PLEURÉSIE AIGUË. — MARCHE
La durée de la maladie ne varie que dans des limites assez étroites; malheureusement nous n'avons pas, pour l'apprécier, des recherches suffisantes. Tantôt les au- ;eurs comptent la durée de la maladie à partir de son début jusqu'au moment où e malade quitte l'hôpital ; tantôt, au contraire, ils la font commencer au moment )ù le malade entre à l'hôpital, pour la faire finir à son entrée en convalescence; 1 est inutile de faire remarquer quelles causes d'erreurs cette manière différente le présenter les faits pourrait introduire dans nos calculs. Nous nous bornerons lonc à dire que, dans le plus grand nombre des cas, la durée de la pleurésie varie le dix à vingt jours chez les sujets qui guérissent, et que quelquefois cette durée )eut se prolonger au delà de trois semaines. Lorsque la maladie se termine par la. nort, la durée est beaucoup plus variable. Chez les sujets atteints d'une affection ironique grave, elle a, dans les cas que nous avons rassemblés, causé la mort en rès peu de temps (deux, quatre et cinq jours) ; chez les autres sa durée a varié de [ix à trente-huit jours.
La terminaison de la maladie est très importante à considérer. Nous verrons, en ffet, que sur elle reposent les considérations thérapeutiques les plus intéressantes. 1. Louis a remarqué que la pleurésie simple, survenant dans le cours d'une bonne anté, se termine presque constamment par laguérison. Celle assertion a trouvé des ontradicteurs, mais aucun avant Al. Trousseau n'avait apporté en preuve des faits e quelque valeur. Pour bien comprendre la portée de la proposition de M. Louis, faut savoir, et c'est un fait que l'on a occasion d'observer journellement, qu'un tat antérieur de maladie, quelque léger qu'il soit en apparence, rend beaucoup lus graves les affections qui se développent dans son cours. Ainsi une angine simle, affection ordinairement si légère, devient: mortelle lorsqu'elle se développe ans le cours ou clans la convalescence d'une fièvre grave, dans le cours d'une afîction chronique, et même au milieu d'un catarrhe pulmonaire peu intense. Il en st absolument de même de la pleurésie. Quelque extraordinaire que puisse paûtre cette proposition, elle n'en est pas moins le résultat d'une observation exacte ue confirme l'expérience de chaque jour. Voyons donc, en les examinant sous ce oint de vue, ce qui s'est passé dans les cas que j'ai réunis.
Ils sont au nombre de 48, dont :>k doivent être regardés sans contestation comme es exemples de pleurésie simple. Or, dans ces ZU cas, la guérison a eu cons/amlent heu ; mais dans un 35% la maladie s'est terminée par la mort, bien qu'au reraier abord on soit porté à regarder la pleurésie comme simple. Ce fait, qui a é recueilli par M. Andral (1), mérite donc d'être examiné.
Il s'agit d'un sujet de dix-neuf ans, qui, après avoir éprouvé des douleurs vagues ans la poitrine pendant trois semaines, et une toux sèche persistante, entra à l'hôitaldans un état apparent d'assez bonne santé, mais avec tous les signes d'un unchement dans la plèvre. La maladie ne faisait aucun progrès, et laissait le made dans un état peu alarmant, lorsqu'il éprouva brusquement, un point de côté oient, et bientôt après les signes d'un nouvel épanchement qui se faisait entre
Wnt JhTTJ aUChtee;lediaPhr^ Alors l'état généra, s'altéra profon- .ment, et le malade ne tarda pas à succomber
Sans rechercher si cette seconde pleurésie, si brusquement apparue, ne tenait
(1) Archives gén. de mcd. Paris, 1323, V série, t. III, p. 2.19. Valleix, 4' édit. — III.
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pas à quelque lésion plus profonde, supposition permise, puisque l'état du poumon est à peine indiqué, nous ferons remarquer que chez ce malade il y a eu en réalité deux pleurésies. Or la seconde trouvant le sujet valétudinaire, toutes les circonstances se réunissaient pour rendre celte maladie grave. Les choses se sont donc passées comme dans les cas où la pleurésie survient dans le cours d'une bronchite. Seulement la phlegmasie antécédente, au lieu d'avoir son siège sur la muqueuse des bronches, occupait une autre partie de la cavité séreuse. Il suit de là que ce fait, qui d'abord semblait en opposition avec le principe établi plus haut, est un des plus remarquables parmi ceux qui viennent l'appuyer. Restent donc les faits signalés par M. Trousseau, et quelques autres parmi lesquels se fait remarquer le suivant : M. ïhibierge (1) a rapporté un cas dans lequel la gène extrême apportée dans la respiration par uu épanchement pleurélique, et. par les pseudo-membranes qui recouvrent la plèvre, s'est terminée par une syncope mortelle.
Les complications ne rendent cependant pas, il s'en faut de beaucoup, la pleurésie nécessairement mortelle. Fréquemment, en effet, on voit des sujets affectés de tubercules ou d'autres maladies presque aussi redoutab'es, guérir de pleurésies même assez intenses ; mais ces complications ajoutent une grande gravité à la maladie, puisque sur les U cas qui nous restent, 11 malades ont succombé. La grossesse doit être mise au nombre des circonstances aggravantes; en pareil cas, la pleurésie détermine souvent la mort, après avoir provoqué l'avorlemeut.
Ainsi l'état de santé dans lequel se trouve le sujet est un des objets les plus importants à considérer, et si on le néglige, on risque de tomber dans les plus
graves erreurs. .
L'affection peut-elle se terminer par des évacuations critiques, comme on le croyait autrefois? Pour toute réponse à cette question, nous dirons que, dans l'immense majorité des cas, on ne voit rien qui puisse donner lieu à une semblab e opinion. Forestus rapporte (2) un cas où, les règles ayant coulé abondamment, la guérison a eu lieu le septième jour. Mais nous avons hâte de laisser ce sujet, qui ne nous présente rien de posi.if, pour arriver à la descnpt.on des lésions anatomiques.
§ V. Iiésions anatomiques.
Il est rare qu'on n'observe à là surface des plèvres enflammées qu'une légère cou c pseudo-membraneuse. Cependant, dans des cas où le malade a succombe Tune époque très rapprochée du début, on n'a pas vu d'autre lésion : a pleurésie étai enœ s che- mais presque toujours on trouve un liquide mêlé de fausses S£ et h! reunion de ces derJproduits constitue le caractère anatoimque
(1) M cm. sur les modifications du bruit respiratoire dans ta pleurésie, etc. (Aral, gén.
de méd., mars 185-2.)
(2) Observationes med\cœ, nb. XVI, ods. ta.