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ENDOCARDITE AIGUË. — SYMPTÔMES

plutôt une source d'erreurs que de renseignements utiles. Consultons donc, parmi les observations des modernes, celles où l'inflammation est restée bornée à l'endocarde.

Le début de l'endocardite ne présente rien de particulier, si ce n'est que dans plusieurs cas où la maladie primitive semblait s'amender, son apparition a donné lieu à des symptômes de recrudescence. La maladie une fois confirmée , voici ce qu'on a noté :

L& douleur, suivant M. Bouillaud, manque le plus souvent, et n'existe guère que dans les cas où il y a complication de péricardile et de pleurésie. L'étude de 33 observations empruntées aux divers auteurs, et réunies dans le but d'apprécier les symptômes, nous apprend que cette assertion est exacte , puisque deux fois seulement il a existé, à la région précordiale, une douleur peu vive qu'on pouvait attribuer à l'inflammation de l'endocarde. Dans ce cas, l'endocardite n'était pas plus intense que dans les autres.

On a parlé d'une voussure a la région précordiale comme un signe appartenant en partie à l'endocardite ; mais, comme le fait remarquer 31. Bouillaud lui-même, qui attache quelque importance à cette voussure, elle ne se manifeste que dans les cas où il y a complication de péricardite, ce qui démontre que c'est uniquement à cette dernière qu'il faut la rapporter.

Suivant M. Bouillaud, il existerait à la région précordiale une matité qui varierait de 11 à 14 centimètres carrés; mais je n'ai point trouvé, dans les cas d'endocardite aiguë, de matité qui s'élevât au-dessus de 13 centimètres carrés. Nous verrons si, dans l'endocardite chronique, il en est autrement. Dans les cas où la matité est très étendue, elle est due à une complication de péricarde, et dépend entièrement de l'accumulation de sérosité dans le péricarde. Rien ne prouve donc qu'une matité étendue soit un signe appartenant en propre à l'endocardite aiguë.

Les battements du cœur sont regardés comme fournissant des signes très importants dans cette affection; mais malheureusement on ne trouve pas très souventdans les observations, leur état indiqué d'une manière précise; il n'en est ques' t.on en effet, que dans \ 2 cas sur les 33 que j'ai rassemblés. Dans presque tous ces cas, I impulsion était forte, la paroi antérieure du thorax était soulevée fortement et clans une étendue assez considérable. Deux fois, en appliquant la main sur la région precorthale, on sentait un frémissement vibratoire assez marqué. Dans un cas hmpu s,on est déclarée nulle, et dans un autre il est dit simplement qu'il y a a i 1 palpitations. La régularité des battements n'a point été convenabl ment é u diee, en sorte qu'il n est point permis de se prononcer sur ce point. Dans m cas on a remarqué que la pointe du cœur battait en dehors du mamelon et ?« ù seul qui fasse menuon de cette particularité, qui néanmoins peut avoir de l'impL -

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particulier du pouls correspondant à L'inflammation de la partie de l'endocarde qui recouvre l'orifice ventriculo-aortique. Ce signe consiste dans la sensation d'un frottement qui pourrait faire croire que l'artère donne passage à des globules résistants plutôt qu'à un liquide.

L'auscultation, appliquée à l'étude de cette maladie, n'a pas, dans un grand nombre de cas, donné de résultats satisfaisants. Si, en effet, on a soin de distinguer l'endocardite aiguë des altérations valvulaires dont la date est ancienne, qui sont un simple résultat de cette inflammation et non cette inflammation elle-même, on voit qu'à peine, dans un très petit nombre de cas , on trouve un ou deux signes stéthoscopiques qu'on puisse lui rapporter avec probabilité. Ainsi 7 fois seulement sur 33 cas d'endocardite aiguë, je trouve les bruits du cœur mentionnés. Dans un cas, ils étaient étouffés ; dans U il y avait un bruit de souffle correspondant au premier bruit chez trois sujets, et double chez le quatrième. Chez un d'eux, le bruit de souffle était mêlé d'un bruit de râpe. Dans les cas où le souffle existait au premier temps, les altérations avaient lieu principalement au niveau de la valvule auriculo-ventriculaire gauche, et se produisaient au moment où le sang était lancé de l'oreillette dans la cavité ventriculaire. Chez deux autres sujets, il existait un bruit de râpe et un sifflement. M. Cazeneuve a noté un tintement métallique qui avait déjà été signalé par M. Bouillaud (1).

En même temps qu'on observe ces symptômes du côté du cœur, on en remarque assez souvent d'autres du côté des voies respiratoires. Malheureusement les observateurs ont encore négligé fréquemment de décrire l'état de la respiration; mais dans 11 cas où il a été noté, nous ne trouvons la respiration libre qu'une seule fois. Dans les autres, elle était plus ou moins gênée, fréquente, avec oppression et étouffement.

Il est difficile de dire si le mouvement fébrile qui existait dans le plus grand nombre des cas dépendait en tout ou en partie de l'inflammation de l'endocarde, ou s'il lui était entièrement étranger. On peut admettre que l'apparition d'une nouvelle inflammation a simplement donné une impulsion nouvelle à la fîèoreàép existante, car, dans certains cas de rhumatisme articulaire, on a pu assez bien constater ce fait. Ce que nous disons du mouvement fébrile s'applique également aux convulsions, à l'assoupissement, au délire, qu'on a observés dans un petit nombre de cas, et qui ne paraissent avoir qu'un rapport très éloigné avec l'endocardite.

Le décubitus ne présente rien de remarquable. Cependant, dans une des observations rapportées par M. Simonet, on voit que le malade était obligé de se coucher sur le côté droit. L'état du tube digestif n'offre rien qu'on puisse rapporter à l'endocardite.

Tels sont les symptômes de cette maladie. On voit combien ils sont obscurs et peu constants. Non-seulement ils ne se sont trouvés jamais qu'en petit nombre dans les divers cas soumis jusqu'à présent à notre observation, mais encore ils ont pu le plus souvent être rapportés à une autre affection qu'à l'endocardite. II est donc bien à désirer que cette affection soit étudiée avec méthode et persévérance, car les difficultés de cette étude sont très grandes.

(1) Traité clinique des maladies du cœur. Paris, 1841 , vol. in

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