‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 264 sur 306 · HÉMOPTYSIE · texte numérisé non relu

HÉMOPTYSIE

Sang rouge, spumeux, dans le plus grand nombre des cas.

Sang rejeté à la suite d'efforts de toux plus ou moins considérables.

Pas de malilé dans la région épigastrique. Sang pur ou mêlé aux crachats.

Après l'hémorrhagie, selles naturelles.

Mie sous-crépitant dans une plus ou moins grande étendue de la poitrine.

3° Signes

distinctifs de la gastrorrhagie idiopathique et de la gastrorrhagie symptomatique.

GASTRORRHAGIE IDIOPATHIQUE.

Troubles de la digestion nuls ou ne datant que de très peu de temps.

Pas de dépérissement marqué.

Pas de signe de tumeur cancéreuse de l'estomac.

GASTRORRHAGIE SYMPTOMATIQUE.

Troubles plus ou moins prolongés de la digestion.

Dépérissement plus ou moins profond.

Douleur, tumeur à l'épigastre.

Nous savons combien ce dernier diagnostic est incertain ; aussi nous ne le donnons que comme une expression très générale des faits, et nous engageons le lecteur à ne pas oublier toutes les restrictions que nous y avons précédemment apportées.

Nous n'avons pas besoin de rappeler ici les caractères propres à faire reconnaître la gastrorrhagie supplémentaire, mais nous allons indiquer les signes de la gastrorrhagie, lorsque le sang s'accumule dans* l'estomac sans être rejeté au dehors.

U° Signes qui indiquent que l'hémorrhagie continue lorsque le vomissement de

sang a cessé.

Anxiété, malaise, pesanteur, fluctuation, douleur dans la région épigastrique.

Refroidissement des extrémités, horripilations, sueurs froides et visqueuses.

Affaiblissement, lipothymies, syncopes.

Pouls petit, misérable, filiforme.

Son mat plus ou moins étendu à la région épigastrique.

Pronostic. — L'hémorrhagie gastrique est considérée par tous les médecins comme très grave. Nous avons cité quelques cas où, sans être supplémentaire, le vomissement de sang s'est reproduit pendant longues années avec conservation de la santé; mais ces cas doivent rire regardés comme tout a fait exceptionnels. L'hémorrhagie supplémentaire des menstrues est la moins grave de toutes, puisque, dans les cas que nous avons rassemblés, elle s'est terminée par la guérison. Mais

/DU MALADIES DES VOlliS D1GESTIVËS.

il faut prendre garde de porter un pronostic favorable avant d'avoir bien étudié là maladie; chez des femmes cancéreuses, par exemple, les menstrues peuvenl se supprimer, et alors si l'hémorrhagie gastrique survient, on peut croire à un flux supplémentaire; mais bientôt les progrès de la maladie viennent Caire voir qu'on s'était livré à un espoir mal fondé. Dans d'autres cas, l'hémorrhagie due à une lésion de l'estomac a empêché les règles de se produire à une époque ordinaire, et c'est encore là une source d'erreurs. Il en résulte qu'on ne doit avoir de véritable sécurité que lorsque la gastrorrhagie, ayant lieu à des époques fixes, s'est montrée pendant assez longtemps sans altérer la santé, ou, à plus forte raison, en apportant un soulagement notable. Ces réflexions s'appliquent à la gastrorrhagie survenant dans le cours de la grossesse.

§ VU. — Traitement.

Il est bien peu d'auteurs qui se soient occupés d'une manière particulière du traitement de la gastrorrhagie. Presque tous renvoient le lecteur au traitement des hémorrhagies en général. On conviendra cependant qu'il vaut mieux exposer, à propos de chacune de ces affections, les médications que l'on a dirigées contre elles, puisque chacune a des caractères propres, et que le traitement qu'elles exigent doit varier, sinon dans son essence, du moins dans son mode d'application. D'ailleurs a-t-on le droit d'établir des préceptes généraux, lorsqu'on n'a pas encore songé à se livrer à une étude suffisante des faits particuliers ? Nous croyons donc devoir, dans cet article, entrer dans un assez grand nombre de détails.

Émissions sanguines. — On a, dans celle hémorrhagie, comme dans toutes les autres, mis en usage les émissions sanguines ; mais ici se présente d'abord une question particulière : presque tous les auteurs recommandent de n'employer ce moyen que dans les cas de gastrorrhagie active; or, si leur précepte est juste, il est extrêmement difficile de décider si une hémorrhagie, dans certaines circonstances, est active ou passive. Il vaut mieux, par conséquent, considérer, dans l'emploi de ce moyen, quel est L'état du malade et quelle est la cause de la maladie. Si le sujet est vigoureux, pléthorique, s'il s'agit d'une hémorrhagie supplémentaire, dans laquelle la perte du sang, trop abondante, paraît exiger une dérivation, on peut avoir recours à la saignée plus hardiment que dans d'autres cas : c'est du moins là ce que nous enseignent les auteurs, car on est bien loin d'avoir fixé d'une manière positive la valeur de la saignée dans la gastrorrhagie.

Si l'on veut avoir la preuve de ce que j'avance, on n'a qu'à parcourir ce que les observateurs nous ont appris à ce sujet. Les uns, tels que Bang (1), Fr. Hoffmann (2), Stork (3), et un bon nombre des auteurs qui les ont suivis, veulent qu'on emploie la saignée générale avec assez de hardiesse; d'autres, tels que Tissot (li), Quarin (5), n'accordent pas une grande influence à ce moyen de traitement et en redoutent les effets débilitants. Il est possible que si, au lieu de parler

(1) Praxis medica.

(2) Opéra omnia, thes. mcd., Devomil. cruenl., suppl. sec. Oen., 1

(3) Krankh. der Weibe, vol II.

(-i) Œuvres complètes publiées parN. llallé. Paris, 1810, t. V.

(o) Observations sur les maladies chroniques, trad. par Samte-Mane.

G-ÀSTROKBHAGlEî — TRAITEMENT. 7G1

de toules les gastrorrhagies d'une manière générale, ces auteurs avaient eu égard aux différents cas, leurs conclusions auraient été un peu différentes; mais il n'en est pas moins vrai qu'il n'y a rien de positif sur la valeur de la saignée générale.

La saignée générale doit-elle être peu abondante et fréquemment répétée, comme le voulait Sauvages, ou bien doit-on chercher, par une saignée copieuse, à détourner le sang qui se porte vers l'estomac ? On comprend que la réponse à ces questions ne sera possible que lorsqu'on pourra la chercher dans un nombre considérable d'observations exactes : toutefois on peut dire d'avance que les effets favorables de la saignée ne sont pas si bien mis hors de doute, qu'on soit autorisé à tirer tout à coup une grande quantité de sang dans une affection où l'anémie peut survenir avec une grande facilité. Quant au côté où l'on doit ouvrir la veine, on ne croit plus aujourd'hui, comme autrefois, qu'il faille choisir le côté gauche, lorsque la rate est malade.

On a appliqué fréquemment, dans les cas de gastrorrhagie, des sangsues à l'anus, dans le but d'opérer une dérivation. On cite, à ce sujet, un cas observé par Lespagnol, et dans lequel la guérison du vomissement de sang est attribuée à cette application. Mais on sent qu'un seul cas ne peut servir à décider la question, quelque frappant qu'il paraisse d'ailleurs. Vingt à trente sangsues sont suffisantes. Parmi les observations que nous avons rassemblées, il en est quelques-unes où ce moyen a été mis en usage, sans qu'il ait paru avoir aucun effet immédiat digne de remarque. Les ventouses scarifiées sont appliquées sur la région épigastrique, et l'on peut rapprocher de ces moyens les ventouses sèches, qui tendent à attirer le sang vers la peau. Les ventouses sèches peuvent être appliquées soit sur l'épigastre, soit sur les côtés de la base de la poitrine, soit sur le dos.

Réfrigérants. — Les moyens de ce genre appliqués à toutes les hémorrhagies n'ont point été oubliés clans la gastrorrhagie. Ici on peut faire parvenir directement les réfrigérants sur le siège du mal; c'est dans ce but qu'on a prescrit l'eau froide en boisson et la glace fondue dans la bouche ; mais ordinairement on ne se contente pas de cette ingestion d'un liquide froid, et l'on applique encore de la glace sur l'épigastre. Les anciens, au rapport de Pittschaft, faisaient appliquer sur le larynx une vessie remplie d'eau à la glace. Ce moyen serait l'analogue de l'application du froid sur les testicules, dans les cas d'épistaxis (1). Quoique les observations ne puissent pas nous apprendre quel est l'effet positif du froid dans la gastrorrhagie, on ne saurait se dispenser de l'employer, à cause de son effet dans les cas du même genre ayant pour siège d'autres organes. Fr. Hoffmann cite xm cas dans lequel l'immersion des pieds et des mains dans l'eau froide arrêta une hématémèse assez considérable.

Acides. — Les acides ont dû nécessairement être employés dans la gastrorrhagie; aussi les voyons-nous dès longtemps recommandés. Si l'on pouvait établir d'une manière certaine une distinction entre les gastrorrhagies active et passive, on trouverait probablement que les acides conviennent surtout dans cette dernière ; mais en l'absence de renseignements précis, on ne peut présenter que des généralités.

Parmi les acides végétaux, ce sont principalement le suc du citron, le vinaigre

(1) Voy. t. II, art. Épislaxis.

étendu d'eau ou oxyerat, le suc de grenade , qui ont été mis en usage. iMarx recommande l'usage de Veau saturée de gaz acide carbonique : ce médicament peut avoir à la fois pour effet d'arrêter l'hémorrhagie et de s'opposer au vomissement

Les acides minéraux, qui ont été principalement recommandés par Vicat et Vogel, sont encore plus fréquemment employés. Nous nous contenterons de renvoyer pour les doses et les formules, à l'article Épistaxis, tome II, où elles ont été exposées. J. Frank affirme avoir obtenu des effets étonnants du mélange de la pulpe acidulé de tamarin avec la gomme arabique unies comme U suit :

Of Pulpe de tamarin 60 gram. , Sucre blanc 10 gram.

Gomme arabique 12 gram. j

Chauffez avec suffisante quantité d'eau, pendant quelque temps ; passez. Soixante grammes toutes les deux heures.

J. Frank n'apporte aucune observation à l'appui de ce traitement.

Astringents. — Parmi les astringents, il n'en est aucun qui ait été plus souvent employé que Y acétate de plomb. DéjàBarthold (1) avait recommandé ce médicament qu'il administrait sous forme de poudre de la manière suivante :

If Acétate de plomb 0,20 gram. | Gomme arabique 4 gram.

Mêlez avec soin. Divisez en douze parties égales, dont on prendra trois par jour.

Denton (2) a prescrit l'acétate de plomb à des doses considérables, puisqu'il recommandait la formule suivante :

If Extrait sec de ciguë 0,25 gram. | Acétate de plomb 0,15 gram.

Mêlez. Prendre cette dose toutes les deux heures.

D'autres fois on a administré ce médicament sous une autre forme : c'est ainsi que Laidlaw a préconisé, contre l'hématémèse, la potion suivante où l'acétate de plomb est uni à d'autres substances également recommandées.

If Acétate de plomb 0,80 gram. I Acide acétique affaibli 60 gram.

Teinture d'opium 4 gram. | Eau distillée 80 gram.

Mêlez. Une cuillerée à bouche toutes les quatre heures.

Il est fâcheux que l'insuffisance des observations ne permette pas de rechercher quels sont les effets réels de ce médicament et quels inconvénients il peut avoir.

Il serait facile d'augmenter la liste des médicaments de ce genre en citant la pratique des médecins des siècles passés qui employaient le corail rouge, la terre sigillée, le bol d'Arménie, etc. ; mais ces médicaments n'ont pas assez d'importance pour que nous revenions sur ce qui a été dit à propos de l'épistaxis. Il en est d'autres, au contraire, dont il importe de parler : ce sont le ratanhia, Y ergot de seigle et le tannin.

(1) Med. and phys. Journ. Philadelph.

(2) TheLondon med. Reposit., t. XX, 1823.

GASTRORRHAGIE. — TRAITEMENT. 763

Le mtanhia a été moins fréquemment mis en usage dans celle hémorrhagie que dans la plupart des autres. Cependant nous trouvons, dans l'une des observations que nous avons rassemblées , un fait qui semblerait en prouver l'efficacité. Dans un cas observé par M. le docteur Havy, et qui étail remarquable par le dépérissement du malade et la gravité des symptômes antécédents , l'hémorrbagie , qui se reproduisit à plusieurs reprises, sembla toujours être arrêtée dès qu'on eut recours à l'usage d'une potion dans laquelle entrait le rantanhia. Toutefois il faut reconnaître que ce cas est loin de suffire, puisque, comme nous l'avons vu , c'est une marche naturelle à la gastrorrhagie de s'arrêter pour se reproduire plus tard, et qu'il peut n'y avoir eu qu'une simple coïncidence. On pourra prescrire la potion suivante :

Extrait de ratanhia de. . . 1 à 4 gram. I Sirop tartrique 30 gram.

Eau de rose 120 gram. J

V ergot de seigle a été administré en poudre, soit seul, soit mêlé avec le tannin ; on peut donner ces deux médicaments associés ainsi qu'il suit :

"2f Ergot de seigle • 1 gram. | Tannin «. 0,50 gram.

Diviser en deux paquets, à prendre un le matin et un le soir.

Toutefois ces médicaments ont été bien moins souvent administrés dans la gastrorrhagie que dans la métrorrhagie ; nous y reviendrons à l'occasion de cette dernière affection.

Styptiques, ferrugineux. — Parmi les styptiques mis en usage, il faut citer principalement Y alun, le sulfate de fer et le sulfate de cuivre. Mais comme aucun des auteurs qui les ont recommandés n'est entré dans des détails suffisants à cet égard, nous ne croyons pas devoir citer toutes les formules, car il n'est pas certain que l'usage de ces médicaments soit innocent, et nous n'avous rien de positif en faveur de leur efficacité. Nous nous contenterons donc d'indiquer la suivante , proposée par Jos. Frank :

3^ Alun 1,025 gram. I Sirop d'écorce de cinnamomum. . 15 gram.

Mucilage de gomme arabiq. 30 gram. | Eau de fontaine 240 gram.

A prendre par cuillerées.

Il est quelques sels de fer, et en particulier le carbonate , qui ont été recommandés par Hoffmann et Tissot. C'est surtout dans les cas où l'on attribue la maladie à une suppression des règles que l'on a recours aux préparations ferrugineuses. D'après Fr. Hoffmann, il est arrivé plusieurs fois qu'en faisant reparaître les menstrues à l'aide de ce médicament, on a vu la gastrorrhagie cesser pour toujours ; mais nous reviendrons sur ce point quand nous parlerons du traitement propre à la gastrorrhagie supplémentaire.

Antispasmodiques et narcotiques. — Les antispasmodiques et les narcotiques ont été également mis en usage, et parmi eux il n'en est pas qu'on ait plus fréquemment employés que Vopium. On n'est pas d'accord sur la préparation opiacée qu'il convient d'administrer. Les uns veulent, avec J. Frank, qu'on donne l'opium dans une émulsion de la manière suivante :

MALADIES DBS VOIES DJtiKSTIVES.

^ °l)iui" I""' 0,05 gram. | Émulsion arabique 180 gram.

A prendre par cuillerées.

D'autres recommandent d'unir l'opium avec les acides minéraux; d'autres veulent qu'on se contente d'administrer des lavements loudanisés, élevant la dose du laudanum à 15 gouttes pour un lavement de HO grammes de décoction de mauve (J. Frank). Vogel remplace le laudanum par une décoction de feuilles dejusquiame. II serait impossible de dire si quelques-unes de ces préparations ont plus d'utilité que les autres ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'un grand nombre d'auteurs ont mis en usage les narcotiques, et on le conçoit facilement, puisque dans cette affection il est important d'assurer le repos des organes affectés.

Kaemmerer(l) préfère la belladone à l'opium, et il affirme avoir obtenu des succès réels par sou emploi.

Quelques objections se sont élevées contre l'usage des narcotiques, et surtout contre celui de l'opium : la seule qu'il importe d'indiquer ici est celle de J. Frank, qui craignait qu'en supprimant les selles, ce médicament ne déterminât la rétention des caillots sanguins dans le tube intestinal; mais il est évident que cette crainte ne doit pas empêcher de combattre l'hémorrhagie par les narcotiques, puisqu'il n'est nullement prouvé que la rétention des caillots sanguins ait de graves inconvénients, tandis que la reproduction de l'hémorrhagie en a d'incontestables.

Vomitifs. — Doit-on employer les vomitifs dans la gastrorrhagie? Suivant le docteur Sheridan (2), on ne saurait en douter. Cet auteur rapporte deux cas dans lesquels l'hémorrhagie gastrique a cédé après l'administration de Yipécacuanha à dose vomitive ; mais quelle a été la part du médicament dans la terminaison heureuse? C'est ce qu'on ne saurait dire, parce que les cas ne sont pas suffisamment spécifiés. Pour quiconque lira attentivement les observations, il sera évident qu'on ne peut point se prononcer d'une manière aussi positive sur l'influence des vomitifs dans cette maladie, et qu'il est permis, au contraire, d'avoir quelques craintes sur les suites de leur administration, au moins dans un assez bon nombre de cas : si, par exemple, le sang est versé par une ulcération, n'est-il pas évident qu'en débarrassant l'estomac des caillots, on tend à favoriser l'hémorrhagie plutôt qu'à l'arrêter? Ces considérations suffiront pour rendre le praticien très prudent, au moins jusqu'à ce que des observations plus exactes et plus nombreuses soient venues parler en faveur de cette médication. Ajoutons, au reste, que c'estjpresque toujours l'ipécacuanha qui a été mis en usage. Le docteur de Metz a prescrit ce médicament à la dose de 0,15 grammes toutes les heures.

D'autres médecins veulent qu'on se contente de titiller la luette et l'isthme du gosier pour provoquer le vomissement.

Quant aux purgatifs, ils sont moins souvent employés encore. Portai (3) s'est même élevé contre leur usage, et en a signalé les inconvénients; aussi tout ce que l'on s'est contenté de faire, c'est d'administrer de légers minoratifs. J. Frank propose le suivant :

(1) Emploi de la belladone conlre les vomissements de sang (Bulletin des sciences médicales de Férussac, mai 182">).

(2) Trans. of the assoc. of fellows and licenl. Dublin, 1824.

(3) Mém. de la Soc. d'émulation de Paris, t. II.

GASTRÛRRMGIË. — TRAITEMENT.

If Racine de rhubarbe 2 gram.

Gomme arabique 15 gram.

Miel pur » . • 30 gram.

Eau 300 grain.

Faites bouillir pendant une demi-heure. A prendre par cuillerées.

Nous n'avons aucune preuve que les médicaments de ce genre aient une utilité réelle, et ils peuvent avoir les inconvénients des précédents.

Moyens divers. — Que dire maintenant d'un bon nombre d'autres moyens, comme le vésicatoire sur l'abdomen, les onctions sur cette partie avec un Uniment camphré et oléagineux, comme le voulait Hoffmann; l'emploi de Veau de lauriercerise, de Y huile de térébenthine, du mille feuille, etc. ? Évidemment les faits sont insuffisants pour qu'on puisse avoir la moindre idée sur leur valeur.

Traitement de la gastrorrhagie à ses diverses périodes. — Nous venons de faire connaître le traitement de la gastrorrbagie pendant les vomissements de sang; mais dans les intervalles, et surtout lorsqu'il existe les symptômes signalés plus haut, que doit-on faire? Pour répondre à une semblable question, il faut nécessairement distinguer les cas : Si, par l'inspection attentive, on parvient à s'assurer que Yhémorrhagie continue à se faire dans l'intérieur de l'estomac, il faut insister avec force sur les moyens précédents. L'essentiel, en effet, n'est pas d'empêcher le vomissement de sang, mais d'arrêter l'écoulement dans sa source. Si l'on reconnaît, au contraire, que Y écoulement de sang ne continue pas, et que l'anxiété, la pesanteur à l'épigastre, etc., dépendent de la plénitude de l'estomac, et, sans doute, de la présence de caillots dans sa cavité, convient-il de débarrasser cet organe ? Ce que j'ai dit plus haut a dû faire comprendre tout le danger qu'il pourrait y avoir à agir ainsi ; les symptômes produits par la présence des caillots dans l'estomac peuvent être très incommodes sans doute, mais ils ne sont rien en comparaison du danger qu'il y aurait à provoquer un nouvel écoulement de sang dont on ne saurait prévoir l'abondance. En pareil cas donc, un repos absolu, l'application du froid sur l'épigastre, de la glace dans la bouche, sont les seuls moyens qu'on doive mettre en usage, laissant à l'estomac le soin de se débarrasser plus tard des matières qu'il contient. Il n'en serait peut-être pas de même si cet organe était très fortement distendu, et s'il en résultait un malaise excessif. Malheureusement l'observation ne nous a rien appris sur ce point.

Nous avons dit, clans la description des symptômes, que les coliques et le développement de gaz dans V intestin, qui annoncent le passage du sang de l'estomac dans la partie inférieure du tube digestif, et qui précèdent les déjections sari glantes, ont lieu, en général, quelque temps après la cessation du vomissement; en pareil cas, on recommande, pour favoriser ces déjections, de légers lavements purgatifs, qui, sous ce rapport, peuvent avoir en effet de. l'utilité, mais qui ne sauraient être placés que parmi les adjuvants. De simples lavements émollients suffisamment répétés remplissent aussi cette indication.

Lorsque le vomissement de sang a complètement cessé, le traitement n'est point encore fini dans la majorité des cas. Souvent, en effet, il faut employer les moyens propres à rétablir les forces du malade profondément débilitées, et parfois il faut avoir recours à des médications particulières pour combattre la cause même de l'hémorrhagie. L'anémie qui résulte des perles de sang abondantes, et la faiblesse qui en est la conséquence, sont combattues par les toniques et les analeptiques,

parmi lesquels on rael principalement en i^agele quinquioa atlea jus de viande

1 m™ rebel,e cl teQdait à se prolonger, il faudrait la traiter de la manière ([in a été indiquée dans l'article consacré à cetÇe affection (1). Il est donc inutile d insister sur ce point; mais il n'en est pas de même relativement à la seconde parlie de la question que nous venons de poser ; car on sent combien il est important de prévenir le retour d'un accident aussi grave que (a gastrorrhagie. Cela nous conduit à dire un mot du traitement des diverses espèces d'hémorrhagie gastrique

Traitement de la gastrorrkagie supplémentaire. - La gastrorrhagie qui est la conséquence de la suppression des règles, lorsque d'ailleurs il n'y a point de symptômes d'une affection chronique de l'estomac qui rendrait compte et de la suppression du flux naturel et de l'apparition du flux accidentel, ne doit être arrêtée que lorsque la quantité de sang rendu dépasse d'une manière notable celle du flux menstruel. Lorsque l'hémorrhagic a cessé, on doit chercher à rétablir le flux normal par les divers moyens connus. Ainsi l'application de quelques sangsues aux parties génitales vers l'époque des règles, la vapeur d'eau dirigée vers le bassin, les emménagogues peu violents, seront mis en usage. Tissot veut que l'on emploie les ferrugineux en pareil cas ; mais Cullen s'oppose à ce que ce médicament et ceux qu'on administre pour rappeler les menstrues soient mis en usage, parce que, dit-il, ils sont propres à rendre plus violente l'hématémèse active qui existe en pareil cas. Il est fâcheux que les médecins qui se sont prononcés sur ce point n'aient point soutenu leur opinion par des faits. Les craintes de Cullen paraissent exagérées.

On a vu, et Lanzoni (2) en cite un exemple remarquable, le mariage faire cesser un vomissement de sang supplémentaire, qui s'était reproduit à plusieurs reprises; eu pareil cas, tantôt c'est la réapparition des menstrues qui a coïncidé avec la cessation du vomissement, et tantôt c'est la grossesse

Traitement de la gastrorrhagie pendant la g?*ossesse. — Dans le cas d'hémorrhagie gastrique survenant dans la grossesse, faut-il avoir recours à quelque traitement particulier? Rien ne le prouve. Avoir soin que l'écoulement de sang ne soit pas trop abondant, calmer la maladie, telles sont les précautions à prendre. Du reste, pour modérer l'abondance de l'hémorrhagie, on fera usage des moyens précédemment indiqués.

Traitement de la gastrorrhagie scorbutique. — Nous avons vu plus haut que le vomissement de sang avait été observé chez les sujets présentant des signes d'un état scorbutique. En pareil cas, il faut insister sur l'administration des acides minéraux, soutenir les forces par les toniques, et mettre en usage les divers moyens indiqués à l'article Scorbut, moyens qui doivent être également employés dans les cas d'hémorrhagie dite constitutionnelle.

Accident de la gastrorrhagie qu'il faut connaître pour y remédier promptement. — Il peut survenir, pendant le vomissement de sang, un accident qu'il est très important de connaître, et dont P. Frank a rapporté un exemple remarquable. Chez un sujet, en effet, un vomissement de sang abondant ayant eu lieu, des caillots de sang considérables s'arrêtèrent dans l'isthme du gosier et dans la bouche, et déterminèrent une suffocation subite; le malade, qui était seul, tomba par terre

(1) Voy. art. Anémie.

(2) Ephem. Acad. nal. cur., cent. I, obs. 41.

GASTRORRHAGIE. — TRAITEMENT. 7Ô7

sans connaissance. P. Frank, ayant été appelé, se hâta de débarrasser la gorge, et le malade fut rappelé à la vie (1). Il faudra donc, toutes les fois qu'il y aura perte de connaissance, inspecter avec soin l'arrière-bouche, afin d'agir de la même manière en pareille circonstance.

Il est un certain nombre de précautions qui s'appliquent à tous les cas, et que nous ne devons pas négliger d'indiquer ici.

PRÉCAUTIONS GÉNÉRALES A PRENDRE DANS LE TRAITEMENT DE LA GASTRORRHAGIE.

Débarrasser promptement le malade de ses vêtements ; le placer dans un lit frais, la tête légèrement élevée.

Éviter toutes les émotions morales.

Éviter tous les efforts inutiles, et pour cela entretenir la liberté du ventre, etc.

Résumé, ordonnances. — Tel est le traitement le plus généralement prescrit contre cette hémorrhagie grave. Nous n'avons point cherché à dissimuler combien il est vague et incertain sur la plupart des points, parce qu'il est bon qu'on sache tout ce qu'il y a encore à faire. Le sujet est très difficile sans doute, car les cas sont variables, et l'imminence du danger fait qu'on s'empresse d'avoir recours à un grand nombre de moyens à la fois ; mais ce n'est pas une raison pour renoncer à étudier ce traitement : c'est seulement un motif de plus de recueillir les observations avec une très grande sévérité. Remarquons, au reste, que l'usage de la saignée modérée, des boissons acides et astringentes, l'emploi du froid à l'intérieur et a l'extérieur, sont les seuls moyens sur l'utilité desquels les auteurs soient d'accord. Parmi les autres, les opiacés et les antispasmodiques comptent le plus d'approbateurs.

Indiquons maintenant dans quelques ordonnances la conduite à suivre dans les principaux cas.

Ire Ordonnance.

DANS UN CAS D'HÉMORRHAGIE PEU ABONDANTE, CHEZ UN SUJET ENCORE VIGOUREUX.

1° Pour tisane, limonade citrique.

2° Application de compresses froides sur l'épigastre. 3° Faire fondre des morceaux de glace dans la bouche. h° Repos absolu. Diète.

Si ces moyens simples n'étaient pas suffisants, et si l'hémorrhagie se prolongeait, on aurait recours à la médication indiquée dans l'ordonnance suivante.

IIe Ordonnance.

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