AFFECTIONS DE L'ESTOMAC
Une réflexion générale s'applique à l'hisloire des maladies de l'œsophage telle que nous la possédons dans l'état actuel delà science : c'est que si, sur les principaux points, elle manque de la précision nécessaire , la difficulté du diagnostic, le défaut de détails dans les observations, le peu de rigueur des recherches entreprises, en sont les causes évidentes: il est donc à désirer que l'observation soit dirigée d'une manière particulière sur ces maladies, dont quelques-unes ont une très grande gravité.
Nous avons, dans les chapitres précédents, traité des maladies de la partie supérieure des voies digestives; nous arrivons maintenant à celles qui ont leur siège dans les organes contenus dans la cavité abdominale. Il semble que ces organes n'étant protégés, dans une grande étendue, que par une paroi molle, assez facilement dépressible , et permettant par conséquent une exploration presque directe, on ait dû, dès longtemps, arriver à une connaissance très précise de leurs affections ; mais plusieurs causes se sont opposées à ce qu'il en fût ainsi. Le grand nombre d'organes contenus dans une même cavité , d'où résulte une assez grande difficulté à préciser quel est le point malade ; la situation des lésions, qui est souvent profonde, ou qui même, dans les organes creux, rend fréquemment l'exploration directe inutile; l'obscurité des symptômes, voilà les principales. La gastrite et l'entérite , affections qu'on pourrait , au premier abord , regarder comme des plus faciles à étudier , n'ont pu encore l'être que d'une manière imparfaite, bien qu'un grand nombre d'auteurs s'en soient particulièrement occupés (1).
(1) Dans ces derniers temps, on a joint la percussion aux moyens d'exploration mis en usage dans le diagnostic des maladies de l'abdomen. Nous aurons, dans le cours de ce chapitre, à en apprécier les résultats; mais nous devons en dire ici quelques mots d'une manière générale, parce que le praticien est intéressé à se faire une idée exacte de son utilité. Si l'on en croyait M. Piorry, de l'emploi du plessimèlre daterait une nouvelle ère pour l'histoire des maladies de l'abdomen, et désormais rien ne serait plus facile que de les reconnaître et de les traiter. Aucun esprit sérieux ne s'est trouvé convaincu, après la lecture des travaux que ce médecin a publiés à ce sujet. D'abord il est démontré pour tout le monde, excepté pour lui. que le plessimèlre, bien qu'un peu moins inutile dans l'exploration de l'abdomen que dans celle de la poitrine, n'a quelques avantages que dans un petit nombre de cas. En second lieu, la percussion ne saurait être considérée que comme un des nombreux moyens propres à faire reconnaître les maladies de l'abdomen, et ses résultats sont tels, que le plus souvent elle constitue, parmi ces moyens, celui dont on pourrait le plus facilement se passer, si le praticien ne devait pas les mettre tous en usage.
On ne conçoit donc pas qu'on ait pu vanter avec une aussi grande exagération un moyen de diagnostic d'une utilité si bornée, et qu'on ait même voulu le comparer à l'auscultation dans les maladies. Il faut s'élever avec force contre de semblables prétentions, parce que la percussion, telle que M. Piorry veut qu'on la pratique, est fatigante, pénible pour le malade, et peut avoir pour effet de discréditer le praticien, si l'on s'aperçoit que souvent elle n'a d'autre résultat que de satisfaire une vaine curiosité, ou de conduire à une manière de voir erronée.
Mais que serait-ce si de l'emploi mal entendu de ce moyen on tirait des conséquences pratiques aussi contestables que celles qu'en a tirées M. Piorry, et qui font la base de sa thérapeutique? Dans tout le cours de cet ouvrage, nous avons montré combien, dans le traitement des maladies, on devait avoir égard aux principaux symptômes ; mais le médecin que nous citons, depuis surtout qu'il a constaté l'existence de quelques-uns de ces symptômes par la percussion, n'envisage plus que les phénomènes isolés, et perd complètement de vue l'ensemble de la maladie, pour s'attacher ;i combattre minutieusement chacun de ces phénomènes. Cette médecine, purement symptornntiriuc, est inadmissible; l'adopter, ce serait vouloir faire remonter la médecine aux temps barbares, et perdre le fruit des meilleurs travaux qui, dans ces derniers temps, ont éclairé la thérapeutique. M. Piorry ne veut pas, il est vrai, qu'on dise
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Dans cette seconde partie des maladies des voies digestives, on ne trouvera ni la colique de plomb ni la fièvre typhoïde. Voici les raisons qui nous engagent à les placer ailleurs. La colique de'plomb n'est autre chose qu'un ensemble de symptômes par lequel se manifeste à nous Y intoxication saturnine. Or cette intoxication saturnine, si bien étudiée dans ces derniers temps par MM. Grisolle et Tanquerel des Planches, donne également lieu à des symptômes dont le siège est dans des organes bien différents, et cependant la cause primitive, unique, est l'introduction du plomb dans l'économie; il y aura donc avantage à rassembler dans un même chapitre ces résultats divers d'une même cause , et par conséquent à traiter de toutes les maladies saturnines dans le chapitre consacré aux empoisonnements (tome V).