‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 51 sur 306 · INDURATION SIMPLE DES VALVULES AURICULO-VENTRICULA1RES · texte numérisé non relu

INDURATION SIMPLE DES VALVULES AURICULO-VENTRICULA1RES

Comme pour les autres lésions de cos valvules, c'est presque toujours du côté gauche du cœur que se rencontre la maladie. Cependant dans quelques cas, çt MM Bouillauclet Hope en citent trois exemples, l'induration se rencontre dans la

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valvule fcricuspide : mais dans ces trois cas aussi il existait en même temps une induration notable de la valvule mitrale, et portée même à un plus haut degré que celle de la valvule droite; en sorte que, dans tous les cas d'affection du cœur que nous avons pu rassembler, nous n'en avons pas trouvé un seul où l'induration de la valvule tricuspide fût la seule lésion existante.

§ I. — Induration simple de la valvule mitrale.

Cette induration peut consister en un simple épaississement , ou bien en uné dégénération cartilagineuse ou osseuse des lames valvulaires; cependant il faut dire que l'induration, l'épaississement simple, ne se rencontrent pas fréquemment, car il est très rare que les concrétions osseuses ou cartilagineuses n'entraînent point avec elles, soit des adhérences, soit des déformations qui donnent lieu à un rétrécissement ou à une insuffisance.

On ne peut, dans l'état actuel de la science, assigner à cette lésion d'autres causes que les causes générales indiquées plus haut.

Symptômes. — Les signes phijsiques de l'induration simple de la valvule mitrale sont très difficiles à indiquer, attendu que dans tous les cas que nous avons sous les yeux, il existait en même temps d'autres lésions anciennes, et en particulier une hypertrophie considérable. Sur quatre cas que nous avons pu analyser, le bruit de soufflet a été noté deux fois, et dans les deux autres, il existait un bruit de râpe ou de parchemin ; deux fois seulement le temps auquel ce bruit se produisait a été noté. Il était double dans un cas, et avait lieu au premier temps dans l'autre. Mais ces bruits appartenaient-ils à l'induration de la valvule mitrale? C'est ce dont on doit fortement douter, quand on voit qu'il y avait en même temps une induration des valvules aortiques et des parois de l'aorte dans trois cas, et que, dans un entre autres, le bruit se prolongeait dans cette artère. Tout porte donc à croire que si l'état de l'orifice mitral est pour quelque chose dans la production du bruit morbide, on ne saurait le regarder comme en étant la cause principale. Au reste, remarquons que dans plusieurs observations le temps auquel se produisait le bruit anormal n'a point été parfaitement précisé, ce qui, comme on l'a vu plus haut, est cependant une condition essentielle d'un bon diagnostic.

M. le docteur Pichler (1) a vu un cas d'ossification complète des valvules des deux orifices gauches chez un homme de quarante-sept ans. Les symptômes principaux furent les suivants :

Pâleur, œdème de la face, lividité des lèvres ; respiration courte, anxieuse; toux expectoration abondante, muqueuse; oppression, faiblesse, palpitations; engourdissement des bras, œdème du carpe, œdème depuis les pieds jusqu'aux genoux • frémissement et sifflement au premier temps.

Ce qu'il y a surtout de remarquable, c'est que les premiers symptômes appaurent d une manière aiguë, avec fièvre violente, après une exposition à la pluie w mort survint après quelques semaines.

re faitTlf ? *** ** ^ * faisait abus des sPiritueux- Nous livrons fait a 1 appréciation du lecteur, tout en nous demandant s'il n'y avait pas dan ce cas, un rétrécissement notable. P ' ns

fi) Mém. de la Soc. impér. roy. de Vienne, 1842. VALLtax, 4« édit. — III.

Quant aux autres symptômes observés dans ces cas, voici leur indication : chez deux sujets seulement, on a apprécié la force des bruits du cœur, qui était assez considérable, et chez l'un d'eux une impulsion violente et double; elle était faible au contraire chez un autre, qui offrait une matilé précordiale très étendue. 11 n'y avait du reste aucune voussure dans cette région.

Le pouls, très fort chez un sujet qui avait une hypertrophie avec dilatation, était faible chez un autre qui se trouvait dans le même cas; irrégulier chez deux sujets, il était intermittent chez l'un d'eux. Deux de ces malades présentaient à un assez haut degré ce que l'on a appelé le pouls veineux, c'est-k-dire une fluctuation visible dans les veines jugulaires.

Les symptômes les plus constants étaient les palpitations, qui revenaient par necès, et s'accompagnaient à'ort/iopnée chez un malade; les autres sujets avaient de l'oppression et une dyspnée marquée; l'un d'eux avait un peu de toux, aucun n'éprouvait de douleurs précordiales; un seul en accusait une dans la région du foie.

Enfin des signes de congestion cérébrale lente, tels que des vertiges, la stupeur, la somnolence, et môme, dans un cas, des pertes de connaissance, venaient se ratlacher aux autres signes des troubles de la circulation.

Tels sont les symptômes qui se sont présentés dans ce petit nombre de cas. Si maintenant nous apprécions leur valeur, nous voyons qu'elle n'est pas fort grande, et qu'il est absolument nécessaire de faire de nouvelles recherches sur ce point. Peut-être trouvera-t-on des cas moins compliqués où l'on pourra dégager avec plus de facilité ce qui appartient en propre à l'induration simple des valvules initiales. Mais jusque-là il sera absolument impossible de lui assigner des caractères particuliers. Ce n'est assurément pas là la conclusion à laquelle est arrivé Laennec (1); mais en lisant l'article qu'il a consacré à l'induration des valvules, on voit qu'il confondait sous cette dénomination toutes les déformations de ces opercules, et que par conséquent il avait principalement en vue le rétrécissement et l'insuffisance des orifices.

Ne pouvant donc pas assigner à cette lésion des caractères particuliers, il serait inutile d'insister plus longtemps sur son histoire, qui rentre dans celle des altérations complexes du cœur, et plus particulièrement dans l'hypertrophie avec gêne plus ou moins notable du cours du sang.

§ II. — Induration simple de la valvule tricuspide.

Les mêmes réflexions s'appliquent à cette lésion, qui, nous le répétons, n'a peut- Être jamais été observée sans une lésion semblable du côté gauche; il serait inutile d'insister sur sa description ; nous dirons seulement que dans les deux cas où le pouls veineux a été noté, la valvule tricuspide était notablement indurée. Nous verrons plus loin si c'est à cet état de la valvule tricuspide qu'il faut attribuer la fluctuation dans la veine jugulaire.

(1) Traité de l'auscultation médiate, 3e édit., t. lll,cliap. xvn.

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