‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 208 sur 306 · INCISION DE L'AMYGDALE OU DU VOILE DU PALAIS · texte numérisé non relu

INCISION DE L'AMYGDALE OU DU VOILE DU PALAIS

« On commence par écarter les mâchoires, en plaçant entre les dents molaires un morceau de bois blanc taillé en forme de coin ; on abaisse ensuite la base de la langue avec un ou deux doigts, et l'on introduit dans la bouche un bistouri long et étroit, tenu horizontalement, et dont la lame, fixée sur le manche, est couverte d'une bandelette jusqu'à 8 ou 10 millimètres de sa pointe. On fait sur la tumeur une incision transversale, et l'on retire promptement le bistouri, en ayant soin d'écarter sa pointe des parties qu'elle pourrait blesser dans le moment où la douleur fait faire au malade des mouvements involontaires. II est des cas où le gonflement des parties supérieures du cou s'oppose à tel point à l'abaissement de la mâchoire, qu'il est tout à fait impossible d'obtenir un écartement qui permette de guider avec l'œil l'instrument au moyen duquel on se propose d'ouvrir la tumeur. Dans ce cas, ce sera le doigt indicateur, dont l'extrémité touchera la tumeur en même temps que dans sa longueur il déprimera la langue, qui servira de guide au bistouri. »

Dans les cas dont il vient d'être question, nous avons supposé la fluctuation évidente, et, par conséquent, la réunion dans un large foyer d'une quantité assez considérable de pus ; mais il arrive quelquefois que plusieurs collections purulentes peu étendues se forment dans divers points de la glande à la fois. Le gonflement est alors très considérable, et il pourrait avoir de graves inconvénients. Il faut, en pareil cas, avoir recours à des scarifications pratiquées de la même manière que l'incision, scarifications qui, donnant lieu h l'écoulement du sang et du pus, opèrent un dégorgement favorable. Ces cas, du reste, sont assez rares.

Dans d'autres circonstances, l'inflammation a de la tendance à se propager aux parties environnantes, à fuser le long du tissu cellulaire post- pharyngien, et même à se porter jusque dans l'intérieur de la poitrine, comme M. Londc en a cité un exemple. Cet accident arrive surtout dans des cas où l'angine vient compliquer une maladie fébrile. Nous le mentionnerons plus amplement dans l'angine pharyngée, dont il sera question plus loin.

Dans d'autres cas, c'est tout le tissu cellulaire de la partie externe du cou qui participe à l'inflammation ; il peut alors se former un vaste abcès et une fistule de la cavité du pharynx à l'extérieur. Si l'on a lieu de craindre que la maladie ne se termine ainsi, il faut se hâter d'inciser l'amygdale, alors même qu'on n'y reconnaît pas une fluctuation évidente. Ajoutons toutefois que les cas qui viennent d'être mentionnés peuvent être regardés comme exceptionnels.

Après l'ouverture de l'abcès , il suffit de quelques gargarismes émollients ou légèrement détersifs pour favoriser la prompte cicatrisation du foyer. Assez souvent néanmoins l'expectoration devient très fétide après l'ouverture de l'abcès, et il s'exhale du foyer une odeur très incommode pour le malade; il faut alors recourir aux gargarismes chlorurés, comme désinfectants.

Résufnéi ordonnances* ■ — On a vu que les principaux moyens employés contre la pharyngite tonsillaire sont les saignées générales, les vomitifs (soit pour remédier aux accidents bilieux (Stoll) , soit pour favoriser la rupture des abcès), les émollients

et les astringents. Bornons-nous à remarquer ici que la saignée et l'emploi de l'alun sont les seuls moyens ;i l'appui desquels on ait apporté un nombre assez considérable défaits, et indiquons une circonstance importante qu'on a fréquemment perdue de vue dans les recherches thérapeutiques sur cette maladie. Dans l'immense majorité des cas, l'inflammation envahit successivement les deux amygdales; or, voici ce que l'observation a appris à ce sujet : Quelque violemment enflammée que paraisse l'amygdale envahie la seconde, elle revient à l'état normal à peu près en même temps que l'autre. Si l'on n'était pas prévenu de ce fait, on pourrait croire, vu l'état des parties, que la maladie est encore au début de la période d'augment, tandis qu'elle touche a sa période de déclin, et attribuer à l'action du médicament un amendement rapide résultant de la marche naturelle de la maladie. Que de précautions ne faut-il pas prendre dans l'étude des questions thérapeutiques! Voyons maintenant, dans quelques ordonnances, comment doivent être groupés les différents remèdes précédemment indiqués.

Ire Ordonnance.

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