‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 222 sur 306 · TUMEURS ET DÉGÉNÉRESCENCES DU PHARYNX · texte numérisé non relu

TUMEURS ET DÉGÉNÉRESCENCES DU PHARYNX

Nous venons de décrire les principales maladies du pharynx, celles qui intéressent véritablement le praticien. Il en est d'autres à marche chronique qui sont exclusivement du domaine de la chirurgie, ou qui sont au-dessus des ressources

CANCbR DbS AMYGDALES ET DU PHARYNX. C53

de l'art : ce sont les diverses tumeurs, les polypes, le cancer. Nous ne parlerons loint des premières, nous dirons seulement un mot du cancer.

1° Cancer des amygdales. — Cette affection occupe plus souvent les amygdales que la cavité pharyngienne. M. Velpeau, quia pratiqué l'extirpation de ces glandes lans un cas où le cancer était évident, en a observé plusieurs autres exemples. M. Mason Warren en a cité également un, et M. Vidal (de Cassis) (1) a vu à la Charité un sujet affecté de cette maladie.

Signes et symptômes. — Une tumeur bosselée, irrégulière, dure au toucher, occupant les amygdales, écartant les piliers du voile du palais, gênant les mouvements de la mâchoire, la déglutition, et quelquefois la respiration, tels sont les principaux caractères de cette maladie, auxquels il faut joindre sa longue durée. Lorsque la tumeur est ulcérée, il survient des douleurs lancinantes extrêmement vhes. La matière de V expectoration, ou plutôt de Vexscréation, présente des filets de sang, et par l'inspection on constate l'existence d'un ulcère irrégulier à bords relevés.

Quoique le cancer ait fait des progrès assez considérables, l'état général peut être satisfaisant, comme dans le cas observé par M. Mason Warren ; mais plus souvent il y a perte des forces, digestion pénible, amaigrissement; en un mot, les symptômes généraux propres aux affections cancéreuses.

Causes. — Cette affection rare n'a été observée que chez les sujets âgés. Le petit nombre de cas ne permet pas de rechercher s'il y a eu d'autres causes prédisposantes ou occasionnelles.

Traitement. • — Employer les moyens généralement prescrits dans les diverses autres espèces de cancers, et que nous indiquerons en détail à propos du cancer de l'estomac; ou si l'affection fait des progrès alarmants, et si néanmoins elle est encore limitée à la glande, en pratiquer Vextirpation, tel est le traitement.

Dans le cas rappelé par M. Velpeau, le cancer avait pénétré assez profondément pour qu'on jugeât prudent de lier, avant l'extirpation , la carotide primitive jfcl. Mason Warren n'eut point à prendre cette précaution, mais il fut obligé d'employer le cautère actuel pour arrêter le sang. La malade sur laquelle il opéra fut guérie, mais elle succomba six mois après à une péritonite; en sorte que ce fait ne peut point éclairer la question des récidives.

2° Cancer des parois du pharynx. — Plus rarement encore, le cancer se montre sur les parois de la cavité pharyngienne. Il en existe à peine quelques exemples. Nous en citerons principalement un qui a été rapporté par MM. Cabanellas et Corbin (2).

Cette affection, qui consiste dans un gonflement irrégulier, bosselé, avec ulcération consécutive, destruction plus ou moins étendue des parties molles, conversion de ces parties en matière grumeleuse, est entièrement au-dessus des ressources de l'art.

Traitement. — Calmer les douleurs par des gargarismes émollienis, opiacés; porter dans l'estomac, à l'aide d'une sonde œsophagienne, des aliments liquides! lorsque la déglutition devient impossible, et mettre en usage les moyens qui seront

(1) Traité de pathologie externe, 3e édition. Paris, 1855, t. III, p. 627.

(2) Archives générales de médecine, 1831 , t. XXVI, p. 122.

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indiqués au sujet du cancer de l'estomac, telle est la conduite à suivre dans ces cas désespérés. On comprend facilement pourquoi nous n'insistons pas sur de semblables affections. Cependant nous devons ajouter que dans un cas très grave où les lésions étaient parvenues au point d'empêcher le sujet de desserrer les dents M. Jobert a obtenu la mortification de la tumeur principale et d'autres tumeurs occupant le cou par la ligature de la carotide. C'est un moyen qu'il ne faudrait pas oublier en pareil cas.

ARTICLE XI

DILATATION DU PHARYM.

La dilatation du pharynx est une affection fort rare, ainsi que le fait remarquer A. Bérard (1). Dans le cas cité par cet auteur, et qui appartient à M. Iiokitansky, de Vienne, la dilatation du pharynx n'était qu'une conséquence de l'état de l'œsophage, qui présentait à sa partie supérieure un diverticulum, et au-dessous un rétrécissement extrême. Il est probable que la dilatation du pharynx n'a lieu que dans des cas analogues. Elle ne constitue donc pas une maladie isolée, et le rétrécissement de l'œsophage, dont elle est la conséquence, doit bien plutôt fixer l'attention du médecin. C'est, au reste, ce rétrécissement qui donne lieu à presque tous les symptômes observés, tels que la difficulté du passage des aliments et des boissons, la sensation pénible ressentie le long de la cavité thoracique, les troubles de la digestion, etc. La chute du liquide comme dans un conduit inerte, et le bruit particulier qui en résulte, phénomènes dus à la trop grande largeur du pharynx, qui ne peut plus se contracter suffisamment, sont peut-être les seuls signes qui appartiennent eu propre à la dilatation.

Quant au traitement, il ne s'applique qu'au rétrécissement de l'œsophage, dont il sera question plus loin. En voilà assez pour faire voir qu'il serait inutile d'entrer dans de plus grands détails à ce sujet.

On n'a pas cité d'exemples de paralysie bornée au pharynx. Il faut donc renvoyer ce que nous avons à en dire à la paralysie de l'œsophage.

ARTICLE XII

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