DU CHLORURE SEC
Prenez l'acide hydrochlorique pur, et, avec de la charpie, formez un pinceau que vous fixerez bien autour d'un manche solide, ou bien servez-vous de l'éponge enchâssée dans une lige de baleine, comme le recommande M. Brelonneau (1) ; puis, réséquez préalablement avec des ciseaux les parties mortifiées; faites quelques scarifications sur les parties saines, imbibez d'acide le pinceau ou l'éponge; exprimez de telle sorte que le liquide caustique ne puisse point couler, et touchezen avec soin toutes les parties affectées, ainsi que le fond des scarifications.
Il est essentiel de garantir avec soin la langue, les joues et les dents, de l'action du caustique. Pour cela, si la cautérisation se pratique sur la face interne de la joue, il faudra introduire dans la bouche une cuiller dont la concavité dirigée vers l'arcade dentaire préservera les dents et maintiendra la langue. Si la cautérisation est pratiquée sur les gencives, il faudra, d'une part, faire écarter la joue par un aide, et de l'autre, maintenir la langue éloignée soit avec le doigt, soit avec une autre cuiller. Si, malgré toutes ces précautions, une partie de l'acide avait louché les dents, il faudrait se hâter de les essuyer. De plus, et de quelque manière que la cautérisation ait été faite, elle doit être immédiatement suivie d'une lotion propre à entraîner la quantité surabondante d'acide. Si la chute de l'eschare se faisait trop longtemps attendre, il faudrait avoir recours de nouveau à la résection et aux scarifications avant: de recommencer l'application de l'acide.
Nous avons dit plus haut que, dans le traitement tel qu'il est conseillé par M. Taupin, l'emploi de l'acide n'est qu'un moyen préparatoire. Cet auteur conseille, en elfel, aussitôt que l'eschare s'est détachée, et lorsque les parties malades sont plus accessibles, d'avoir recours au chlorure de chaux sec de la manière précédemment indiquée. V acide nitrique, Vacide sulfurique et le nitrate acide de mercure, peuvent être employés de la même manière. Le suc de citron n'a point de propriétés véritabLement caustiques ; cependant il est appliqué localement; mais, ainsi que le fait remarquer M. Taupin, il ne peut guère avoir d'action que dans les cas où la maladie est bornée aux gencives; il a l'inconvénient de rendre les dents très douloureuses. Enfin, on a employé d'antres acides, tels que l'acide p/tosphorique (Ricbter), Vacide pyroligneux (Raimain, Moore, Coates, etc.), la créo-
(lj Voy. I. II, ait. Croup, p. 439.
sole, la potasse caustique, etc. On trouvera des indications précises sur l'emploi de ces substances dans la thèse de M. .1. Tourdes.