ALTÉRATIONS DIVERSES DES VEINES
la coagulation du sang dans les veines rénales, chez les femmes en couches qui ou succombé à des attaques d'éclampsie (1).
Oblitération de la veine cave supérieure. — Les oblitérations des veines des membres et celles de la veine cave inférieure sont bien connues, et ont, surtout depuis les travaux de M, Bouillaud, fixé l'attention des observateurs. Il n'en est pas de même des oblitérations de la veine cave supérieure, et l'on n'eu aurait encore qu'une idée fort incomplète, sans les recherches récentes de M. le docteur Oulmont (2). Nous empruntons tous les détails qui suivent à l'intéressant travail de ce médecin.
Les observations, au nombre de 19, ont permis de constater les lésions anatomiques suivantes :
L'oblitération peut être produite par un caillot sanguin d'une longueur variable. Quelquefois le caillot s'étend de l'oreillette droite aux veines jugulaires; quelquefois c'est un simple bouchon de quelques centimètres de longueur ; il a d'ailleurs les caractères des anciens caillots des anévrysmes, et il adhère plus ou moins aux parois veineuses. Le calibre delà veine n'est pas toujours fermé complètement; ses parois présentent toujours de la rougeur, un certain degré d'épaississement et de rétraction, et souvent la veine est englobée au milieu d'une masse de tissu cellulaire dense, paraissant infiltré de matière plastique. En un mot, la coagulation du sang a paru, dans tous les cas, due à une phlébite partielle.
Dans tous les cas le calibre du vaisseau était obstrué par une tumeur cancéreuse, développée dans l'intérieur du vaisseau ou ayant pénétré dans cet organe après en avoir perforé les tuniques.
Les cas les plus communs sont ceux où la veine est comprimée latéralement ou circulairement par une tumeur. Parmi celles-ci on n'a encore observé que des tumeurs cancéreuses, des masses tuberculeuses développées dans les ganglions bronchiques et des anévrysmes de l'aorte. La veine est alors aplatie ou froncée et on peut lui rendre, par la dissection, la largeur normale.
Dans les rétrécissements les plus prononcés, la circulation peut se rétablir, quoique d'une manière fort incomplète, par le mécanisme suivant. Le sang des membres supérieurs et de la tête reflue dans le réseau veineux sous-cutané et profond, pour entrer dans la veine cave inférieure; les principaux agents de cette circulation intermédiaires sont : les veines superficielles des parois thoracique et abdominale, celles de l'aisselle, les veines intercostales, l'azygoset les épigastriques.
Les deux symptômes principaux de cette affection sont l'œdème de la partie supérieure du corps et la dilatation des veines superficielles des mêmes régions.
« L'œdème commence par l'un ou l'autre côté de la face, envahit bientôt cette région tout entière, s'étend au front et au cuir chevelu. Plus tard le cou et les extrémités supérieures s'infiltrent. A un degré plus avaucé, les parois thoraciques antérieures et postérieures sont envahies , mais l'œdème s'arrête assez brusquement à la région ombilicale, qu'il ne dépasse que très rarement. Cet œdème de la moitié supérieure du tronc offre un contraste très frappant avec la sécheresse de la partie inférieure, qui conserve son volume normal. Les parties œdématiées ne tar-
(1) Mémoires de la Société de biologie.
(2) Mémoires de la Société médicale d'observation. Paris, 1856, t. III, p. 391.
denl pas à prendre une teinte bleuâtre qui est marquée surtout à la face, à laquelle elle donne l'apparence de la cyanose, et qui augmente sous l'influence de toutes les causes qui peuvent gêner le retour du sang des parties supérieures (efforts, accès de toux, etc.)- Enfin, les veines superficielles de la face, du cou, de la poitrine, se dilatent, deviennent très apparences, et offrent quelquefois a la surface une ligne rosée qui dessine leur trajet. »
A ces phénomènes il faut ajouter de la toux et de la dyspnée, des crachats sanglants, des kémoptysies et des épi&taxis. Enfui on comprend que les malades éprouvent de la congestion cérébrale habituelle et même des attaques d'apoplexièi
Jl nous paraît inutile d'insister sur la marche, la terminaison d'une semblable affection, faits qu'il est facile de prévoir, lorsqu'on réfléchit qu'il s'agit d'une lésion essentiellement mécanique.]