‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 243 sur 306 · GESOPHAGISME, OU SPASME DE L'OESOPHAGE. - DÉFINITION · texte numérisé non relu

GESOPHAGISME, OU SPASME DE L'OESOPHAGE. - DÉFINITION

ptômes, et qu'il exige des moyens particuliers de traitement, nous ne saurions exclure de cet article cette espèce, dont la connaissance est importante.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

F. Hoffmann a défini ainsi le spasme du pharynx et de l'œsophage : une constriction ou une distension rigide, soit du pharynx, soit du conduit alimentaire, provenant le plus souvent d'un mucus irritant. Cette définition, qui admet l'existence non prouvée d'une cause particulière, a été ainsi modifiée par M. Mondière : « L'œsophagisme consiste dans une constriction plus ou moins complète et durahle du canal pharyngo-œsophagien, et pouvant ou produire une dysphagie absolue, ou empêcher seulement la déglutition des corps, soit solides, soit liquides. » Quant à nous, d'après ce que nous avons dit plus haut, nous croyons qu'on doit réserver le nom d'œsophagisme à la constriction convulsive de l'œsophage, qui ne trouve son explication dans aucune lésion organique de cet organe ou des organes voisins.^

On a donné à cette affection les noms de constriction du pharynx et de l'œsophage, ténesme de l'œsophage, dysphagie nerveuse.

Quaut à sa fréquence, nous voyons qu'on doit nécessairement la trouver très différente, suivant le point de vue où l'on se place. Pour nous, elle n'est pas très grande; tous les praticiens savent, en effet, qu'il est assez rare de rencontrer la convulsion idiopathique de l'œsophage, et que ce phénomène ne se montre chez les hystériques et les hypochondriaques que dans la minorité des cas.

[L'œsophagisme est une maladie qui trouverait encore mieux sa place dans un traité de sémiologie ou de pathologie générale que dans un ouvrage de pathologie descriptive. En effet, l'œsophagisme est toujours symptomatique, et doit être rapporté soit à une lésion locale, soit, le plus souvent, à une affection des centres nerveux ou h une névrose générale. Les lésions locales sont de divers ordres; on a signalé, parmi les plus habituelles, la pharyngite, la laryngite, le croup, l'œsophagite et le rétrécissement de l'œsophage, le cancer de l'estomac. Les maladies des centres nerveux qui peuvent donner lieu à l'œsophagisme sont également nombreuses ; il faut d'abord signaler toutes les affections organiques du cerveau et de la partie supérieure de la moelle épinière, puis les névroses suivantes : l'hypochondrie, la folie, l'hystérie, qui ont souvent l'œsophagisme parmi leurs symptômes ; la même chose a lieu dans la rage.

Nos connaissances, en ce qui concerne l'œsophagisme, ne sont pas encore assez étendues ni assez parfaites pour que nous puissions décrire exactement toutes les variétés de cette maladie. Néanmoins nous pouvons dès à présent en indiquer plusieurs, qui sont, comme on le verra, très distinctes, et qui, nous n'en doutons pas, seront plus tard décrites séparément. Pour procéder d'après un ordre logique, nous tâcherons de commenter d'abord l'expression (l'œsophagisme (œsophagospasmus, slricture of the œsophagus ). Il semble, d'après ces noms mêmes, que l'œsophage soit seul en cause ; et cependant il n'est pas douteux que souvent l'arrière-gorge, le pharynx, sont le siège de spasmes confondus avec l'œsophagisme. Procédant de la physiologie à la pathologie, nous voyons que le pharynx se refuse souvent à permettre l'ingestion de certaines substances, soit h cause de leur saveur, soit à cause de leur forme. Ce spasme des premières voies se produit en état de

santé dans bien des cas; il suffira de rappeler combien de personnes ne peuvent avaler les corps sphériques, même d'un petit volume.

On voit donc que les phénomènes spasmodiques qui se produisent à la partie supérieure des premières voies sont tout à fait analogues à ceux dont l'œsonhaee est le siège. 1 b

A côté de ce spasme, qui le plus souvent ne dure qu'un instant, et ressemble à une convulsion clonique, existe un état spasmodique durable, continu sorte de ténesme qui non-seulement s'oppose à l'ingestion des aliments par rétrécissement de l'oesophage, mais cause habituellement une sensation douloureuse. Il existe en outre une espèce d'œsophagisme qui consiste dans une sensation pénible au niveau de l'un des points des premières voies, dans le pharynx ou dans l'œsophage. On ne saurait dire ici qu'il y ait spasme ; il y a douleur, sensation d'un corps étranger, illusion, et cette sensation conduit les malades à des conceptions délirantes. Quelquefois elle n'est qu'un résultat de la folie, de l'hypocliondrie, de l'hystérie. Les malades pensent avoir avalé un corps étranger, et recherchent une opération chirurgicale qui peut les délivrer de leur mal. En pareil cas, céder au désir du malade et consentir à faire une opération sans danger à la suite de laquelle il croie que le prétendu corps étranger a disparu, est une pratique que plus d'un médecin a employée avec succès. Chez les femmes hystériques, cette sensation douloureuse est analogue à Yovum hystericum, à la boule, à l'aura, etc., et l'état général doit préoccuper surtout le médecin. Peut-être n'est-il pas inutile de parler ici du refus des aliments par certains aliénés, lesquels ne veulent ou ne peuvent pas avaler, et qu'il faut nourrir à l'aide d'une sonde œsophagienne contenant des aliments. Le cathétérisme est pratiqué tantôt par la bouche, tantôt par les narines.]

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes.

Ou n'a pas fait de recherches qui permettent de dire d'une manière très positive quelle est l'époque de la vie à laquelle se montre le plus souvent l'œsophagisme. Cependant on peut avancer, d'une manière générale, qu'il ne se produit guère qu'après l'enfance, quoique Everard Home et le docteur Stevenson aient cité des cas où il existait depuis les premières années de la vie.

Si, comme nous l'avons dit plus haut, ['hystérie est une des causes les plus fréquentes de cette affection, il en résulte qu'elle se montre plus fréquemment chez la femme que chez l'homme. Dans les cas d'œsophagisme observés chez les hystériques, il se passe évidemment quelque chose de semblable à ces troubles du larynx produisant l'aphonie, qui ont été signalés dans le deuxième volume de cet ouvrage. Les hypochondriaques en sont moins fréquemment affectés ; du moins n'a-t-on signalé qu'un très petit nombre de cas de ce genre.

Le docteur Stevenson, cité par M. Mondiôrc, a rapporté un cas dans lequel l'œsophagismc a paru héréditaire. Tels sont les renseignements bien insuffisants que nous avons sur les causes prédisposantes de cette affection.

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