‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 239 sur 306 · RÉTRÉCISSEMENT I)K I.'OIÎSOPH AG !•'.. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENT I)K I.'OIÎSOPH AG !•'.. — DIAGNOSTIC

Mais il est une autre question qu'il est Important de se faire : LG irli écisseinent est-il simple, est-il dû à tin simple épaississement des parois, à une cicatrice froncée ou en forme de bride? ou bien est-Ce tin rétrécissement cancéreux? ou bien encore l'obstacle est-il produit par une tumeur voisinel On éprouve un grand embarras quand il s'agit de résoudre ce problème; les recherches n'ont point, en effet, été convenablement dirigées pour arrivera une semblable solution.

Et d'abord nous dirons que le diagnostic du rétrécissement simple et du rétrécissement cancéreux n'a été établi nulle part, et que, selon toutes les apparences, il ne peut pas l'être actuellement, puisqu'on n'a pas suffisamment distingué les cas. On peut plus facilement arriver à la connaissance, du rétrécissement produit par une tumeur qui comprime l'œsophage ; et, à ce sujet , nous croyons devoir citer le passage suivant, emprunté encore à M. Môlidière :

« Quant à la dysphagie produite par V engorgement des glandes lymphatiques voisines, nous pouvons donner comme signes propres à la caractériser, qu'elle se montre principalement clans l'enfance ou dans l'adolescence, et que, le plus ordinairement, les glandes sous-maxillaires et celles qui se trouvent situées le plus superficiellement le long du cou participent à l'engorgement de celles sur lesquelles Vésale aie premier fixé l'attention des anatomistes. Ajoutons que cette espèce de dysphagie est peu fréquente, que l'endroit où se trouvent en plus grand nombre ces ganglions lymphatiques correspond a la quatrième ou à la cinquième vertèbre dorsale, et qu'il est rare, comme nous aurons occasion de le faire remarquer, que les rétrécissements organiques de l'œsophage aient leur siège en cet endroit; presque toujours, en effet, ils occupent la partie inférieure et surtout supérieure de ce conduit.

» Il est encore beaucoup d'autres maladies, comme la luxation des cornes de l'os hyoïde, un engorgement considérable de la glande thyroïde, des lésions organiques de la trachée-artère ou du poumon, etc. , qui peuvent occasionner la dysphagie; mais la plupart de ces maladies s'annoncent par des symptômes particuliers, le plus ordinairement si tranchés et si caractéristiques, qu'il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de confondre la dysphagie à laquelle elles donnent lieu avec celle qui résulte d'un rétrécissement organique de l'œsophage.

» Pour ce que disent la plupart des auteurs, même modernes, qui ont écrit sur les rétrécissements de l'œsophage, qu'on les a souvent confondus avec la dysphagie produite par la compression exercée par un anévrysme de l'aorte, nous ferons observer qu'indépendamment des symptômes ordinaires aux dilatations de ce vaisseau principal qui ne permettent guère de les méconnaître, il est une chose remarquable et dout il est difficile de se rendre compte, c'est que presque toujours (dans dix cas au moins sur douze , où l'on a vu les anévrysmes de l'aorte s'ouvrir dans l'œsophage) la déglutition n'a été nullement gênée. Ainsi M. Laennec (de Nantes) envoya en 1822, à l'Académie de médecine (1) , la pièce anatomique d'un anévrysme de l'aorte avec perforation de la trachée-artère et de l'œsophage, et le malade, qui, pendant longtemps avait craché et vomi du sang, n'éprouva jamais fle trouble dans la respiration ni dans la déglutition. 11 en fut de même

(1) Revue médicale, t. VIII, p. 47.

chez les malades observés par MAI. Henry (1), Berlin cl Bouillaud (2), Berlin (3), Ouvrard (4) , Raikem (5) , Laennec (6) , Fizeau (7) , Fauconneau-Dufresne (8) \ Sauvages (9), etc. Chez tous les malades dont ces auteurs nous ont transrais les observations, l'aorte, plus ou moins dilatée, s'ouvrit dans l'œsophage, et jamais cependant ils ne se plaignirent de gêne dans la déglutition. Nous rapportons le fait sans chercher à en donner une explication.

» Nous ne saurions terminer ce qui a rapport au- diagnostic sans rappeler tout l'avantage que l'on peut retirer de l'emploi des sondes, considérées comme moyen explorateur, soit seulement pour reconnaître le siège des rétrécissements , soit encore pour s'assurer du degré auquel ils sont parvenus. Dans le premier cas, on peut employer la sonde dont Dupuytren se servait pour reconnaître la présence des corps étrangers : c'est une tige d'argent flexible, et cependant assez résistante, longue de dix-huit à vingt pouces, terminée à une de ses extrémités par un anneau et à l'autre par une boule. Pour atteindre le second but, on a recours à une sonde exploratrice, dont Ducamp (10) nous donne la description. »

Pronostic. — Puisque le rétrécissement de l'œsophage est le plus souvent dû à une maladie organique incurable, il est presque inutile de dire que le pronostic est très grave. Cependant on a cité quelques cas de guérison par divers procédés; il en sera question à l'article du traitement. Ces cas de guérison sont relatifs à des rétrécissements simples ou occasionnés par une tumeur voisine de l'œsophage; car, lorsque l'existence du cancer est constatée , on peut espérer de retarder par divers moyens la terminaison fatale, mais non d'amener une guérison complète.

Ç VII. — Traitement.

Le traitement Au rétrécissement de l'œsophage est presque entièrement chirurgical : il consiste dans la dilatation, dans la cautérisation, dans les scurifications de l'œsophage, et, en désespoir de cause, dans Vœsophagolomie et la gnstrotomie. M. Velpeau (article cité) a exposé avec soin ces divers moyens de traitement, qu'il a décrits principalement d'après l'article de M. Mondière. C'est eu partie à ces deux auteurs que nous emprunterons les détails qui vont suivre.

1° Dilatation. — La dilatation de l'œsophage est le moyen le plus anciennement employé. On fait remonter à Mauchart (11) l'emploi de ce procédé. Dans ces derniers temps, Dupuytren et Boyer l'ont mis en usage comme palliatif, et M. Mondière a emprunté a divers auteurs des observations dans lesquelles on est parvenu, par la dilatation, à obtenir un succès complet.

(I) Ephém., t. VI, p. 219.

h) Traité des maladies du cœur. Pans, 182i, p. 110. (3) Bullelins de la Sociclé méd.d'émuL, 1812, p. 14. U) Disserl. inaug. Paris, 1811, n" 53, p. 25.

(5) Bullelins de la Faculté de médecine de Pans, 1812.

(6) Traité de V auscultation médiate.

(7) liibliolhèque médicale, t. LUI, p. 68.

(8) Thèse, 182i, n° 220, p. 25.

(9) Nosol. mêlhod., t. VIII, p. 81, lre edil.

(10) traité des rétentions d'urine. Pans, 1819, p 149.

(II) De slruma œsophagi, etc. Tubingne, 17 12.

RÉTRÉCISSEMENT DP. L'OESOPHAGE. — TRAITEMENT. 705 On sent combien il serait nécessaire de pouvoir distinguer, sous le rapport du traitement dont il s'agit, le rétrécissement simple du rétrécissement cancéreux. Malheureusement on n'a point encore, nous le répétons, établi cette distinction d'une manière positive. Toutefois cette confusion n'a d'inconvénients réels que quand il s'agit de déterminer la valeur du traitement; car l'introduction des sondes étant mise en usage dans tous les cas, pour faire pénétrer les aliments dans l'estomac, le traitement lui-même n'est pas sensiblement modifié suivant les circonstances. Seulement on conçoit que, dans les cas où l'on soupçonnerait l'existence d'une lésion organique grave et avancée, on devrait agir avec beaucoup plus de précaution dans l'emploi des sondes, car on pourrait occasionner des désordres qui accéléreraient considérablement la marche de la maladie.

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