GESOPHAGISME, OU SPASME DE L 'OESOPHAGE. — TRAITEMENT
l'état de parfaite santé, et pendant un repas, sans qu'auparavant il y ait eu la moindre difficulté dans la déglutition, annonce évidemment que l'affection est uniquement due au spasme nerveux.
Il reslerait maintenant à rechercher comment on peut distinguer ce spasme purement nerveux de celui qui accompagne Y inflammation spontanée ; mais, ainsi que nous l'avons vu, c'est ce qui ne peut être fait avec les observations que nous ont laissées les auteurs. Quant au spasme produit par Y ingestion de substances acres, irritantes, la connaissance de la cause est suffisante pour le diagnostic.
Nous avons indiqué plus haut le diagnostic différentiel du spasme de l'œsophage et du rétrécissement organique (voy. article Cancer de l'œsophage); nous ne croyons pas devoir le reproduire ici.
Reste donc la distinction à établir entre l'œsophagisme et la paralysie de l'œsophage; mais nous croyons devoir la renvoyer à l'article suivant, qui traitera de cette dernière maladie (1).
Pronostic. — D'après ce que nous avons dit plus haut, le pronostic n'est pas grave. Dans le cours de l'hystérie, et chez les hypochondriaques, ce symptôme se dissipe ordinairement de lui-même. On n'a guère à redouter les suites du spasme de l'œsophage que clans les cas où il se produit une véritable hydrophobie, et où l'imagination des malades est fortement frappée.
§ VII. — Traitement.
Le traitement du spasme de l'œsophage est très varié. Chaque auteur a employé des moyens particuliers, et l'on n'a pas entrepris une série de recherches sur la valeur de chacun d'eux. Il faut donc se borner à indiquer les principales médications, et celles surtout qui ont été suivies dans des cas bien déterminés.
Emissions sanguines. — F. Hoffmann, d'après des idées toutes théoriques, recommande et a pratiqué dans quelques cas (2) la saignée générale; mais comme ce moyen fut mis en usage avec beaucoup d'autres, on ne peut pas savoir quel a été son résultat réel. La saignée a été peu employée par les autres médecins, à moins que le spasme ne fût produit par. l'inflammation de l'œsophage, ce qui n'est pas le cas dont il s'agit ici. Le même auteur a fait appliquer des sangsues à l'anus, dans plusieurs cas où il attribuait la production de l'œsophagisme à une suppression des hémorrhoïdes. Sa pratique a été quelquefois imitée. On voit que nous n'avons que des données fort incertaines sur ces moyens, auxquels, en général, la nature nerveuse de la maladie engage peu à avoir recours.
Antispasmodiques. — On doit s'attendre, d'après la nature de l'affection à trouver dans le traitement de l'œsophagisme une longue liste de médicaments anuspasmodiques. C'est, en effet, ce qui a lieu. F. Hoffmann les a sur tout prodigués et les a réunis en grand nombre. Ces moyens sont administrés à l'intérieur
(1) On comprendra facilement pourquoi nous insistons moins sur les diagnostics différa lie s des affections de l'œsophage que sur ceux des maladies décrites jusqu'à présent Dans 1 état actuel de la science, vouloir apporter plus de précision dans la solution de ces question! ce serait s exposer a avancer des assertions qu'il faudrait ensuite rectifier. Faisons des Zi* pour que l'observation nous permette bientôt de sortir de ce vague.
(2) Consull. et resp.mcd., cent. I, sect. n.
ou à l'extérieur, et leur effet est, suivant M. Mondière, bien différent suivant qu'on les prescrit de l'une ou de l'autre manière. C'est pourquoi il convient de les envisager sous ces deux poinls de vue.
Antispasmodiques à l'intérieur.— Le camphre est, parmi ces médicaments, un de ceux qui ont été le plus souvent mis en usage. On l'administre dans un julep ; le suivant, par exemple :
Vf Camphre 0,30 gram. I Eau de mélisse 180 gram.
Miel de sureau 45 gram. |
Mêlez. A prendre par cuillerées.
Ou bien en pilules, ainsi qu'il suit :
Vf Camphre 2 gram. Sirop de sucre Q.s.
Nitre 5 gram.
Faites quarante pilules. Dose : deux ou trois par jour.
Le castoréum, le musc, Vasa fœtida ont été également prescrits. La teinture suivante renferme deux de ces substances :
Vf Teinture de castoréum . . ( * » Esprit de corne de cerf. 1 gram.
d'asa fœtida... | aa 2 grami
Mêlez. A prendre à la dose de quinze à vingt gouttes toutes les heures ou toutes les deux heures, dans une tasse d'infusion de camomille.
Le musc doit être donné à assez forte dose dans les cas dont il s'agit. Ainsi on prescrira :
Vf Musc 0,20 gram. | Sucre de lait 0,40 gram.
Mêlez. A prendre en une fois. Renouveler cette dose deux ou trois fois par jour.
On peut porter ces remèdes sur la partie inférieure du tube digestif, à l'aide de lavements. On y est même forcé assez souvent; car la déglutition est impossible. J. Frank recommande particulièrement la préparation suivante :
Vf Infusion de camomille. ... 200 gram.
Asa fœtida 2 gram.
Pour un lavement.
Jaune d'œuf n* \ .
Nous ne croyons pas devoir insister sur cette médication, parce que, comme l'a fait observer M. Mondière, il n'existe pas un seul cas où, seule, elle paraisse avoir eu un véritable succès. Nous nous bornerons à ajouter que F. Hoffmann avait une assez grande confiance dans le succin, et surtout dans sa liqueur anodine, et nous donnerons une formule de ce médecin, dans laquelle on trouvera réunies plusieurs autres substances dont nous n'avons point parlé.