COQUELUCHE. — MARCHE, DURÉE
principalement les attaches du diaphragme. On a noté aussi la pesanteur de la tête, la bouffissure de la face, un état de malaise plus ou moins marqué , l'accélération de la respiration et du pouls, le tremblement convulsif des membres; mais, ainsi que le fait remarquer M. Blachc, ces phénomènes ne s'observent que dans les quintes intenses, et ils n'ont qu'une courte durée.
L'état général ne présente rien de remarquable, lorsque la maladie est simple et qu'elle n'a pas eu déjà une très longue durée ; mais, dans le cas contraire, on observe soit les symptômes de la complication , soit des phénomènes qu'on ne peut rapporter qu'à la coqueluche elle-même. M. Blache a vu, dans des coqueluches de très longue durée, les enfants perdre leurs forces et tomber dans le dépérissement. Il a noté aussi des symptômes nerveux graves, du délire, de la lièvre, une tympanite que l'observation la plus attentive ne pouvait rapporter à aucune complication. Chez un enfant de treize mois, observé dans le service de M. Trousseau (1), il survint des convulsions suivies de mort.
Lorsque la maladie tend à la guérison, qu'elle est dans la période de déclin, le nombre des quintes diminue sensiblement ; en même temps elles deviennent moins longues et moins pénibles, et l'expectoration qui les termine se fait avec plus de facilité ; puis la toux devient plus grasse, elle perd en partie ce caractère quinteux qui caractérise la coqueluche, ou bien elle ne le présente que par moments , et enfin elle est remplacée par les symptômes d'un catarrhe ordinaire, qui ne tarde pas à se terminer, dans les cas simples, par le retour à la santé.
Les complications sont fréquentes chez les enfants affectés de coqueluche , tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Le catarrhe pulmonaire aigu et la pneumonie sont les complications les plus communes. Viennent ensuite la bronchite, les hémorrhagies, la tuberculisation, certaines hydropisies, la pleurésie, l'entérite, la méningite, etc. MM. Barthez et Rilliet, se fondant sur leur observation, n'ont point admis parmi les complications l'emphysème, que quelques auteurs ont voulu y faire entrer.
Tels sont les symptômes de la coqueluche observés spécialement chez les enfants. Mais nous avons vu plus haut que cette maladie s'observait aussi chez les adultes; il importe donc d'examiner si l'âge apporte quelques différences dans ces symptômes. M. Guibert est l'auteur qui s'est le plus occupé de cette question, et des faits qu'il a recueillis il a conclu que la principale différence était l'absence, chez les adultes, de l'inspiration sifflante, si remarquable chez les enfants. Mais cette différence n'est pas constante, et M. Guibert l'a reconnu lui-même , puisqu'il a observé un cas où l'inspiration sifflante était très marquée. M. Blache a cité un cas du même genre. Il n'en est pas moins digne de remarque que chez l'adulte un symptôme aussi caractéristique puisse manquer. On trouve naturellement, sous ce rapport, une analogie entre la coqueluche et le croup, dans lequel nous avons vu souvent manquer chez l'adulte les altérations de la respiration, les plus notables chez l'enfant. Chez l'adulte, Vinspiration est seulement prolongée dans la coqueluche.
S IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
Dans la grande majorité des cas, la coqueluche a une marche d'abord croissante, puis stationnaire, puis enfin décroissante. Quelquefois cette marche est plus irré- (1) Bulletin de therap., octobre 1847.
lly MALADIES DES VOIES RESPIRATOIRES.
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La dum de la maladie est, comme nous l'avons vu, très variable: bien rarement elle se termine en moins de quinze jours, et quelquefois elle se prolonge pendant deux mois ou même davantage. Quelquefois l'une des trois périodes est très courte, tandis que les autres sont très longues.
La terminaison de la maladie est très différente, suivant que la coqueluebe reste sunple ou se complique d'une autre affection. Dans le premier cas, elle se termine presque constamment d'une manière favorable. Cependant quelques médecins ont vu des enfants succomber au milieu même d'une quinte (1). Dans les cas de cornpbcations, la mort survient très fréquemment, surtout s'il se manifeste une maladie grave de poitrine, comme la pneumonie ou la phtbisie.
§ V. — Lésions anatoiniques.
On admet généralement aujourd'hui qu'il n'existe pas de lésions anatomiques propres à la coqueluche. Les inflammations des bronches , du poumon, des nerfs, pneumogaslriques, etc., qui ont été observées quelquefois, sont des complications ou de simples coïncidences. C'est ce qui a fait dire à la plupart des auteurs que la maladie est une véritable névrose des voies respiratoires. Sans entrer à cet égard dans une discussion qui ne pourrait nous conduire à rien de positif, je dirai seulement qu'on ne peut s'empêcher de reconnaître le caractère spasmodique de la maladie.
^ VI. — Diagnostic, pronostic.
Dans la très grande majorité des cas, le diagnostic de la coqueluche est facile. Cependant MM. Barthez et Rillict ont pensé qu'on pourrait la confondre avec la bronchite aiguë quinteuse, et la tuberculisation des ganglions bronchiques. Voici, d'après ces auteurs, quels sont les caractères qui peuvent servir à les distinguer. La coqueluche a ordinairement une période calarrhalc qui précède les quintes ; celles-ci se terminent par l'inspiration sifflante, l'expectoration filante et les vomissements. Quand l'affection est simple, elle est apyrétique, et la respiration est naturelle entre les quintes. Elle n'a lieu qu'une fois. Là bronchite aiguë quinteuse commence souvent d'une manière brusque par des quintes; celles-ci sont moins intenses, et ne se terminent pas par l'inspiration sifflante, l'expectoration filante et le vomissement; il y a une fièvre intense dès le début, du râle sibilant, muqueux, souscrépitant; ces symptômes sont continus. La maladie peut se reproduire a plusieurs reprises.
Quant à la tuberculisation des ganglions bronchiques, elle se distingue de la coqueluche en ce qu'elle n'est ni contagieuse ni épidémique, qu'elle n'a pas de périodes distinctes, que les quintes très courtes ne se terminent ni par l'inspiration
(1) Lancisi, De subitaneis morlibvs, lib. I, cap. xyiii. Rotnœ, 1707. —Combes Brassard, Essai sur les maladies des enfants. Paris, 1819.
sifflante, ni par l'expectoration filante, ni par le vomissement ; qu'il y a des sueurs, de l'amaigrissement, en un mol les signes de la phihisie; que parfois même le timbre de la voix est voilé. Ce second diagnostic a, connue on le voit, moitis d'importance que le premier.
TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC
1° Signes distinctifs de la coqueluche et de la bronchite aiguë avec Quintes.
COQUELUCHE
Catarrhe initial.
Quintes terminées par V inspiration sifflante, l'expectoration filante et les vomissements.
Affection apyrétique dans l'état de simplicité.
Respiration naturelle. Murmure respiratoire pur dans l'intervalle des quintes.
N'attaque les sujets qu'une fois.
Symptômes intermittents.