RÉTRÉCISSEMENT DE L'OESOPHAGE
Celte affection si grave a été étudiée avec beaucoup plus de soin que les précédentes ; mais, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, les auteurs ne se sont point attachés à distinguer nettement les cas dans lesquels le rétrécissement était dû au développement d'un cancer, de ceux où il résultait des autres lésions de l'organe, de telle sorte qu'on trouve dans leurs descriptions une confusion très grande. M. Mondière (1) a rassemblé les principaux exemples de celte affection rapportés par les auteurs; c'est à lui que, dans ces derniers temps, on a emprunté les descriptions de ce rétrécissement; c'est aussi dans son mémoire que nous puiserons en grande partie les détails qui vont suivre.
[Dans ces dernières années, des recherches fort intéressantes ont été faites sur les rétrécissements de l'œsophage et sur leur traitement, par M. Follin (2) et M. Gendron (de Ghâteau-du-Loir) (3).
Cette maladie peut être considérée comme étant autant du domaine de la chirurgie que de celui de la médecine proprement dite. On trouvera, relativement à la longueur, à la largeur de l'œsophage et aux différents points de repère qui permettent de juger de la situation exacte de son orifice supérieur et de son orifice inférieur, des détails du plus haut intérêt dans le travail de M. Follin. Suivant cet auteur, l'orifice supérieur correspond environ au niveau du tubercule carotidien de la sixième vertèbre cervicale ; mais celte situation varie de la longueur d'une vertèbre, suivant qu'on fait fléchir (il descend) ou étendre la tête (l'orifice remonte). L'orifice inférieur (cardia) correspond à la dixième vertèbre dorsale].
§ I, Définition, synonymie, fréquence. I
Presque toutes les lésions qui ont été décrites plus haut ont une grande tendance à produire le rétrécissement de l'œsophage; en outre, les tumeurs qui se forment aux environs de ce conduit peuvent diminuer son calibre au point de rendre très difficile ou même impossible le passage des aliments. Les faits de cette dernière espèce quoique ne consliluant pas, à proprement parler, de véritables rétrécissements, doivent en être rapprochés, car les conséquences en sont les mêmes.
(1) Archives gén. de méd., 1831, t. XXV, p. 358 et suiv.
(2) Des rétrécissements de l'œsophage. Pans, 18o3. ,,.„:,„„,„„/ / Mémoire dans
(3) Observations pratiques sur la dysphagie, ses vanetes cl son (> alternent (M6.no.rc
Arch. gcn. de med. , Paris, 1858J.