‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 27 sur 306 · BRONCHITE A1GUE QUINTEUSE · texte numérisé non relu

BRONCHITE A1GUE QUINTEUSE

Souvent début brusque par des quintes.

Quintes moins intenses ; pas d'inspiration sifflante, d'expectoration filante, ni de vomissements.

Fièvre intense dès le début.

Divers râles dans la poitrine.

Peut attaquer les sujets plusieurs fois. Symptômes continus.

2° Signes distinctifs de la coqueluche et de la tuberculisation des ganglions

bronchiques.

COQUELUCHE

Affection contagieuse, souvent épidémique.

Quintes prolongées, se terminant par l'inspiration sifflante, l'expectoration filante et le vomissement.

Point de symptômes généraux dans les cas simples.

Voix naturelle.

TUBERCULISATION DES GANGLIONS BRONCHIQUES.

Ni contagieuse, ni épidémique.

Quintes très courtes, non terminées par l'inspiration sifflante, l'expectoration filante et le vomissement.

Symptômes de fièvre hectique.

Dans quelques cas, voix altérée.

Pronostic. — Toute la gravité du pronostic dépend de l'existence des complications. Le médecin devra donc observer très attentivement la marche de la maladie, et examiner avec soin toutes les fonctions et tous les organes. L'existence de la fièvre et de symptômes généraux dans l'intervalle des quintes devra surtout éveiller son attention, car elle le mettra presque toujours sur la voie d'une complication. En général, la maladie offre d'autant plus de danger que le sujet est plus jeune et plus faible; mais peut-on, d'après certains symptômes ou d'après la marche de la maladie, juger de sa gravité? M. Trousseau a noté qu'en général la durée de l'affection était d'autant plus grande que le catarrhe initial s'était plus prolongé. Cependant c'est là une règle qui souffre de nombreuses exceptions. Enfin, tous les auteurs ont constaté que la coqueluche est beaucoup plus grave à l'état épidémique qu'à l'état sporadique, caractère commun à toutes les affections.

S VII. — Traitement.

Un très grand nombre de médicaments ont été recommandés dans la coqueluche, mais nous n'avons aucun travail d'observation qui puisse nous guider d'une manière bien sûre dans l'appréciation de ces divers moyens. D'un autre côté

7f' MALADIES DES VOIES RESPIRATOIRES.

comme on l'a vu le nombre des observations qu'on peut se procurer dans les au eurs est trop limité pour que de leur relevé il puisse résulter qj^j££ bien posM Bornons-nous donc à exposer les diverses médications suTv!e en méTirée P mTlent C0llcS qui paraissent fondées sul' l'expérience la plus

Émissions sanguines. ^ Les auteurs qui ont attribué la coqueluche au développement d une bronchite ou d'une pneumonie ont naturellement recommandé les émissions sanguines. Sydenham, Huxham et Gullen préconisent ce moyen D'un autre côté, MM. Barthez et RiUiet, se fondant sur l'absence de toute inflammation dans les cas simples, pensent que les saignées et les applications de sangsues, quelque répétées qu'elles soient, ne peuvent ni prévenir ni arrêter la coqueluche. Comment se prononcer en l'absence de l'analyse exacte d'un nombre suffisant de faits' Faut-il admettre, avec quelques auteurs, que dans certaines épidémies de coqueluche la sa.gnée est très utile, tandis qu'elle est très nuisible dans d'autres' Mais qui nous prouve que ces auteurs n'étaient point dans l'erreur? Tant de causes ont pu les tromper, qu'il est bien permis d'avoir des doutes à cet égard. Ce que nous avons dit de la saignée générale s'applique aux saignées locales. Les uns veulent qu'on fasse des saignés dérivatives : ainsi Albert de Bonn recommande de pratiquer les émissions sanguines aux extrémités; d'autres, au contraire, veulent qu'on les applique directement sur la poitrine, et quelques-uns, comme Boisseau (1), ayant remarqué la congestion qui a lieu vers la tète, conseillent d'appliquer les sangsues sur les tempes. Aujourd'hui les auteurs n'attachent qu'une très médiocre importance aux émissions sanguines dans les cas non compliqués.

Antispasmodiques. — Dans une maladie caractérisée par des spasmes si violents, on a dû nécessairement recourir à la médication antispasmodique ; aussi un très grand nombre d'auteurs ont-ils mis en usage ces médicaments, dont les uns ont dit beaucoup de bien et les autres beaucoup de mal, sans qu'il soit possible de donner raison aux uns plutôt qu'aux autres. Le musc , le camphre et le castoréum ont été quelquefois administrés, mais moins souvent que Yasa fœtida et l'oxyde de zinc. C'est M. Kopp (2) qui a le plus insisté sur l'emploi de l'asa fœtida. Voici comment il l'administre :

If Asa fœtida 4 gram.

Mucilage de gomme arabique. 30 gram.

Sirop de guimauve 30 gram.

F. s. a. une mixture. A prendre par cuillerées à café, de deux en deux heures, chez les enfants de trois à quatre ans. On augmentera ou l'on diminuera modérément la dose chez les enfants plus ou moins âgés.

Le docteur Caspari (3) a mis en usage une formule à peu près semblable. Ces deux auteurs assurent avoir retiré de bons effets de ce médicament, qu'il doit être assez difficile de faire prendre aux enfants ; aussi iM. Kopp l'adminislre-t-il à ceux qui sont âgés de plus de quatre ans, sous forme de pilules, ainsi qu'il suit :

'if Asa fœtida G gram. | Mucilage dégomme arabique Q. s.

(1) Dictionnaire abrégé des sciences médicales, t. V.

(2) Arch. gén. de méd., t. XVI, p. 289.

(3) Journal de méd. etdechir. prat., t. VII, p. 374.

COQUELUCHE

TRAITEMENT. 77

F uies 30 pilules Dose : deux, Irois fois par jour. On pourrait encore, chez les enfants très' jeunes, faire avaler ces pilules dans une petite quantité de confiture.

Colle formule est consignée dans l'ouvrage de MM. Barthez et Rilliet ; les mêmes ailleurs rapportent que le docteur Samel prescrit matin et soir un lavement contenant de 60 à 120 centigrammes d'asa fœtida.

L'oxyde de zinc a été mis en usage par un très grand nombre d'auteurs, et notamment parHufeland, Kleing, Starke, et plus récemment par Guersant (1); mais encore ici nous n'avons pas de faits suffisants sur lescpiels nous puissions asseoir notre jugement. C'est pourquoi je me borne à indiquer cette médication, afin que le praticien puisse la tenter de nouveau. Je ne dirai rien des autres antispasmodiques, tels que la gomme ammoniaque, la liqueur de Mindererus , etc. , pour les mêmes raisons. L'éther a été administré clans le but de dissiper les quintes ; mais l'observation ne nous a pas encore appris quel est son degré d'efficacité. Guersant (2) employait comme adjuvant les frictions sur la partie autérieure de la poitrine avec l'essence de térébenthine. Rien ne nous démontre que les résultats en soient très importants.

L'oxyde de zinc doit être administré, suivant le précepte de Guersant et de M. Blache, à la dose de 1 décigramme, toutes les deux ou trois heures, sans toutefois dépasser 75 centigrammes ou 1 gramme dans les vingt-quatre heures, car alors il agit comme purgatif (loc. cit.).

Narcotiques. — Les narcotiques sont presque constamment mis en usage dans le traitement de la coqueluche. Il est assez difficile de se prononcer sur les avantages et les inconvénients de Yopium ; les uns l'ont fortement préconisé, et les autres , tels que J. Frank et Brachet , ne lui attribuent qu'une efficacité fort équivoque. M. Berndt de Greisfwald (3) , M. W. Meyer {h) et M. Baïé (5) ont employé les sels de morphine par la méthode endermique, à la dose de 0,030 à 0,060 grain. , et, disent-ils, avec succès.

Quanta la belladone, elle a eu, surtout dans ces dernières années, une bien plus grande réputation. Hufeland la regarde presque comme un spécifique : il conseille de l'administrer du quinzième au vingtième jour de la maladie. M. Raisin assure l'avoir vue toujours calmer la toux , diminuer la fièvre , procurer un sommeil plus paisible. Ce médicament a été si généralement recommandé, qu'on est naturellement porté à lui attribuer une efficacité réelle. Ordinairement on le prescrit de la manière suivante :

1° Pour un enfant de moins de deux ans :

Belladone en poudre 0,40 gram. | Sucre eu poudre 1 gram.

Mêlez. Faites trente paquets. A prendre un par jour.

2° Pour un enfant de deux ans, on administrera deux paquets. Pour un enfant de six ans, quatre, etc.

(1) Bulletin des sciences médicales de Fe'russac, septembre 1828.

(2) Journal deméd. el de chir. prat., 1834.

(3) Jahresbericht iiber die Fortschrille der gesam. Medic. iii ail. Land. Heraues. von Canstatt. °

(4) flust's Magasine fur die gesammle Ileilkunde, t. XXVIII. (.-i) Journal de méd. et de chir. prat., t. VI, p. 38.

^ Cél'at 30gram. | Extrait de belladone 8 gram.

Mêlez exactement. Faites une friction deux fois par jour.

M. Miquel de Neuerhaus accorde une grande confiance à la belladone; mais à 1 exemple d un grand nombre d'auteurs , il établit une grande différent enïe'îa racine fraîche et la racine desséchée : la première, en effet, a beaucoup plus Ïac mue, puisque 0,05 gram. suffisent pour causer de l'agitation chez Un enfLt de moins de deux ans. Cet auteur conseille (1) d'administrer la be.ladone à d s croissante, jusqu'à ce qu'd y ait un narcotisme commençant; puis il la mminu

s~r Le docteur Kahieiss (2) assode ia beiiadon ^ïïs

^ Racine de belladone 0,20 gram.

Poudre de Dower 0,50 gram.

Pleurs de soufre lavées 5 granl4

Sucre blanc pulvérisé 8 gram.

terTutnU'âge' " ^ t0Ut6S ^ à deUX a,ls; a^me"-

Entre chaque prise une cuillerée à café de la potion suivante :

* sir^i~::::::::: 3°^:|A^p-SiquedevauqueHn.

Mêlez.

Les effets ne se manifestent parfois qu'au bout de cinq ou six jours. M. le docteur Levrat Perroton (3) conseille, contre la coqueluche, la potion suivante :

Ifi Eau distillée de laitue. ... 125 gram. — de fleur d'oranger. ... 8 gram.

Sirop de pivoine 30 gram.

A prendre par cuillerées d'heure en heure.

Sirop de belladone 8 gram.

Ammoniaque liquide 6 gouttes.

Il cite quatre observations peu concluantes :

Les préparations précédentes suffisent pour l'emploi de ce moyen, que M. Trousseau regarde comme simplement palliatif. Cependant on peut encore mettre en usage les fumigations, telles qu'elles ont été indiquées à l'article Laryngite.

La ciguë a également joui d'un grande réputation. Suivant M. Amstrong, elle réussit dans la coqueluche parvenue h la deuxième et à la troisième période. Voici de quelle manière ce médecin l'administre :

If Extrait de ciguë 1 gram. j Eau commune 150 gram.

Eau de menthe 150 gram. | Sucre blanc 70 gram.

Mêlez. Dose : une cuillerée à café toutes les heures.

(1) Arch fur médis. Erfahrung. Berlin, 1829. (2i Journal de Hufeland, 1830.

(3) Revue médicale, juin 1844.

Dans une épidémie de coqueluche qui régna à Varsovie, Schlesinger (1) dil avoir obtenu le plus grand succès en administrant la ciguë unie au tartre slibié. Voici comment il composait ce mélange :

7fi Tarlre stibié 0,05 grain.

Dissolvez dans :

Eau 60 gram.

Délayez ensuite dans ce liquide :

Extrait de ciguë 0,10 gram.

Édulcorez avec :

Sirop de framboise ; 15 gram.

A prendre en deux jours.

L'eau distillée de laurier-cerise et Yacide hydrocyanique ont été exaltés par quelques-uns et proscrits par d'autres. Il s'ensuit que les doutes les plus grands régnent sur leur efficacité ; et comme ces médicaments, et surtout le dernier, peuvent offrir de graves inconvénients, il est inutile d'eu embarrasser le traitement.

Vomitifs. — Les vomitifs ont toujours été en honneur dans le traitement de la coqueluche. Laennec leur accordait une si grande confiance, qu'il voulait qu'on les répétât tous les jours, ou au moins tous les deux jours. Guersant place les vomitifs au premier rang des médicaments opposés à la coqueluche. Tout récemment M. Trousseau les a employés avec un grand succès, et il a vu qu'ils diminuaient très notablement le nombre des quintes, ainsi que Guersant l'avait annoncé d'une manière générale. V ipécacuanha est le vomitif le plus souvent employé chez les très jeunes enfants,

On donne le sirop d'ipécacuanha par cuillerée à café, de quart d'heure en quart d'heure, jusqu'à ce qu'il y ait eu de quatre à six vomissements. A un âge plus avancé, on peut l'administrer de la manière suivante :

¥ Ipécacuanha en poudre. . 0,50 gram.

Divisez en trois paquets. A prendre de quart d'heure en quart d'heure.

Enfin, « un âge plus avancé encore, M. Trousseau a prescrit la potion suivante i

% Tartre stibié 0,05 gram. I Sirop de sucrë 1S enm

Eau 100 gram. | 6 ' '

A prendre par cuillerées à café, jusqu'à ce qu'il y ait eu quatre ou cinq vomissements.

Le sulfure de potasse a, comme on le sait, une vertu vomitive ; peut-être est-ce a cette propriété qu'il faut attribuer ses bons effets dans la coqueluche. M. Blanc [2) 1 a administré principalement dans le but de modifier l'expectoration, qui est for-

(1) Bibliothèque médicale, t. LVIII.

(2) Journal de méd. et de chir. prat., t. Il, p. 134.

80 MALADIES DES VOIES KESP1UAT01HES.

lement salée, cl qui produit par là l'irritation des bronches, cause de tous les accidenis. Il cite deux observations à l'appui de cette assertion. Voici comment il administre le sulfure de potasse :

Pour les enfants au-dessous de deux ans, 0,08 gram.; de deux à cinq, 0,10 gram. - de cinq a dix, 0,15 gram. ; de dix a quinze, 0,30 gram. ; et au-dessus de quinze ans, 0,45 à 0,50 gram. ^ ' '

Incorporez le médicament dans une suffisante quantité de miel. A prendre en une fois.

Le sulfure de potasse étant une substance qui est loin d'être innocente, on sent qu'il faudrait, pour en démontrer l'efficacité, des faits plus nombreux et plus positifs.

Le docteur Cajetan-Vachlt, de Vienne (1), a dit avoir employé avec un grand succès la potion suivante :

r)f Cochenille 1 gram.

Bitartrate de potasse 1 gram.

Sucre. , 30 grain.

Eau bouillante 200 gram.

Faites dissoudre. Dose : une forte cuillerée à café trois fois par jour, d'abord; puis augmenter. Ne préparez la potion que pour un ou deux jours, car elle s'altère facilement.

M. Bermewitz, de Berlin (2) a également vanté cette préparation que j'indique afin qu'on puisse l'expérimenter.

Suivant M. Dumont, de Gand (3), le gui de chêne employé dans la coqueluche a des effets avantageux tels, qu'on peut les observer déjà au bout de vingt-quatre heures. C'est encore un sujet d'étude pour le praticien.

M. le docteur J. Guyot (U) conseille le café à l'eau qu'il administre comme il suit : (

« Le café à l'eau, chaud et bien sucré, dit M. Guyot, donné à la dose d'une cuillerée à café jusqu'à deuv ans, d'une cuillerée à conserve jusqu'à quatre, et d'une cuillerée à bouche au delà de cet âge, guérit, dans l'espace de deux à quatre jours au plus, les coqueluches les mieux caractérisées et les plus opiniâtres. Pour obtenir une guérison prompte et durable de cette affection, il importe de joindre à l'usage du café, répété deux fois au moins et trois fois au plus par jour, immédiatement après le repas, l'usage d'une alimentation composée de viandes grillées ou rôties, hachées menu, si l'enfant ne peut bien les broyer par la mastication ; de diminuer l'usage du lait, de supprimer celui des fécules, sucreries, fruits, etc.

» Toutefois nous devons dire que le café paraît présenter dans cette maladie un caractère tellement énergique, que son usage seul suffit à la guérison. »

Déjà M. Blache avait fait usage du café dans la coqueluche. Mais il ne paraît pas qu'il en ait obtenu des effets aussi avantageux. M. le docteur Cerise (5) a aussi administré le café à quatre enfants, et n'a obtenu qu'une amélioration passagère.

(1) Oeslerreichische medicinische Jahrbucher, 1843.

(2) Casper's Wochenschrifl fur die gesammte Heilkunde, 1844.

(3) Bulletin de thérap., septembre 1846.

(4) Union médicale, avril 1849.

(5) Union médicale, 28 avril 1849.

M. Délayes (1) emploie concurremment le café, V ipécacuanha et la belladone, qu'il administre comme il suit :

Café torréfié. 50 gram.

Traitezpardéplacement, au moyen de l'eau bouillante, de manière à obtenir 1000 grammes de liqueur. Faites dissoudre dans cette liqueur :

Extrait alcoolique de belladone. 10 gram. | Extraitalcoolique d'ipécacuanha. 10 gram.

Ajoutez :

Sucre 1 kilogr.

Faites fondre au bain-marie et filtrez. Dose: 13 grammes le malin, autant à midi et 30 grammes le soir. Au-dessous de trois ans la dose est moitié moindre.

Quelle est dans cette médication l'influence de chacune des substances employées? C'est ce qu'il n'est pas possible de dire.

Purgatifs. — Les purgatifs sont généralement regardés comme ayant moins d'avantages que les vomitifs. Un très grand nombre de ces médicaments ont été prescrits sans qu'il nous soit possible de distinguer quels ont été leurs effets. Le calomel est celui qui jouit de la plus grande réputation, surtout en Angleterre. Les purgatifs ne présentent d'ailleurs rien de particulier dans leur mode d'administration.

Sous-carbonate de fer. — Parmi les préparations ferrugineuses, le sous -carbonate de fer est à peu près la seule qui ait été employée. Le docteur Steyman lui donne de grands éloges; mais comme il l'a administré en même temps que les calmants et les vomitifs, il est impossible de distinguer dans ses observations quel est le médicament, qui a vraiment agi. Voici comment ce médecin donne le sous-carbonate de fer :

# Sous-carbonate de fer. . 1,25 gram. | Sucre blanc q.

Mêlez. Divisez en dix paquets. Dose : un paquet toutes les trois heures, pour les enfants A un a trois ans ; augmenter la dose proportionnellement à l'âge.

On a été jusqu'à proposer la vaccination comme un remède contre la coqueluche. Des observations ont été publiées dans le but de prouver l'efficacité de ce moyen (2), mais on voit bientôt par leur lecture que rien n'est moins certaincar, dans tous les cas, la maladie a duré assez longtemps pour pouvoir se terminer spontanément.

Le docteur Verhaeghe (3), d'Ostende, conseille le séjour aux bords de la mer et 1 usage des bains de mer. Il cite quelques observations qui sont de nature \ engager le praticien h avoir recours à ce moyen. Quelle est la part, clans ce'traite' nient, du simple changement de lieu? C'est ce que l'on ne saurait dire; etcenendmt il ne doit pas être nul, puisque dans d'autres circonstances il a été très évident

Le docteur A. Berger (k) a employé le nitrate d'argent à la dose d'un seizième

(1) ■humai des connaissances mcd.-chir., 15 janvier 1850

(2) The médical Gazellle of London, 1833.

(3) Journ. de méd. de Bruxelles, 1848.

W Voy. Journaldcs connaissances méd.-chir., lSjanvicr 1850. Valleix, 4e édit. - III.

82 MALADIES DES VOIES llKSiURATOMJSS.

ou d'un douzième de grain, d'abord D ois lois, puis quatre ibis par jour. C'est encore un de ces moyens pour lesquels il faut faire appel à l'expérience.

Le docteur Durr (1) a employé un mélange de tannin et de fleurs de benjoin déjà conseillé par le docteur Geigel, de Wurtzbourg (2). Il le donne sous forme de poudre, ainsi composée :

* ïî^ebenjoin: |de O.OaiO.OSgr.n,. | W can *»*W*« 8,50 gran,

Mêlez. Un paquet toutes les deux heures. Chez les enfants de sis mois à un an on ne donne qu'un paquet matin et soir.

M. Pavesi (3), dans une épidémie de coqueluche qui a régné à Candie, a employé la cochenille, qu'il administre de la manière suivante :

"¥ Cochenille 0,50 gram. I Sucre en poudre 30 eram

Carbonate dépotasse 0,50 gram. I Eau » . , , 120 grain.

Mêlez. A prendre par cuillerées toutes les deux heures.

Sous l'influence de cette substance, les accès, dit-il, ont perdu de leur fréquence et de leur intensité.

Cautérisation pharyngo -laryngienne. — Récemment M. le docteur Eben Watson(û) a employé comme moyen principal la cautérisation de la membrane pharyngolaryngienne à l'aide de la solution suivante :

% Eau distillée 35 gram. | Nitrate d'argent cristallisé. . . 0,75 gram.

Cette cautérisation se fait à l'aide d'une petite éponge solidement fixée sur un cathéter qu'on porte jusqu'à l'épiglolte.

Depuis, M. le docteur Joubert (5) a employé ce moyeu, et il cite uii grand nombre de guérisons obtenues par cette médication.

Suivant M. Watson, qui rapporte un grand nombre d'observations à l'appui, cette cautérisation, employée pendant huit ou dix jours, a fait constamment disparaître la maladie. Ce résultat est de nature à recommander fortement cette médication.

Nous pourrions multiplier presque à l'infini les citations des divers moyeus employés contre la coqueluche; nous pourrions indiquer l'emploi du datura, de la douce-amer e, de la jusquiame : narcotiques qui agissent à peu près de la même manière que ceux dont il a déjà été parlé ; nous aurions à signaler des excitants comme la menthe, des irritants comme la lobelia inflata; nous pourrions faire entrer dans cette énumération la chaux, le safran, le narcisse des prés, le gland de chêne, etc. ; mais les auteurs ne nous ayant appris absolument rien de positif à leur égard, ce serait plutôt embarrasser le traitement de la coqueluche que le

(1) Journ. fur Kinderkrankheiten, 4 Si S.

(2) Voy- Journal des connaissance méd.-chir., 15janvier 1850.

(3) Giornale délia Accad. med.-chir. di Torino, et Bull. gcn. de thèr., 30 juillet 1850. (i) Dublin médical Press, 2 janvier 1850.

(5) liecueil des travaux de la Soc. méd. du départ, d' Indre-et-Loire, V et 2° trimestre 1851, et Union médicale, 9 décembre 1851.

servir. Nous allons donc nous contenter d'ajouter quelques mots sur les révulsifs et sur le quinquina, dont un grand nombre d'auteurs ont vanté les bons effets.

Révulsifs. — On a appliqué des vésicatoires plus ou moins répétés sur les parois de la poitrine ; des frictions faites avec la pommade d' Autenrieth, avec Y huile de croton tiglium, avec Yessence de térébenthine, ont été pratiquées par un grand nombre de médecins et surtout par les médecins allemands. Mais : 1° il est impossible de trouver dans les faits des preuves réelles de l'efficacité de ces moyens ; et 2° quant à quelques-uns d'entre eux, les frictions émétisées entre autres, ils ont quelquefois des inconvénients très graves. M. Blache cite des cas observés par M. Constant, et qui sont de nature à faire repousser un semblable moyen.

Quinquina. — Les accès que présente la coqueluche ont pu suggérer l'idée de donner le quinquina comme antipériodique; mais c'est généralement comme tonique qu'on l'a prescrit. Il est surtout administré lorsque la maladie, se prolongeant audelà du terme ordinaire, les forces du sujet sont abattues et la peau décolorée. Ici nous avons encore à appliquer les réflexions faites si souvent à l'occasion des moyens précédents.

Aujourd'hui c'est le sulfate de quinine qu'on administre ordinairement à doses réfractées , c'est-à-dire de 3 à 5 centigrammes toutes les quatre ou cinq heures » suivant l'âge des sujets.

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