RÉTRÉCISSEMENT DE [/ŒSOPHAGE. — TRAITEMENT
3° Incision, scarification.— Les scarifications de l'œsophage sont plus dangereuses que celles du canal de Furèthre. On comprend en effet que, si elles portent, sur un point où le conduit a une épaisseur peu considérable, elles puissent dépasser les limites et occasionner une ouverture par laquelle les aliments, tombant dans une cavité voisine, donnent lieu à des accidents mortels. Dans les cas où le porte-empreinte aurait fait reconnaître une bride épaisse, on pourrait néanmoins mettre en usage ce moyen , en se servant d'un instrument semblable à Vuréthrotome de M. Amussat; mais il est inutile d'insister sur cette opération, dont la valeur ne nous est point prouvée par l'expérience.
h° Œsophagotomic, gastrotomie. — Enfin, dans les cas désespérés, s'il est constaté que l'obstacle au passage des aliments a son siège au-dessus de la cavité pectorale, on peut tenter comme dernière ressource l'ouverture de l'œsophage, et lorsque, au contraire, le rétrécissement est situé trop bas, on peut recourir à la gastrotomie. La première opération fut pratiquée par Taranget, dans un cas que tout le monde a cité. Les aliments étaient retenus à la partie inférieure du cou ; l'ouverture de l'œsophage fut pratiquée un peu plus bas, et, à l'aide d'une espèce d'entonnoir, on fit arriver par là les aliments dans l'estomac : la malade vécut ainsi pendant seize mois.
L'opération de la gastrotomie, qui consiste à établir à l'épigastre une ouverture stomacale permanente par laquelle on introduit les substances alimentaires dans l'estomac, a été tentée par M. Sédillot (1). Ce chirurgien pratiqua cette opération (2) chez un homme de cinquante-deux ans, qui ne pouvait plus avaler même les liquides, et chez lequel le cathétérisme de l'œsophage n'avait pas réussi. La mort est malheureusement survenue au bout de vingt et une heures. Cependant, de ce fait, M. Sédillot a tiré les conséquences suivantes : 1° Maintenir l'estomac à la plaie extérieure de l'abdomen, de manière à fermer complètement cette dernière, et à provoquer immédiatement des adhérences entre les deux feuillets viscéral et pariétal du péritoine (pour cela, combinez avec l'action de la canule quelques points de suture destinés à unir les deux plaies). 2° S'abstenir, pendant le premier jour, de faire aucune injection de liquide dans l'estomac, et n'y introduire qu'un peu d'eau le deuxième jour, pour rétablir lentement et graduellement les fonctions de ce viscère.
Traitement du rétrécissement causé par des tumeurs voisines de l'œsophage. — Ce traitement, comme le précédent, est, ainsi que le fait remarquer Boyer, le plus souvent inefficace. Cependant on a cité quelques exemples de guérison dans des cas où l'on pouvait supposer que l'obstacle était dû à une altération de ce genre. Boyer rapporte deux observations empruntées à Mennès et à Haller, dans lesquelles l'administration du mercure fit disparaître une dysphagie telle, que tous les aliments, et même les liquides, étaient rejetés. Mennès s'était assuré, par l'introduction d'une tige de baleine dans l'œsophage, qu'il existait un obstacle organique. Chez un des deux malades, le mercure fut administré en frictions, de manière à produire la salivation, et, chez l'autre, Haller prescrivit des pilules de mercure doux, d'aloès et de camphre. Le succès fut complet dans ces deux cas, auxquels
(1) Voy. Gazelle médicale de Paris, décembre 1846 et janvier 1847.
(2) Voy. Séances de l'Acad. des sciences, novembre 1849.
,lz MALADIES DES VOIES DIGESTiVES.
Jl faut en joindre un troisième du même genre, également observé par ilaller.
Il était bon de faire connaître ce traitement, qui peut être mis en usage sans danger, et avoir dans quelques cas des résultats heureux. On peut employer les diverses préparations mercurielles, ou bien Yiodure de potassium de la manière qui a été plusieurs fois indiquée.
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