‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 221 sur 306 · PHARYNGITE COUENNEUSE D'APPARENCE GANGRÉNEUSE · texte numérisé non relu

PHARYNGITE COUENNEUSE D'APPARENCE GANGRÉNEUSE

Lambeaux pseudo-membraneux ordinairement épais, gris, noirâtres.

Au début, taches grises ou gris jaunâtre, ne revêtant pas d'emblée l'apparence gangrénouse.

Après la chute des lambeaux, pas de perte de substance de la muqueuse ou des tissus sous-jacents.

Pronostic. — Les fâcheuses conditions dans lesquelles la gangrène du pharynx prend naissance rendent son pronostic fort grave. S'il y avait à espérer quelques chances de guérison, ce ne serait guère que dans la pharyngite gangréneuse circonscrite. On n'a pas cité d'exemple évident de guérison de la gangrène diffuse.

Traitement. ■ — Le traitement topique est celui qui a d'abord fixé l'attention. Dès que l'on s'aperçoit de l'apparition des eschares, on cherche à les limiter en les cautérisant. Dans ce but, on a employé les acides sulfurique , nitrique, le nitrate d'argent, ou bien des applications de chlorure de chaux. RÏM. Çarthez cl Rilliet

(1) Voy. tome II, article Gangrène du poumon, p. 733.

(2) Barthez et Rilliet, t. II, p. 17 fi.

PHARYNGITE GAN&RÉNEUSE'. « TRAITEMENT. 65« donnent à ces dernières la préférence subies caustiques plus énergiques, qui, dans cerlains cas, leur ont paru accélérer les progrès de la gangrène plutôt que les prêter. Le chlorure de chaux a, en outre, l'avantage d'agir comme désinfectant. Pour son application, voyez ce qui a été dit à l'article Stomatite gangréneuse.

La cautérisation n'est possible qu'autant (pie la gangrène a son siège sur les amygdales ou sur les parties du pharynx accessibles à la vue. Mais la gangrène circonscrite est, avons-nous dit, située trop profondément, pour que le pinceau puisse l'atteindre. On a alors recours aux divers gargarismes antiseptiques, tels que le suivant :

lf Sel ammoniac 1,15 grain. | Camphre 2 gram.

Triturez dans :

Infusion de quinquina 500 grain.

On peut encore employer celui qui a été conseillé par M. Renauldin (1) :

If Décoction de quinquina. . . 240 gram, ; Alcool camphré 1"> gram.

Oxymel simple , ... 30 gram. j llydrochloratc d'ammoniaque. . . 3 grani.

Il n'est pas toujours possible aux malades de se gargariser. Leur état d'affaissement, leur indocilité, surtout si l'on a affaire à des enfants très jeunes, sont des obstacles qu'on lèvera en pratiquant, à l'aide d'une seringue, des injections avec les gargarismes précédents, ou avec des acides végétaux, une décoction de quinquina, et d'autres antiseptiques.

Vomitifs. — Les auteurs ont conseillé, en même temps que ces moyens, des vomitifs à petite dose, destinés à favoriser le rejet des £schares détachées. Le sirop ou la poudre d'ipécacuanlia, Yémétique à doses fractionnées, sont les plus usités. MM, Barthez et Rilliet craignent qu'il ne résulte de mauvais effet de l'absorption dans l'estomac des sécrétions putréfiées de la membrane muqueuse, et les vomitifs leur paraissent utiles pour prévenir cet inconvénient ; mais c'est là une idée théorique qui aurait besoin d'être établie sur des faits concluants.

Outre les vomitifs, on a encore fait usage des purgatifs dans les cas où il existait de la constipation. Les lavements huileux ou de légers purgatifs, tels que 8 a 15 grammes d'huile de ricin, sont en général suffisants.

La prostration qui accompagne la gangrène du pharynx, dans la grande majorité des cas, a engagé la plupart des auteurs à employer simultanément les toniques et même les excitants. C'est par la décoction de quinquina acidulée avec quelques gouttes d'acide sulfurique, ou aiguisée avec le chlorure de sodium, de calcium, à la dose de 0,075 gram. pour 30 grammes de véhicule ; par le vin généreux, les infusions de menthe, de sauge, de romarin, etc., qu'ils ont combattu ce symptôme.

Le régime prescrit n'a point été sévère dans la plupart des cas. Lorsque l'appétil est conservé, on prescrit des bouillons, des potages, de analeptiques. Dans le cas même où le malade pouvait supporter une nourriture plus substantielle, on a donné de préférence des aliments demi-solides.

(1) Dictionnaire des sciences médicales, art. Ancink.

Résumé, ordonnance*. — On a vu que le traitemenl topique est celui dans lequel on a eu le plus de confiance. Malheareùsemeni la persistance du mal et sa terminaison funeste sont venues le plus souvent prouver que tous les moyens étaient inutiles. Le peu d'effet produit par ce iraiiemeni, dans les cas graves, lui ôte beaucoup de son imporlance.

Ir< Ordonnance.

DANS UN CAS DE PHARYNGITE GANGRÉNEUSE OU LES ESf.HARES SONT ACCESSIBLES A LA VUE.

1° Pour tisane, décoction de quinquina additionnée de quelques gouttes d'acide sulfurique, de chlorure de sodium, de chlorure de chaux; ou bien encore, infusions de sauge, de romarin.

2° Toucher les eschares avec un pinceau imbibé d'une solution de chlorure de chaux, dans la proportion suivante :

"¥ Eau 50 gram. | Chlorure de chaux 18gram.

Dissolvez.

3° Comme vomitifs, on prescrira le sirop d'ipécacuanha (16 grammes en deux fois pour les jeunes enfants).

Ou bien :

2/ Émétique 0,05 gram. I Eau distillée simple 250 gram.

Eau distillée de menthe.. 32 gram. |

A prendre en cinq fois, à une petite demi-heure d'intervalle, pour les adultes. k" Le lavement purgatif suivant :

^ Huile de ricin 60 gram. | Décoction de guimauve 250 gram.

5° Pour régime, des bouillons, des potages, des analeptiques, du vin, des toniques.

IIe Ordonnance.

DANS UN CAS DE PHARYNGITE GANGRÉNEUSE OU LES ESCHARES ÉCHAPPENT A L'INSPECTION

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