‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 260 sur 306 · V . „!..„ il ™ ™t H flrvnl lf> r.mih PSl lOlliolirS l'CSté · texte numérisé non relu

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modérée, de très courte durée, et à cédé facilement aux moyens diriges

(l) Yoy. art. Gastrite.

EMBARRAS GASTRIQUE. — MARCHE. TUi

elle. Le mouvement fébrile n'est doue pas un symptôme essentiel de l'embarras gastrique, et lorsqu'il existe, il n'a qu'une médiocre importance. Une seule fois, en effet, le nombre des pulsations s'est élevé à 10k, une autre à 94, et dans les autres il n'a pas dépassé 80.

On a encore donné comme appartenant en propre à l'embarras gastrique une céphalalgie frontale gravative qui ne se dissipe ordinairement que lorsque, à l'aide d'un traitement convenable, on a fait cesser la maladie. Il n'est pas de médecin qui n'ait eu occasion de noter l'existence de cette céphalalgie; malheureusement, lorsqu'il s'agit de déterminer sa fréquence , on est embarrassé à cause de l'insuffisance des observations. M. Martin-Solon ne l'a signalée que dans deux cas. Dans les autres elle n'a pas attiré son attention, si ce n'est dans un où il a signalé son absence.

A ces symptômes se joignent dans quelques cas, un malaise général, deheourbature, le brisement des membres, rarement un peu d'insomnie.

L'état de la face est encore un point sur lequel les auteurs ont insisté. On a indiqué comme propre à l'embarras gastrique , décrit sous le nom d'embarras bilieux, la coloration jaunâtre des lèvres et des sclérotiques, et surtout du trait naso-labial. M. Martin-Solon n'a signalé cet état qu'une seule fois; dans un autre cas, la face était légèrement injectée. Ainsi donc, quoiqu'il soit certain que cet état de la face se montre clans l'embarras gastrique, nous ne pouvons pas dire dans quelle proportion des cas.

Nous n'avons point parlé, dans cette description, de la salivation, des aphthes, du hoquet, des douleurs des hypochondres, et d'un certain nombre d'autres symptômes mentionnés par les auteurs , parce que ces phénomènes , qui ne se montrent que dans un très petit nombre de cas, et qui sont tout à fait secondaires, n'ont pas été signalés dans les observations que nous avons rassemblées.

Quant aux urines, elles étaient presque toujours rares et sédiment euses, et cela même dans des cas que l'on pouvait rapporter à cette forme d'embarras gastrique désignée sous le nom de pituiteuse ou muqueuse, et dans laquelle, suivant quelques médecins, les urines sont pâles et sans sédiment.

Formes de l'embarras gastrique. — Devons-nous maintenant décrire séparément les diverses formes que l'on a cru voir dans l'embarras gastrique? Les auteurs ne s'étant pas expliqués sur ce point avec précision, on ne peut établir une pareille division sur des bases solides. Disons seulement que dans les cas où la bouche est fade, où la face est pâle ou naturelle , et où les matières vomies n'ont ni coloration jaune ni amertume, on dit qu'il y a embarras gastrique muqueux ou pituiteux ; que dans ceux, au contraire, où la face est jaunâtre, la bouche amère, les évacuations bilieuses, on dit qu'il y a embarras gastrique bilieux. Cette distinction n'a aucune importance pour le traitement.

§ XV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche de l'embarras gastrique est, comme nous l'avons dit plus haut, aiguë et généralement rapide. Lorsque les malades, sans employer le traitement évacuant, se mettent aux boissons acidulées, au repos et à la diète, il est ordinaire de voir cette affection se dissiper au bout de huit ou dix jours. Mais s'ils veulent se

forcer à prendre des alin.enls, à iravailler ; en un mot, s'ils ne prennent, aucune précaution hygiénique, la maladie peut se prolonger notablement, comme on le voit dans les observations de M. Marlin-Solon, où des sujets sont entrés à l'hôpital après vingt et vingt-sept jours de maladie. C'est sans doute cette prolongation des symptômes qui a fait croire à des auteurs que l'on pouvait rapprocher l'embarras gastrique de la gastrite chronique.

Nous venons d'indiquer la durée de la maladie dans les cas les plus ordinaires, et lorsque le traitement par les évacuants n'est pas mis en usage. Nous verrons à l'article du traitement combien les moyens de ce genre abrègent cette durée.

Quant à la terminaison, elle est constamment heureuse, et les médecins même qui ont confondu l'embarras gastrique avec d'autres états plus graves ont attribué la mort, dans le cas où elle est survenue, non pas à cet embarras gastrique luimême, mais à une fièvre grave dont l'affection qui nous occupe n'a été que. le prélude. Nous n'avons pas besoin de faire remarquer qu'en pareil cas on a pris pour de simples symptômes d'embarras gastrique les signes d'une autre affection à son début, et que par conséquent il y a eu erreur de diagnostic.

§ V. — Iiésions anatomiques.

Nous venons de dire que la terminaison de l'embarras gastrique est constamment heureuse; il s'ensuit donc qu'on n'a jamais pu constater l'état de l'organe malade, et que l'on ne peut rien dire sur les lésions anatomiques qui soit le résultat d& recherches positives. Mais, d'après la nature des symptômes, peut-on présumer celle des lésions? Plusieurs médecins, se fondant sur les troubles de la digestion, sur la douleur qui existe quelquefois à 1 epigastre, sur le léger mouvement de fièvre que l'on observe dans certains cas, n'ont pas hésité à voir, dans l'embarras gastrique, une véritable gastrite à un très faible degré d'intensité. Mais rien n'autorise à admettre l'existence d'une inflammation. Sauf les troubles de la digestion, les autres symptômes que nous venons de mentionner manquent dans un bon nombre de cas, et en outre nous verrons plus loin un simple vomitif faire promptement disparaître tous les accidents, ce qui ne paraît pas s'accorder avec l'existence d'une gastrite. Toutefois reconnaissons que ces raisons ne sont pas péremploires , que ce sont de simples présomptions, et suspendons notre jugement jusqu'à ce que des faits positifs viennent, si la chose est possible, nous éclairer sur ces questions obscures.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Si l'on admettait comme de véritables embarras gastriques les diverses maladies décrites par les auteurs, on éprouverait des difficultés insurmontables à établir le diagnostic. On comprend donc facilement l'incertitude dans laquelle la plupart d'entre eux se sont trouvés lorsqu'il s'est agi de distinguer l'affection qui nous occupe de toutes celles qui peuvent s'en rapprocher. En renfermant la maladie dans les limites que nous lui avons assignées, la question devient moins insoluble ; mais elle ne laisse pas de présenter encore des difficultés considérables. Rappelonsnous que M. Louis (1) nous a dit qu'ayant voulu comparer les cas d'embarras

(1) Recherches sur la fièvre typhoïde. Paris, 18 it.

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