RÉTRÉCISSEMENT DE L*OMMGE MITRAL. — SYMPTÔMES
début de la maladie, elles finissent par devenir plus continues, quoiqu'il y ait encore éouemment des exacerbations marquées. Hope est tenté d'attribuer exclusivement ces palpitations a l'hypertrophie des parois du cœur et à la dilatation de ces cavités Cependant il faut admettre avec M. Bouillaud que le rétrécissement seul peut occasionner ce symptôme, puisqu'il a existé d'une manière évidente dans un cas observé par M. Fauvel, et où l'autopsie n'a montré aucune hypertrophie ou dilatation notable du cœur. Pendant que les palpitations ont lieu, les bruits deviennent plus tumultueux, quelquefois plus sourds, et l'irrégularité du pouls augmente.
La dyspnée, accompagnée d'un certain degré d'oppression, est un symptôme très fréquent. Ordinairement elle apparaît en même temps que les palpitations, et elle devient plus grande lorsque celles-ci acquièrent de l'intensité. Cette dyspnée peut être portée au plus haut degré, et alors il y a par moments des attaques de suffocation et comme des accès d'asthme qui forcent les malades à se mettre sur leur séant et à se tenir debout pour respirer. Un certain degré d'anxiété accompagne souvent ces symptômes, mais ce signe n'a pas fixé suffisamment l'attention des observateurs. Dans les cas où il en était ainsi, il y avait de fréquents réveils en sursaut.
Quoique dans les articles généraux on ait fréquemment parlé de la coloration de la face, il n'en est fait que rarement mention dans les observations. La face a été aussi souvent pâle que livide, avec un certain degré de bouffissure qui ne tenait pas à un œdème général.
On sait combien est fréquent l'engorgement sanguin du foie dans les maladies du cœur. Cependant cet état n'est mentionné que deux fois dans les observations ; mais il est plus que probable que cela tient au défaut d'attention des observateurs, car ils signalent ensuite cet engorgement dans leurs descriptions générales. Pour nous, nous l'avons trouvé constamment.
Quelques symptômes que l'on peut rapporter à la gêne de la circulation, tels que les battements artériels dans la tête, les litiges, les bouffées de chaleur, etc. , ont été très rarement notés.
Il n'en est pas de même de l'œdème, qui se montre fréquemment. Noté douze fois sur dix-sept cas, il n'était général que trois fois, et dans des cas où la maladie, portée à un haut degré, était déjà ancienne. Lorsqu'il était partiel, il commençait ordinairement par les extrémités inférieures, et se montrait ensuite à la face. Trois sujets ont présenté une hydropisie ascite ; chez eux la maladie était ancienne et avait atteint un haut degré. Si maintenant nous cherchons, dans les détails des faits, à quelle circonstance particulière on peut attribuer la manifestation de cet œdème, nous trouvons qu'il est difficile de résoudre cette question, puisqu'il a manqué dans des cas qui paraissent identiques avec ceux où il s'est montré. Cependant il faut remarquer que chez le sujet observé par M. Fauvel, et dont le cœur était à l'état normal sous le rapport du volume, il n'y eut point d'œdème. Faudrait-il, pour produire ce symptôme, une lésion différente du rétrécissement simple? C'est ce que l'observation pourra seule nous apprendre.
Pour terminer ce que nous avons à dire relativement aux symptômes, nous ajouterons que chez un petit nombre de sujets (trois sur dix-sept) , on a remarqué cette fluctuation dans les veines jugulaires externes, à laquelle on a donné le nom de pouls veineux, et que quelques-uns présentaient une toux pénible, intense et fré-
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§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
La marche de « elle affection est difficile à indique,-, attendu que dans les observations on n a pas toujours tenu un compte exact des antécédents. Cependant on peut dire d une manière générale qu'au début les symptômes ont une intermittence irréplîère. I) abord faibles, consistant eu quelques palpitations accompagnées d'un peu de dyspnée, ils deviennent graduellement plus intenses et de plus en plus cou imus, jusque ce qu'enfin ils ne laissent plus aux malades que quelques instants d une amélioration douteuse. On voit quelquefois l'œdème paraître et disparaître a Plusieurs reprises, avant de devenir permanent; on a cité même des cas où une l.ydrop.sie ascite bien marquée a disparu sans qu'on pût en trouver une came suffisante dans l'amélioration des principaux symptômes, mais pour reparaître plus tard. < Ionisait pensait que ces variations dans la marche de la maladie pouvaient être attribuées souvent à la nature de la lésion organique. 11 croyait que dans ces cas on pouvait admettre l'existence de végétations ou excroissances mobiles qui, par moments, venaient obstruer en partie l'orifice affecté ; il expliquait aussi dê cette manière les accès de palpitations et de d\spuée que l'on remarque ordinairement. Os explications, tout ingénieuses qu'elles paraissent, ne sauraient être admises, puisque cet te marche irrégulière des symptômes se rencontre dans des cas où l'orifice conserve une forma permanente. On sait d'ailleurs que les lésions qui changent le moins donnent lieu ordinairement à des symptômes variables : il n'y a rien là de particulier aux maladies du COSOT.
La durée de la maladie n'a pas été recherchée avec assez de soin par les auteurs. Le début est en général lixé d'une manière vague; ce n'est donc qu'approximalivement qu'on peut, à l'aide des faits recueillis, indiquer celle durée. Dans les cas où la mort a été causée par les simples progrès de la maladie du cœur, elle a varié de dix mois a dix ans. Lu général, elle a été de plusieurs années (deux ou trois). Dans les autres cas, une affection grave étant venue se joindre à la maladie principale, celle-ci a généralement été abrégée, et sa durée a varié entre trois mois et quatre ans et demi.
La terminaison de la maladie est constamment fatale. On a cité des cas où une amélioration assez notable a permis aux malades de reprendre en partie leurs occupations, mais aucun, où la guérison radicale ait été parfaitement constatée. Lorsque la mort arrive par les seuls progrès de la maladie du cœur, on voit augmenter les principaux symptômes : les palpitations deviennent constantes, la dyspnée continuelle; l'œdème fait des progrès et quelquefois devient très considérable; parfois le malade tombe dans une espèce de coma ; enfin la respiration s'embarrasse de plus en plus, la face prend un air hagard, les extrémités se refroidissent, les battements du cœur deviennent faibles, irréguliers, leur rhylhme est tellement altéré, qu'on ne peut plus, dans quelques cas, distinguer les divers temps, et le malade succombe ordinairement sans perte de connaissance. Dans la moitié des cas environ qlie nous avons consultés, la mort a été occasionnée par une affection intercurrente, une apoplexie cérébrale (une l'ois), un ramollissement cérébral fune fois .