EMBARRAS GASTRIQUE
Cette affection est décrite dans les auteurs d'une manière si vague, qu'il est très difficile de s'en faire une juste idée. Les anciens, qui, sous les noms de dyspepsie, de fièvre gastrique, de fièvre bilieuse, réunissaient un certain nombre de maladies différentes, faisaient nécessairement entrer dans leurs descriptions une foule de symptômes qu'il faut aujourd'hui rapporter à d'autres affections. Les modernes, sans tomber absolument dans cette confusion, ont tellement négligé d'étudier la maladie d'après l'observation, qu'ils n'ont point pu parvenir à en tracer exactement les limites. On a été môme jusqu'à nier l'existence de l'embarras gastrique, et à en faire une variété de la gastrite chronique, M. Roche (1) a, tout récemment -ncore, émis cette opinion. Cependant il arrive tons les jours dans les hôpitaux, t il est très fréquent de voir en ville, des malades affectés de symptômes très tien caractérisés qu'on ne peut point rapporter à une véritable gastrite, et qui :èdent très promptement au traitement évacuant. Cette affection a donc une phy- 'ionomie propre; elle ne peut être confondue avec aucune autre, et sa marche apide, aiguë, ne permet pas de la rattacher à la gastrite chronique. Il faut par conséquent, de toute nécessité, en tracer à part la description et en indiquer le traitement particulier.
Nous avons dit plus haut qu'on n'avait pas, en général, demandé à l'observation les documents nécessaires pour étudier l'embarras gastrique; on s'est contenté, presque toujours, de le décrire d'après des souvenirs ou d'après des descriptions antérieures. Le peu de gravité de cette maladie explique cette négligence, qui n'en est pas moins fâcheuse, puisqu'elle nous laissons le doute sur un grand nombre de questions importantes. Cependant il faut dire que M. Martin-Solon a fixé son attention sur ce sujet d'un manière un peu plus précise, et surtout qu'il s'est attaché a recueillir les faits propres à éclairer les principaux points de l'histoire de embarras gastrique. Nous aurons recours dans cet article au mémoire qu'il a oublié sur cette affection (2). 1 1
§ *• — Définition, synonymie, fréquence.
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les desciip ,ons des auteurs étant, comme nous l'avons dit, très variables il est
sez difficile de donner une définition exacte de la maladie. Cependant, d Wès Tel m que nous avons consultés, nous croyons devoir adopter la suivante • L'em gas gastrique est une affection caractérisée principalement par la perle de l'ap-
e In r"1-,3"1^ ? f3C C " ,a b°UChe' Un Se"timei,t de Plénitude dans évacuant*, d après la plupart des autres auteurs, il existerait plusieurs
(1) Nouv. éléments de paih. méd.-chir., 4P édit Paris -t»/* . i
(2) Gazette médicale de Paris, 1830, pi 2*1. ' ' P' ^
Vai.t.kix, 4'- é.lit. — NI.
autres symptômes caractéristiques; mais on verra dans la description suivante que ces symptômes sont loin d'être essentiels.
L'embarras gastrique fait partie, comme nous l'avons dit plus haut, des affections connues sous les noms de fièvre gastrique bilieuse. 11 a encore été désigné sous les noms d'état saburral, muqueux, saburres de l'estomac, embarras bilieux, fièvre gastrite saburrale, etc. J. Frank le décrit, avec plusieurs autres affections mal définies, sous le nom de febris saburralis secundaria. Enfin nous citerons encore les noms de febris stomachica, de saburral Fieber des Allemands, et de febbre gastrica des Italiens.
On n'a point cherché à déterminer d'une manière précise la fréquence de l'embarras gastrique ; mais le grand nombre de cas qui, chaque année, s'offre aux médecins, prouve suffisamment qu'elle est fort grande. Nous chercherons plus loin s'il est possible de savoir quelles sont les époques de l'année où cette fréquence augmente.
1° Causes prédisposantes.
Il est impossible, d'après les observations, de dire s'il y a réellement des causes prédisposantes de l'embarras gastrique. Cependant les auteurs n'ont pas hésité à en admettre un certain nombre. Vouv zuxV été elY automne, et, suivant quelques-uns, le printemps, sont les saisons où cette affection se montre principalement. D'après les impressions générales, on peut dire que l'embarras gastrique paraît plus fréquent vers la fin de l'été.
L'habitation dans les lieux froids et humides, la mauvaise nourriture, les vêtements insuffisants, un travail qui dépasse les forces, sont encore des causes dont l'existence est généralement admise ; mais on sent combien les recherches sur ce point laissent à désirer, car on a eu presque toujours en vue les classes pauvres, dans lesquelles ces circonstances se trouvent constamment réunies; de telle sorte qu'en agissant ainsi, on pourrait les donner comme causes de toutes les maladies.
La vie sédentaire, les travaux d'esprit et les veilles prolongées, sont également rangés dans cette classe de causes. L'embarras gastrique ayant pour symptômes principaux les troubles de la digestion, on est naturellement porté à admettre l'influence de ces causes, sans toutefois pouvoir eu tracer les limites.
Les passions vives, les fortes émotions morales, ont aussi trouvé leur place dans celte liste. Sans nous prononcer d'une manière positive sur ce point, remarquons que, dans une observation rapportée par M. Marlin-Solon, l'embarras gastrique s'est manifesté immédiatement après une grande frayeur. D'ailleurs nous savons quelle est l'influence des fortes émotions sur les fonctions de l'estomac,
Pour ce qui concerne les excès habituels soit dans le régime, soit dans les rapports sexuels, ainsi que la tristesse prolongée, nous ne pouvons que les signaler ici en l'absence des renseignements nécessaires. (
Ouant h Yâqe, au sexe, à la constitution et au tempérament, on n a point lait de recherches suffisantes. Voici cependant ce qui .ésulio de quinze observations empruntées à M. Martin-Solon :
Les observations ayant été prises dans un hôpital où l'on n admet que des adultes, ne nous apprennent rien de bien précis relativement a 1 âge. loutefois on