PHLEGMATIA ALBA DOLENS. — TRAITEMENT
11 faudrait des expériences nombreuses pour démontrer le degré d'efficacité d'un semblable moyen.
En général, on peut dire que les effets du traitement interne de la phlegmatia alba dolens sont fort incertains. Aussi est-ce au traitement externe que l'on a le plus souvent recours, et c'est celui qui présente le plus grand nombre de moyens particuliers importants à connaître.
2° Médication externe.
Vésicatoires , moxa. — Les vésicatoires ont été employés par un grand nombre de médecins. Déjà Boër, à la fin du siècle dernier, avait préconisé ce moyen, qui depuis a été mis en usage par plusieurs médecins allemands et quelques français. Lorsque l'inflammation est très vive, que le membre est très gonflé et très douloureux, qu'il y a une réaction violente, on doit être prudent dans l'application du vésicatoire, qui pourrait augmenter l'inflammation au lieu de la calmer. Ce sont les vésicatoires volants qui doivent être appliqués. Il faut les mettre sur le trajet des vaisseaux, et principalement sur les points douloureux. Le moxa, employé par Boyle, agit de la même manière. C'est à la partie supérieure de la cuisse, sur le trajet des vaisseaux fémoraux, que ce médecin l'appliquait.
Frictions.' — Les frictions médicamenteuses, et principalement les frictions mercurielles, ont été le plus souvent préconisées. Osiander mêlait l'onguent mercuriel à la digitale et à l'huile de jusquiame pour pratiquer des frictions résolutives. Ces substances doivent être mélangées par parties égales. Que l'on fasse des frictions simplement mercurielles ou des frictions composées, il importe de les pratiquer deux ou trois fois par jour, et sur une grande étendue du membre affecté. C'est surtout à l'époque où les premiers symptômes inflammatoires sont tombés qu'on doit avoir recours à ce moyen.
Scarifications. — Suivant Fricke, des scarifications plus ou moins nombreuses sont utiles pour procurer le dégorgement du membre; mais, ainsi que le fait remarquer M. Velpeau, lorsque la veine est enflammée et obstruée, on criblerait le membre d'ouvertures sans faire disparaître l'engorgement, et, de plus, la tendance à l'inflammation qui existe dans les parties affectées peut rendre ces blessures dangereuses. A ces scarifications Fricke (1) joignait les fomentations narcotiques, les frictions mercurielles et les douches d'eau chaude.
Compression. — La compression a été recommandée par plusieurs auteurs. M. Récamier veut qu'on la pratique avec des bandes de flanelle larges de trois ou quatre travers de doigt, médiocrement serrées, et qu'on a soin de recouvrir avec du taffetas gommé. M. Velpeau a obtenu de bons effets de la compression. C'est généralement à l'époque où la douleur a cessé et où les symptômes sont uniquement dus a l'obstruction de la veine, que ce moyen est utile.
Résolutifs. — Les fomentations avec le vinaigre, le vin chaud, les compresses trempées dans l'eau blanche, en un mot les fomentations résolutives sont généralement mises en usage sans qu'on puisse en déterminer l'efficacité. On n'y a recours que vers la fin de la maladie. Les bains iodurés et les bains alcalins sont égale-
Il) Ann. der chir. Abth. des allg. Krank. Hambourg-, 1828.
MALADIES DBS VOIES Cl RGOL ATOï ftESl
ment recuoimandés, mais sans qu^aucune .série d'observations puisse nous en faire apprécier l'influence.
M. Gendrin (1), qui vante l'eflicacité des grands vésicatoires dans la phlébite les recommande surtout dans la pldecjmatia alba dolens; mais les faits nous manquent pour apprécier leur utilité réelle.
Résumé, ordonnances. — Tel est le traitement de la pldegmatia alba dolens J'ai déjà dit qu'il fallait y joindre celui de la phlébite en général; les saignées les émollienls, elc. .le n'ai pas besoin d'ajouter que s'il se forme des abcès, on doit les ouvrir dès que la fluctuation est sensible; que le ventre doit être tenu libre pour éviter toute plénitude dans le bassin, etc. Mais ce qu'il faut noter, c'est que la position du membre sur un plan incliné, de manière que l'extrémité soit plus élevée que le tronc, favorise la circulation collatérale du sang, s'oppose à ce que la stase du sang veineux soit très considérable, rend moindres, par conséquent, les accideuts consécutifs et hâte beaucoup la guérison.
Ire Ordonnance.
ItANS UN CAS DE PIILEGMATIA COMMENÇANTE AVEC SICNES D'INFLAMMATION VIOLENTE.
1° Pour tisane, bourrache miellée.
2° Saignée du bras, répétée deux ou trois fois, tant que les symptômes fébriles ne seront pas abattus. De 20 à 30 sangsues sur le point douloureux; réitérer celte application si la douleur n'a pas notablement perdu de son intensité.
3° De 0,05 à 0,15 gram. d'extrait gommeux d'opium en pilules, en augmentant graduellemment la première dose.
k° Placer le membre dans une position telle que l'extrémité soit beaucoup plus élevée que le tronc.
5° Diète sévère. Épargner au malade tous les mouvements spontanés qui peuvent augmenter la douleur.
Il' Ordonnance.
DANS UN CAS OU, LA DOULEUR ÉTANT NOTABLEMENT DIMINUÉE, L'OEDÈME RESTE CONSIDÉRABLE.
1° Pour boisson :
If Décoction de chiendent. . . 300 gram. | Nitrate dépotasse de i à 12 gram.
2° Pratiquer trois fois par jour, sur le membre, des frictions avec 2 grammes d'onguent napolitain, seul ou associé à la digitale et à la jusquiame, suivant la formule d'Osiander (voy. p. 367).
3° Appliquer un bandage roulé, sec ou imbibé de liqueurs résolutives, sur toute l'étendue du membre.
tx° Position du membre cedématié, ut suprei.
5° Aliments légers. Repos absolu.
(1) Joum. des connaissances méd.-chir,, 45 novembre 1852.
iLTÉRATIONS DIVERSES DES VEINES.
IIIe Ordonnance.
DANS UN CAS OU TOUTE DOULEUR A DISPARU, ET OU L'INFILTRATION SÉREUSE OU SÉRO-PURULENTE CONSTITUE, AVEC I.'ORSTRUCTION DE LA VEINE, TOUTE L'AFFECTION.
1° Boisson diurétique, ut suprù.
2° Vésicatoires volants sur les points primitivement occupés par la lésion des \ cines.
3" Compression, ut suprà.
U° Frictions mercurielles sur les points où la peau a conserve son intégrité. 5° Ouvrir les foyers purulents dès que la fluctuation s'y fait sentir. 6° Purgatifs modérés répétés tous les jours.
7° Régime moins sévère que dans les cas précédents, à moins que des inflammations suppuratives partielles ne fassent redouter de nouveaux accidents.
Ce traitement suffit ordinairement pour triompher de la phiegmatia alba dolens. ! Nous n'introduirons pas clans ces ordonnances les autres moyens indiqués plus haut, parce que c'est au médecin à juger de l'opportunité de leur administration.
RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT
Moyens prescrits contre la phlébite en général : vomitifs, purgatifs, mercuriaux ; ■ narcotiques, diurétiques, digitale, iode ; vésicatoires, frictions mercurielles et narcotiques; compressions, fomentations résolutives, bains iodurés et alcalins.
ARTICLE III