CANCER DE L'ESTOMAC. — DÉFINITION
dénies oui fait suffisamment connaître cette affection. Plus tard, Morgagni (1) a réuni un grand nombre de cas.de cancer de l'estomac, décrits principalement sous le point de vue de l'anatomie pathologique, mais encore incomplètement, même sous ce point de vue. Depuis la fin du dernier siècle, un assez grand nombre de dissertations, de mémoires particuliers et de monographies, ont été consacrés au cancer de l'estomac. Parmi ces dernières il faut distinguer celles de Pezzold (2), de Blanchard (3), de Chardel (4), et une des plus récentes, celle de Prus (5). En outre, dans ces dernières années, on a poussé l'anatomie pathologique du cancer beaucoup plus loin qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, ainsi qu'on peut en juger par les différents ouvrages publiés sur ce sujet, et surtout par les recherches de M. Lebert (6), qui nous seront très utiles dans cet article, et un bon mémoire de M. Broca (7). M. Louis (8) a surtout insisté sur l'état delà membrane musculaire, qui n'avait point suffisamment fixé l'attention des auteurs.
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
Il est assez difficile, au milieu des opinions contradictoires émises sur la nature du cancer en général et du cancer de l'estomac en particulier, de donner sans discussion une définition rigoureuse de l'affection qui nous occupe. Toutefois, d'après les faits que nous avons étudiés, nous croyons pouvoir dire que le cancer de l'estomac consiste dans une dégénérescence spécifique des parois de cet organe, dégénérescence d'où résultent tous les symptômes de l'affection. Plus tard, nous aurons maintes fois occasion de discuter cette proposition et d'en démontrer l'exactitude.
On a décrit le cancer de l'estomac sous les noms de carcinoma ventriculi, squirvhe de L'estomac, hypertrophie, fongus, dégénérescence carcinornateuse, etc. Les mots cancer et carcinome sont aujourd'hui généralement adoptés.
Parmi les affections chroniques, le cancer de l'estomac est une de celles qu'on rencontre assez fréquemment, et parmi les affections cancéreuses, c'est une de celles qu'on a le plus souvent occasion d'observer; car, après le cancer de l'utérus, elle est de beaucoup la plus fréquente. Le cancer de l'utérus est deux fois plus fréquent que le cancer de l'estomac ; mais celui- ci est à son tour deux fois plus fréquent que le cancer du foie, qu'on rencontre bien plus souvent que les autres. Dans un bon nombre de cas, le cancer du foie est consécutif au cancer de l'estomac, ce qui augmente considérablement la proportion que nous venons d'indiquer.
(1) De sedibus et causis morborum.
(2) Von der Verharl. und Verengung des uni. Magenmundes. Dresde, 1787.
(3) De di/ficili aul impedilo alim . e venir, in duod. progress. Lugduni Batavorum, 1787.
(4) Monographie des dégénérescences squirrheuses de l'êstômaèi Pàf is^ 1808.
(5) Recherches nouvelles sur la nature el le traitement du cancer de l'estomac. Paris
(G, Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer. Paris, 1851. — Traité d'analtnuie pathologique générale el spéciale. Paris, 1857. t.I p. 272 ; t. Il, p. 183 et suiv.
(7) Analornie pathologique du cancer (Mémoires de l'Académie de médecine, Paris 1852 L. XVI, p. 4.-13 ol suiv.). ' 1 '
(8) De l'hypertrophie de la membrane musculaire de l'estomac dans loute son étendue dans le cancer du pylore (Recherches analomico-pathologiques, Paris, 1826, p. 120). '
§ II. — Causes.
1° Causes prédisposantes.
Parmi les causes prédisposâmes, il n'en est pas qui soit mieux connue que l'influence de l'âge. Il est très rare d'observer le cancer de l'estomac avant l'âge de la puberté et après l'âge de soixante et dix ans; c'est en effet ce qui résulte des observations. Dans les cas recueillis par M. Louis, l'âge moyen des sujets était de cinquante-huit ans; aucun n'avait moins de vingt-cinq ans; un petit nombre avait passé l'âge de soixante ans. Dans les observations que nous avons rassemblées, l'âge moyen des malades était à peu près celui qui a été indiqué par M. Louis, un peu plus considérable toutefois chez les hommes que chez les femmes, puisque les premiers avaient, terme moyen, cinquante-neuf ans et une fraction, et les secondes cinquante-deux ans et une fraction. Quant aux limites de l'âge, nous trouvons un seul sujet de vingt-cinq ans, c'était un homme; aucun n'était moins âgé ; mais il y avait, sur vingt-neuf sujets sur lesquels porte ce relevé, trois hommes qui avaient dépassé l'âge de soixante et dix ans; l'un d'eux, entre autres, avait quatre-Vingts ans. Ces chiffres, pris sur des faits exactement observés, pourront servir à une statistique plus complète. On a cité quelques cas de cancer chez des individus beaucoup plus jeunes; mais ils sont extrêmement rares et doivent être considérés comme tout h fait exceptionnels. C'est de cinquante à soixante et dix ans que le cancer se manifeste le plus fréquemment, ei ce qui le prouve encore, c'est que cette période de la vie, dans les observations que j'ai rassemblées, a fourni vingt cas sur vingt-neuf, c'est-à-dire pins des deux tiers. M. Lebert (1), réunissant les faits observés par Marc d'Espine à ceux qu'il a recueillis lui-même, ce qui lui a donné un total de cent dix-sept cas, est arrivé au même résultat.
L'influence du sexe ne paraît pas moins bien établie par les faits. Tous les auteurs qui ont recueilli des observations ont remarqué que les hommes étaient plus sujets que les femmes au cancer de l'estomac. Des 33 cas que nous avons rassemblés, 20 appartiennent au sexe masculin et 13 au sexe féminin. Ce résultat confirme l'opinion des auteurs ; mais, avec plusieurs autres relevés de faits, il prouve que M. Barras (2) a été trop loin en disant que presque tous les cas de cancer de l'estomac se trouvaient chez les hommes. Nous devons néanmoins ajouter que MM. Lebert (3) et d'Espine sont arrivés à des résultats contraires. Le premier, sur 42 cas, en note 19 chez les hommes et 23 chez les femmes; le second, sur 116, en signale 5U chez les hommes et 62 chez les femmes. Ces résultats, opposés à l'opinion générale, ne tiennent-ils pas à l'insuffisance des chiffres? C'est ce que de nouvelles observations nous apprendront.
Sous le rapport de la constitution, nous voyons dans les faits que nous avons rassemblés que presque tous les individus avaient eu, à une époque de leur existence et souvent pendant de longues années, une très bonne constitution ; plusieurs même affirmaient qu'ils n'avaient jamais été malades avant l'affection gastrique qui
(2) P°récis 'analytique •■ sur le cancer de l'estomac, etc. Pari», lfU2.
(3) Loc. cit.
CANCEK DK L'ESTOMAC. — CAUSES. 821
les amenait à l'hôpital. Quelques-uns avaient toujours eu une santé frêle et délicate, mais c'était le plus petit nombre. Ainsi on ne peut trouver dans la constitution aucune prédisposition évidente à celte maladie.
Les observations sont presque toutes muettes sur Je tempérament des malades, ce qui n'a pas empêché de dire, et Chardel a principalement insisté sur ce point, que le tempérament lymphatique prédispose à l'affection qui nous occupe. On sent que, pour se prononcer à cet égard, il faudrait avoir des renseignements très précis sur l'état des malades avant le développement du cancer, et c'est évidemment ce que nous n'avons pas.
On a fait jouer un très grand rôle aux habitudes hygiéniques, et principalement à la nourriture habituelle du malade ; mais il est à remarquer que les auteurs qui ont le plus insisté sur ces circonstances sont ceux qui, d'une part, regardent les irritants portés sur la muqueuse gastrique comme une des causes les plus efficaces de la gastrite, et, de l'autre, prétendent que le cancer est une simple conséquence d'une gastrite prolongée. Nous avons déjà dit, à l'article Gastrite, ce qu'il fallait penser de cette manière de voir relativement à la production de l'inflammation ; nous verrons tout à l'heure si l'influence de cette inflammation elle-même est aussi bien démontrée que l'ont cru les auteurs dont il s'agit.
Si maintenant nous examinons sous ce point de vue les faits que nous avons rassemblés, nous voyons que deux sujets seulement avaient Y habitude des boissons alcooliques prises en assez grande quantité, tandis que rien de semblable n'est indiqué pour les autres, et que chez quatre il a été constaté d'une manière positive que cette cause n'avait nullement existé. Deux sujets, entre autres, n'avaient jamais ou presque jamais enfreint leurs habitudes de sobriété. C'est donc évidemment des idées toutes théoriques qui ont porté JBroussais à regarder l'abus des boissons alcooliques, et principalement de Veau-de-vie, comme la cause la plus puissante du cancer de l'estomac.
D'autres auteurs, au contraire, ont pensé qu'une nourriture de mauvaise qualité, peu solide, insuffisante, pouvait avoir sa part dans la production de la maladie. Le fait est possible, mais il n'est pas démontré. Dans les observations que nous avons rassemblées, ces circonstances ne sont pas mentionnées, tandis que dans deux cas il est dit positivement que la nourriture était bonne. Nous ajoutons que M. Lebert n'a constaté que trois fois sur U2 cas l'insuffisance ou la mauvaise qualité des aliments. La misère, les privations de toute espèce, ont-elles une influence réelle ? C'est encore une question qu'il est impossible de résoudre positivement. Tout le monde sait qu'il n'est pas rare d'observer le cancer dans les classes les plus élevées de la société, aussi bien que dans les plus inférieures; mais la proportion nous manque complètement, et cependant c'est là une question de proportion. Presque tout ce qu'on a dit à ce sujet est par conséquent hypothétique.
Citons cependant un résultat statistique qui pourra être utile. Il résulte des recherches de M. Marc d'Espine (1) que toutes les maladies cancéreuses en général, et le cancer de l'estomac en particulier, sont plus fréquentes parmi les riches que parmi les pauvres : sur vingt et un sujets chez lesquels la richesse ou la pauvreté ont été notées, quinze étaient riches et six pauvres.
(1) Annales d'hygiène. Paris, 1817, t. XXXVÏÏ, p. 323.
On a encore invoqué comme cause prédisposante le séjour dans les grandes villes ou dans certains pays. Parmi les sujets dont nous avons pu consulter les observa dons, il v en avait quelques-uns dont le séjour à Paris avait été prolongé d'antres qui y étaient depuis peu, sans qu'on puisse rien conclure de ces faits' M Cloquel (1) affirme que le cancer de l'estomac est fréquent en Normandie; J Frank (2) dit que cette affection se montre très fréquemment dans les Ûtals autrichiens et beaucoup moins dans la Lithuanie. Il faudrait des chiiïres considérables pour mettre ces assertions hors de doute, et nous n'en avons pas.
Nous n'avons pas de preuves sur l'influence de la vie sédentaire; c'est tout à fait gratuitement qu'on a admis que les hommes de cabinet avaient une prédisposition à l'affection qui nous occupe. Il en est de même de la nécessité de travailler, le corps étant penché en avant, comme font les tailleurs et les cordonniers.
Les chagrins profonds, les émotioûs morales vives fréquemment répétées, ne sauraient être regardés comme une cause déterminante du cancer de l'estomac; mais peut- on admettre que, longtemps prolongée, cette cause place les sujets dans des conditions favorables au développement de la maladie? On a cité à ce sujet quelques faits remarquables; mais encore ici n'a-t-on pas pris pour un rapport de cause à effet une simple coïncidence? Dans les observations que j'ai réunies, je trouve que deux sujets ont fait remonter le début de leur maladie à une époque où ils ont éprouvé des chagrins profonds et prolongés. L'un d'eux insistait surtout beaucoup sur ce point, et la pause de son chagrin était la perte d'un enfant Ces faits méritent assurément qu'on en tienne compte : mais de là à une démonstration complète il y a encore bien loin. Peut-être même a-t-on regardé comme une cause de la maladie ce qui n'en était qu'un des premiers effets; car, quoiqu'il soit vrai de dire avec Barras que le cancer de l'estomac plonge moins les malades dans la tristesse que la gastralgie, il est certain que, plusieurs sujets tombent dans une espèce d'hypochondrie, lorsque leurs digestions se troublent, notamment au début de l'affection cancéreuse.
Quant à Vabus des plaisirs vénériens, à la masturbation, aux pertes excessives causées par divers flux, ce sont des causes qui ont été admises sans aucune preuve et qui ne doivent pas nous arrêter.
Bayle (3) pense que le célibat est une des causes du développement du carcinome de l'estomac; mais cette assertion tombe évidemment devant les faits; car, dans les observations que nous avons rassemblées, presque tous les sujets étaient mariés ou vivaient maritalement, et avaient un ou plusieurs enfants. Une seule malade était restée vierge, quoique sa maladie n'eût commencé qu'à l'âge de cinquante-trois ans ; mais un fait ainsi isolé n'a é\ idemment aucune valeur.
Les auteurs du Compendium de médecine, d'après M. Natimann {h), citent l'opinion de Balling qui prétend que le cancer est endémique dans une vallée voisine delà forêt Noire. Mais ils font remarquer combien une pareille opinion mérite peu de créance, n'étant point appuyée sur les faits.
(1) Bulletins de la Société de la Faculté de médecine, n" 7. — H. Lebert, Traité pratique
des maladies cancéreuses, p. 95.
(2) Praxeos medicœ, part. III, vol. I, sect. 2.
(3) Dictionnaire des sciences médicales, art. Canceii.
(4) Handbuch ier tnedicin. Klinik, Tin lin, 1830.
CANCER DE tZeSTOMAC. — CAUSES.
Reste maintenant la question de X hérédité. Malheureusement celle question n'a pas été traitée par les auteurs avec tout le soin nécessaire. Barras a rapporté quelques faits en faveur de l'hérédité; le suivant entre autres est remarquable : il a vu deux des fils de cette malade succomber à la même affection. Cependant , pour que l'on pût affirmer avec lui que le germe du cancer gastrique est transmis des parents aux enfants, il faudrait multiplier les observations (1). A plus forte raison devons-nous regarder comme non avenue cette proposition du même auteur, qu'une constitution détériorée par les vices scrofuleux, vénérien, arthritique, dartreux, prédispose au squirrhe de l'estomac, et celle de Coitier qui prétendait que si l'on ne trouvait pas, chez les descendants des sujets morts du cancer de l'estomac, un cancer du même organe, on en trouvait du moins un de l'utérus, des mamelles, des testicules, etc.
Il est une autre circonstance particulière aux femmes, c'est Xêtat de la menstruation. On peut se demander si les troubles plus ou moins notables de celte fonction ont quelque rapport avec la production du cancer gastrique ; mais on voit bientôt qu'il n'en est rien, car une seule des malades interrogées sur ce point a eu une suppression de règles sans aucun rapport avec le cancer, puisque celui-ci ne s'est montré qu'un grand nombre d'années après, les fonctions de l'estomac n'ayant pas souffert dans l'intervalle.
2° Causes occasionnelles.
Si l'on s'en rapportait aux auteurs, il ne serait pas difficile d'indiquer un bon nombre de causes occasionnelles du cancer de l'estomac; mais, si l'on ne veut rien avancer qui ne soit fondé sur l'observation, on, voit bientôt que le nombre de ces causes est excessivement restreint, et que même il n'est guère permis d'en admettre une seule sans quelque doute.
Suivant J. Frank, les fièvres intermittentes , et en particulier celles qui ont été négligées, celles que l'on a traitées trop tard par le quinquina, ou dans lesquelles on n'a pas fait assez longtemps usage de ce remède, seraient une cause efficiente du cancer de l'estomac. Ce n'est là qu'une assertion sans preuve, et qui parait plutôt démentie par la pratique de tous les jours.
Viennent ensuite les vives émotions morales : mais, s'il est vrai que, dans le petit nombre de cas signalés plus haut, le cancer gastrique se soit montré après de longs chagrins, rien ne prouve qu'il ait jamais été produit par le seul fait des passions vives.
Doit-on, avec J. Frank, placer le jeûne au nombre de ces causes? Cet auteur cite un seul fait à l'appui de cette opinion. Il s'agit d'un ecclésiastique qui, pendant vingt ans ayant dit la messe de très grand matin, put prendre des aliments à une heure peu avancée de la journée, et qui, dans les deux années suivantes, fut Qbldgé de changer complètement ses habitudes et de jeûner tous les matins, parce que l'heure de sa messe'fut retardée. Les symptômes gastriques se développèrent bientôt après ce changement, ci le squirrhe se manifesta. Est-il permis de lirer
(l) Voy. à ce sujet, P. tucas^ Trailé physiologique de l'hérédité naturelle. Paris, 1850,
82/1 MALADIES DES voiks i>i<;i:sti\ i:s.
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Us mêmes objections s'adressent aux causes suivantes admises par cet auteur ■ \ onanisme, le coït exerce peu de temps après le repas, le mariage à un âne avance, la suppression des hémorrhoïdes, etc. C'est en admettant ainsi sans preuves l existence d'une multitude de causes que l'on jette de la défaveur sur 1 ëtiologie, et que l'on en fait un assemblage de propositions ridicules
L'abus des boissons alcooliques a été déjà indiqué au sujet des causes prédisposantes. Les faits ne prouvent nullement l'influence de cet abus comme cause déterminante. Il en est de même de l'abus des purgatifs, quoiqu'on ait invoqué 1 observation en faveur de cette cause (1). On a pris pour des rapports de cause à effet de simples coïncidences, et l'on n'a pas remarqué que l'abus des purgatifs avait, très bien pu être motivé par la constipation plus ou moins rebelle, qui est déjà, comme on le verra plus loin, un symptôme du cancer gastrique.
L'abus des acides a été également rangé dans cette catégorie: mais les faits sont encore bien insuffisants pour que l'on puisse admettre la vérité d'une pareille opinion. J. Frank se contente de citer une observation publiée par Gœritz (2) et les réflexions que fait cet auteur à ce sujet. Or, si nous examinons cette observation, nous trouvons qu'il s'agit tout simplement d'un malade qui, un an avant sa mort, avait fait un usage immodéré du suc de citron ; mais nous verrons plus loin, en étudiant la marche de la maladie, que, selon toutes les apparences, il fallait faire remonter le début, dans ce cas, à une année au moins; que par conséquent la maladie était déjà déclarée lorsque l'appétence pour les boissons acidulées se manifesta, et que l'on pourrait regarder cette appétence bien plutôt comme un effet de la maladie que comme une cause. On a cité un très petit nombre de faits dans lesquels un cancer de l'estomac s'est déclaré un temps plus ou moins long après l'empoisonnement par 1rs acides, et surtout par V acide nitrique; mais ces faits ne sont encore ni assez nombreux ni assez concluants pour que l'on soit autorisé à y voir autre chose que de simples coïncidences. Cette réflexion s'applique en particulier au fait recueilli par M. Bouillaud, et cité par M. Andral (3).
Quant à l' influence des narcotiques et des préparations de plomb, elle est encore, s'il est possible, moins bien démontrée que celle des causes que nous venons d'indiquer.
Quoique nous ne soyons parvenu, dans cette éuumération, qu'à des résultats négatifs, il nous a paru nécessaire de la présenter, pour donner au lecteur une idée exacte de l'état actuel de la science sur ce point. Voici maintenant tout ce que les observations que nous avons rassemblées nous apprennent relativement aux causes occasionnelles.
Un sujet ressentit les premiers symptômes gastriques le jour même où s'étant exposé à jeun à un froid intense, il en éprouva une impression assez vive. Deux autres accusaient une violence, extérieure au niveau de la région de l'estomac. Mais chez l'un d'eux, qui avait fait une chute sur l'hypochondre droit, le cancer
(I) Fichot, Affection squirrheuse du pylore, etc. (Bulletins de la Société d'émulation, 1805).
;2) Nalurœ curios. ephem., cent, vin, obs. 20. (3) Clinique mé licale, l. Il .