OESOPIIAGISME, OU SPASME DE L'OESOPHAGE
On a beaucoup écrit sur cette maladie, qui est depuis longtemps connue; mais on ne saurait, ainsi que le veut J. Frank (1) faire remonter son histoire jusqu'à Hippocrate; car, dans le passage cité par Frank, il est question du tétanos, dans lequel les convulsions du pharynx sont un symptôme particulier qui ne peut nous occuper ici.
Parmi les auteurs qui ont étudié cette affection, il faut citer principalement F. Hoffmann, qui lui a consacré un long chapitre (2). Dans ces derniers temps, M. Mondière a réuni un grand nombre de faits dans le but de tracer la description de cette affection spasmodique. .Malgré ces recherches, et les efforts faits par ce dernier auteur pour arriver à une connaissance exacte de Vœsophagisme, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il règne une très grande confusion dans son histoire. En effet, on a rangé parmi les cas d'œsophagisme des exemples d'inflammation véritable, dans lesquels le spasme de l'œsophage n'était qu'un phénomène accessoire; on a rapporté à cette affection le résultat d'altérations produites par des substances acres et caustiques; et enfin on a décrit sous son nom l'état spasmodique du pharynx et de l'œsophage qui survient dans la rage. Il n'est pas jusqu'aux ulcérations de la partie supérieure du larynx qui n'aient été regardées comme produisant l'œsophagismc, parce que les aliments et les boissons sont, en pareil cas, rejetés au moment de leur ingestion. Je n'ai pas besoin de faire remarquer combien cette manière de voir est vicieuse.
Toutefois, si l'on voulait n'admettre comme véritable spasme de l'œsophage que les cas dans lesquels l'affection, de nature purement nerveuse, est toute locale, ou, en d'autres termes, les cas d'œsophagisme idiopathique, on ne pourrait en rassembler qu'un très petit nombre. Dans la plupart, en effet, ou a rencontré, soit dans l'œsophage, soit dans les organes environnants, des lésions qui ont expliqué la production du spasme ; et dans les autres il existait presque constamment une affection nerveuse générale, une névrose dont l'œsophagisme n'était qu'un symptôme. Nous avons dit plusieurs fois, dans le cours de cet ouvrage, que nous croyions devoir renvoyer à l'histoire des diverses maladies principales les accidents qui en sont un simple symptôme. Il semble donc que nous devrions ici nous borner aux quelques faits où le spasme de l'œsophage a existé seul, et a constitué toute la maladie; mais, comme dans l'hystérie et l'hypochondrie, l'œsophagisme peut, à certaines époques, se montrer indépendamment de tous les autres synv
(1) Praxeos medicœ, pars III, vol. I, sect. n.
(2) Opéra amnia. Gcncvçe, 1761, t. III : De morph. œsoph. spasmod.