‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 81 sur 306 · ANÉVRYSME PARTIEL DU COEUR.— LÉSIONS AN ATOMIQUES · texte numérisé non relu

ANÉVRYSME PARTIEL DU COEUR.— LÉSIONS AN ATOMIQUES

très connus. C'est principalement dans les cavités gauches, et surtout dans le ventricule, qu'on a trouvé la dilatation partielle du cœur. Parmi les faits recueillis par le docteur Thurnam, il n'en est pas un seul qui fasse mention de l'anévrysme partiel du ventricule droit, et quant à l'anévrysme partiel de l'oreillette droite, il est au moins extrêmement rare, car on n'a guère cité que l'observation rapportée succinctement par Puerarius. Cependant M. le docteur Canella (1) en a rapporté un autre exemple. La tumeur occupait la région moyenne du ventricule droit. La santé ne paraissait nullement altérée. La mort fut subite.

Tantôt la lésion consiste en une simple excavation dans la paroi du cœur; tantôt, comme nous l'avons dit plus haut, en une cavité très grande dans laquelle on pénètre par une ouverture quelquefois beaucoup plus étroite que le fond. Le fond du sac anévrysmal, lorsque la dilatation est très considérable, n'est plus formé que par quelques libres musculaires et par le péricarde. Dans un cas, on a vu, dit-on, la cavité accidentelle n'être limitée extérieurement que par l'endocarde et le péricarde réunis. Suivant M. Thurnam, chez vingt-cinq sujets, le fond de cette cavité aurait été constitué par tous les tissus qui entrent dans la composition des parois du cœur, c'est-à-dire qu'il y aurait eu alors un anévrysme sans rupture de l'endocarde; mais, ainsi que l'a fait observer M. Bizot, il est très facile d'être induit en erreur dans les cas de ce genre ; car il se forme très promptement une pseudo-membrane parfaitement semblable à la membrane interne du cœur, qui vient tapisser le fond du foyer anévrysmal; or, en admettant qu'il n'en fût pas ainsi pour les cas où la dilatation était très peu considérable, on a peine à croire que l'endocarde ait pu résister à la dilatation extrême qu'il a dû éprouver dans ceux où l'on a cru qu'il formait seul avec le péricarde le fond de la tumeur. Il est plus que probable que l'observateur a été induit en erreur par l'existence de la fausse membrane dont nous venons de parler.

Quelquefois un anévrysme partiel qui s'est formé dans un ventricule peut s'ouvrir dans l'autre : c'est ce qui eut lieu dans un cas observé par le docteur Jonathan Pereira (2), dans le service du docteur Luke.

Parfois aussi l'anévrysme est disséquant : on en trouve un exemple dans le cas de M. Todd précédemment cité. L'anévrysme, partant d'un côlé du ventricule et passant derrière une valvule sigmoïde, aboutissait à l'artère, et de l'autre conduisait dans une poche anévrysmale distincte qui faisait saillie dans l'oreillette droite. Les symptômes étaient les suivants : dyspnée extrême, hydropisie, congestion du foie, pouls faible et bondissant, bruit de souffle systolique, doux, à la pointe et vers l'angle de l'omoplate gauche. Fort bruit de soufflet à la base du cœur, remplaçant le second bruit. M. le docteur Bevill Peacock (3) a cité un cas dans lequel un anévrysme partiel du cœur, occupant la pointe de cet organe, se rompit dans le péricarde. Le sujet, déjà très malade, éprouva une douleur subite et déchirante à la région précordiale et une syncope. Il mourut cinq jours après.

On trouve aussi souvent le sac anévrysmal vide que rempli de caillots. Ceux-ci sont quelquefois fibrineux et consistants, comme les concrétions sanguines de quelques anévrysmes anciens de l'aorte. Le siège de prédilection de la dilatation

(1) Giornale deiprogr. dimed., mars 1844.

f2) Voy. London médical Gazelle, octobre 1845.

(3) Edinburgh med. and surg. Journal, octobre 1846

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^ VI. — Diagnostic.

Kst-il possible d'arriver au diagnostic de celle affection? On sont que rien du moins n'est plus difficile. Les symptômes que nous avons indiqués plus haut n'ont en effet, nen de particulièrement applicable à l'anévrysme partiel du coeur, et malheureusement, amsi que le fait remarquer U Thurnam, les obsenalions que nous possédons ne renferment qu'un petit nombre de détails tout à fait insuffisants, (/est encore là un sujet que l'observation seule pourra éclairer, et sur lequel nous n'aurions à présenter que des conjectures. On a, dans quelques cas, signalé l'existence d'un bruit de souffle au premier temps; mais ce signe n 'appartenait-il pas à une maladie concomitante des orilices du cœur?

Quant an traitement, il est évident qu'on n'en peut rien dire, puisqu'il n'a point été dirigé pari iculièrement contre la maladie qui nous occupe; il rentre donc nécessairement dans celui de la dilatation du cœur et de l'hypertrophie, avec lesquelles on a confondu cet anévrysmc partiel. Pour ce motif, nous renvoyons le lecteur aux articles suivants, où ce traitement sera exposé.

ARTICLE V

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