EMBARRAS GASTRIQUE. — SYMPTÔMES
y voit que tous les âges admis s'y trouvent représentés. On a dit que la vieillesse prédisposait principalement à cette affection, qui, en effet, est très fréquente à la Salpètrière et à Bicêtre, hospices de vieillards.
Sur 14 individus dont le sexe est indiqué dans les observations de M. Martin- Solon, 9 étaient des femmes. C'est là un renseignement qu'il faut noter, quoique les chiffres ne soient pas assez considérables pour fixer notre opinion.
La constitution des malades était généralement forte. Chez le plus petit nombre seulement, le tempérament est indiqué comme bilieux ou bilioso-sanguin.
2° Causes occasionnelles.
Nous ne sommes guère plus instruits sur les causes occasionnelles, et cela encore faute d'observations convenablement recueillies. On admet que la plupart des causes précédemment mentionnées peuvent, lorsqu'elles surviennent brusquement, donner naissance à l'embarras gastrique. Ainsi un excès inaccoutumé, l'usage des viandes indigestes, ou d'autres aliments difficilement supportés par'l'estomac; une indigestion produite par quelque cause que ce soit, telles sont les principales causes excitantes assignées à cette maladie. Disons toutefois qu'on a beaucoup exagéré l'influence de ces causes, en rangeant parmi elles l'emploi d'une multitude de substances alimentaires dont on fait chaque jour impunément usage Doit-on, par exemple, avec Joseph Frank, dire que les œufs durs, le pain récemment cuit, les melons, etc., sont des causes réelles d'embarras gastrique? On est d'autant moins autorisé à le dire, que cet auteur se voit forcé lui-même de reconnaître l'existence d'une constitution annuelle inconnue, ce qui prouve que les causes occasionnelles ne sont pas aussi faciles à déterminer. Ajoutons qu'on voit souvent des individus être atteints de cette maladie mm avoir rien changé à leur régime habituel.
% III. — Symptômes.
C'est surtout dans la description des symptômes qu'on éprouve une grande difficulté a se renfermer dans des limites bien précises. Nous avons vu, en effet, plus Haut, que 1 embarras gastrique avait été rapporté à un grand nombre d'états différents : , en résulte qu'on a trouvé des embarras gastriques avec une fièvre forte et prolongée ; avec des accidents intestinaux plus ou moins graves ; avec des troubles cérébraux, comme dans l'épidémie de ïecklembourg, décrite par Finke en 1 7 76 ( l) ■ faltS aCCidCntS féb'ileS inlermittente ™ rémittent,, comme dans l'épidémie dl
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rexie presque toujours complète. Souvent même il existe le dégoût le plus prononcé pour les aliments. Ce symptôme n'a manqué dans aucun des cas observés par M. Martin-Solon.
En même temps les malades se plaignent d'un goût tantôt amer, tantôt fade, tantôt tout particulier, mais toujours fatigant et désagréable. La bouche eut pâteuse, et les malades font fréquemment une espèce de mouvement de déglutition, comme pour la débarrasser d'une substance collante qui les incommode. La langue est couverte d'un enduit plus ou moins épais, que les auteurs ont désigné sous le nom d' 'enduit saburral ou limoneux ;W est blanc, ou blanc jaunâtre. M. Martin-Solon a constaté, clans un certain nombre de cas, que V haleine présentait une fétidité particulière, à laquelle on a donné le nom d'haleine saburrale.
Des nausées viennent parfois se joindre à ces symptômes. M. Martin-Solon les a constatées d'une manière positive chez six des sujets qu'il a observés. Plus rarement ce sont des raj>ports aigres ou nidoreux. Il est moins fréquent encore d'observer dans l'embarras gastrique ces vomissements que nous indiquerons plus loin comme symptômes caractéristiques de la gastrite. M. Martin-Solon n'a noté qu'une seule fois le vomissement de matières alimentaires, et une autre fois le rejet de matières amères. Chez un sujet, des régurgitations bilieuses sont mentionnées.
Du côté de la 'région épigastrique, nous trouvons, dans la moitié des cas environ, une certaine anxiété, de la gêne, du malaise, mais point de véritable douleur; cependant, chez trois sujets observés par M. Martin-Solon, il y a eu une douleur spontanée assez notable, et l'on pourrait se demander si. dans ces cas il existait une gastrite; mais c'est un point que nous examinerons plus tard (1). La région épigastrique s'est montrée indolente à la pression toutes les fois que ce moyen d'exploration a été mis en usage, ce qui malheureusement a été trop souvent
négligé. "
Quant à la soif, jamais elle n'a élé notée comme étant vive clans les observations, tandis que, dans certains cas, au contraire, on a constaté qu'elle était nulle.
Le ventre, bien conformé, ne présente point de douleur, soit spontanée, soit provoquée. La constipation, dans les observations que nous avons rassemblées, s'est montrée d'une manière constante. Il y a eu, il est vrai, dans le cours de la maladie, quelques selles liquides, mais c'est à l'influence du traitement qu'il faut les attribuer. Cependant la plupart des auteurs ont admis comme symptômes de l'embarras gastrique, des selles fréquentes, diarrhéiques, soit muqueuses, soit bilieuses, suivant l'espèce de la maladie. C'est à l'observation ultérieure à nous éclairer définitivement sur ce point; mais, en attendant, ou doit reconnaître que ce symptôme est beaucoup plus rare que l'on ne pourrait le croire d'après la description des auteurs.
Ouel est au milieu de tous ces symptômes, l'état de la circulation? Sui les