que soit la cause à laquelle il faille les attribuer.
§ II. — Lésions chroniques des artères.
M. Bizot s'est Uvré sur ce point à des recherches très intéressantes, el dont il nous suffira de donner un résumé rapide, ces détails n'ayant qu'une importance secondaire pour la pratique. On a trouvé dans les petites artères les mêmes lésions que dans l'aorte, c'est-à-dire des incrustations cartilagineuses, osseuses, des taches
AXfiVllYSMKS DES ARTÈRES SECONDAIRES. 325 jaunes, eu un mot ces productions particulières dont nous avons donné plus haut la description.
Ces diverses lésions n'appartiennent pas toutes au même âge; les ossilicalions se montrent beaucoup plus tard que les taches simples. La raison en est facile à comprendre, puisque, dans les petites artères comme dans l'aorte, c'est par les taches elles-mêmes que commence l'ossification. Les taches primitives ou rudimentaires se montrent de bonne heure dans certaines artères, et beaucoup plus tard dans d'autres. D'après les recherches de M. Bizot, les iliaques primitives et le tronc innommé sont envahis les premiers. 11 résulte, en outre, du tableau qu'il a dressé à cet égard (l),[que ces taches apparaissent d'autant plus tôt, que l'artère est plus voisine de l'aorte, et que plus on avance en âge, plus on présente de ces taches rudimentaires qui se développent dans un ordre déterminé, comme dans l'aorte. Le développement de ces productions normales est aussi fréquent chez la femme que chez l'homme.
C'est principalement à l'origine des artères que se montrent les lésions dont il s'agit, et, chose remarquable, il est parfaitement démontré par les recherches de M. Bizot qu'elles se développent d'une manière symétrique, c'est-à-dire que lorsque l'on en trouve dans une artère d'un des côtés du corps, on doit s'attendre à en rencontrer de semblables aux mêmes points de l'artère correspondante : noir vclle preuve que dans l'immense majorité des cas l'altération est duc aux progrès de l'âge.
Maintenant quelles sont les conséquences de ces lésions? Nous trouvons d'abord qu'elles peuvent diminuer le calibre des vaisseaux, former des aspérités dans leur intérieur, arrêter le cours du sang, favoriser la formation des caillots, et par là s'explique la plus grande fréquence de la gangrène chez les veillards, d'où le nom de gangrène sénile. D'un autre côté, la perte d'élasticité, produisant le même effet que nous avons signalé dans l'aorte, peut déterminer la dilatation des artères, et de là l'ampleur et la force du pouls chez les vieillards. Enfin le pourtour du vaisseau élant incrusté de productions ossiformes, il en résulte que, dans un âge avancé, les artères sont dures au toucher et se laissent difficilement déprimer. Le médecin doit avoir présentes à l'esprit ces modifications de la structure des artères, pour ne pas s'en laisser imposer, dans l'examen des malades, par un état que l'on peut, jusqu'à un certain point, regarder comme physiologique. Mais c'en est assez sur des lésions que nous ne pouvons ni prévenir ni modifier.
ARTICLE III