‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 224 sur 306 · M A L A I) I E S DE L OE S 0 P 1 1 A G E · texte numérisé non relu

M A L A I) I E S DE L OE S 0 P 1 1 A G E

Les principales affections de ce conduit ne se montrent que rarement. C'est la la cause du peu de précision de la plupart des documents que nous possédons sur elles. Cependant il existe un certain nombre de faits qui ont été rassemblés par J. Frank (1), et plus récemment par M. Mondière(2), ce qui nous permet de tracer une histoire de ces affections, qui, bien qu'elle soit nécessairement plus vague que celle des maladies précédentes, n'est pas néanmoins entièrement dépourvue d'intérêt. Exposer ce qui résulte des observa lions les pins importantes, en tirer les conséquences pratiques, et appeler l'attention sur les nombreux points encore obscurs, telle est la lâche que nous avons à remplir.

Les maladies de l'œsophage peuvent être rangées sous les chefs suivants : 1° Hémorrhagie; 2° œsop/tagùe simple, abcès, gangrène, rupture ; 3° œsophagi/c couenneuse; 4° œsophagite ulcéreuse ; 5° cancer; 6° dilatation ; 1° rétrécissement ou obstruction ; 8° spasme de l'œsophage ou œsophagisme; 9" paralysie.

Nous n'avons pas compris dans cette énumération le rlntmatisme de l'œsophage, dont Usera question dans les maladies du système locomoteur. Nous n'avons point parlé non plus des perforations, qui sont une conséquence d'une des maladies précédentes, et qui seront indiquées à leur sujet ; quant aux tumeurs qui, voisines de l'œsophage, viennent le comprimer, ou aux foyers qui s'ouvrent dans son intérieur, nous les rattacherons soit à l'inflammation, comme dans les cas d'abcès, soit aux perforations, comme dans les cas de rupture d'un ané\rysme, soit aux rétrécissements, comme dans les cas de tumeur solide diminuant le calibre de ce conduit.

Presque toutes ces affections avaient reçu de nos devanciers le nom de dysphagie. Mettant en première ligne ce symptôme principal, ils en faisaient une maladie distincte, dont les lésions que nous venons d'énumérer étaient considérées seulement comme la cause. Il y a trop de différence entre ces diverses lésions, sous le rapport de la marche de la maladie, de sa gravité et des moyens thérapeutiques à mettre en usage, pour que l'on puisse aujourd'hui considérer la dvsphngie autrement que comme un symptôme commun, ayant une plus ou moins grande valeur selon les cas. Le seul moyen de faire cesser la confusion en pathologie, est de bien chercher à spécifier les différentes maladies particulières et de s'attacher principalement aux caractères distinctils qu'elles présentent : c'est ce que nous nous efforcerons de faire dans le cours de ce chapitre.

(!) Prax. med., pars III, vol. I, sectio n, De morbis pharyngis et œsophaai |j W Archives générales do médecine, \" série, t. XXIV, XXV, XXVII, XXX; 2" série, t. I,

MALADIES DES VOIES DIGliSTiVES.

ARTICLE I"

BÉMORRHAGIE DE L'OESOPHAGE.

On a signalé des cas où des sangsues ont pénétré jusque clans l'œsophage, el ont donné lieu, par leur piqûre, à un écoulement de sang qui a duré ordinairement longtemps. On en voit un exemple dans le journal de Vandermonde (1758) : Quatre militaires furent sujets, pendant près de quinze jours, à un écoulement de sang par la bouche ; tantôt ils en perdaient une très grande quantité, tantôt fort peu ; L'hémorrhagie déterminait parfois la toux; mais d'autres fois le sang était rejeté par simple expuition. Un symptôme commun était une sensation de prurit ou plutôt la sensation d'un ver rampant, soit dans l'œsophage, soit h l'ouverture postérieure des narines. Enfin, les sujets éprouvaient une espèce de resserrement ou bien la sensation d'un obstacle dans le gosier, et la voix était altérée. Les", chirurgiens de l'armée d'Afrique ont observé des cas semblables chez des soldats qui avaient bu clans des ruisseaux où se trouvaient de très petites sangsues.

Nous avonscité ces exemples, parce que la piqûre des sangsues esta peu près la seule cause d'hémorrhagie qui nous intéresse. Si, en effet, l'écoulement de sang est dû à la rupture d'un anêvrysme clans l'œsophage, comme cela a lieu quelquefois, c'est un accident d'une autre affection que nous avons déjà étudiée ; et s'il est causé par une plaie de ce conduit, la maladie rentre complètement dans le domaine de la chirurgie.

Il ne reste maintenant que l'écoulement de sang ordinairement peu ahonclant qui survient dans Yœsophagite ulcéreuse et dans le cancer : il en sera question plus loin.

Il résulte de ce que nous venons de dire (pie nous n'avons à nous occuper ici que du traitement de l'hémorrhagie de l'œsophage causée par la piqûre des sangsues. Or, ce traitement est bien simple. Il suffit de faire avaler une substance qui provoque la chute de la sangsue, et par suite son rejet qui a lieu par la bouebd On a proposé, dans ce but, l'ingestion àeVeau vinaigrée, d'un mélange de beurre et de vinaigre légèrement chauffé, et enfin la solution de sel marin. Cette dernière substance doit être préférée à toutes les autres, car on sait avec quelle facilité le sel provoque la chute des sangsues. Quant à tenir dcV eau glacée dans la bouche, comme Rhazès l'a proposé, il n'est pas certain que ce moyen ait la même efficacité.

T L'existence de varices des organes intérieurs, supposée par J. Frank, niée par d'autres médecins, est aujourd'hui démontrée par des observations anatomiques.

M Lediberder et M. Fauvel ont présenlé chacun un fait de varices de l œso- Vhaàe à la Société médicale d'observation, il y a plusieurs années, mais ces faits S'ont été publiés que l'année dernière, par M. Binet (1). Ce dernier auteur cl us un cas publié dans un journal américain (2). L'observation de M. fauve avait été, antérieurement à sa publication, analysée et interprétée d'une mamere ingénieuse par M. Gublcr (3).

(2) American Journal of médical science, ioju, n u

Ci) De la cirrhose, thèse cl'agr6galion. Pans, 18».^, p. o-.

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