COMMUNICATION DES CAVITÉS DROITES ET GAUCHES DU COEUR
«oc cet équilibre soit rompu, ou par la puissance même des parois d'une des deux Liés ou par suite d'un rétrécissement d'un orifice qui forme un obstacle contre lequel la contraction d'une des deux cavités est obligée de lutter puissamment. En second lieu, on a remarqué que la coloration livide ne survenait souvent qu a une époque plus ou moins avancée de l'existence, quoique la communication anormale [ut congénitale; et enfui tout le monde a été frappé de cette réflexion de Fouquier que chez le fœtus, dans les vaisseaux duquel il ne circule que du sang noir, la peau n'est pas colorée en bleu. Nous ajouterons à l'appui de cette opinion un exemple que nous avons observé à l'hospice des Enfants trouvés (1). Nous trouvâmes chez un enfant une si large communication des ventricules et des oreillettes, qu'il n'y avait qu'un rudiment très faible de la cloison. Le mélange des deux sangs était donc nécessaire. Or cet enfant avait vécu plusieurs jours, nonseulement sans présenter la couleur bleue de la peau, mais encore en passant par les diverses colorations qu'on observe chez l'enfant naissant. Ainsi les téguments, après avoir été d'un rouge assez forcé, prirent une teinte légèrement jaunâtre, et finirent par devenir rosés, comme chez les autres enfants. Ne sait-on pas d'ailleurs que, dans les autres maladies du cœur et dans la période de froid des fièvres intermittentes, on voit apparaître cette couleur bleue, par le seul fait de la stase du sang veineux?
Il résulte de ces considérations que la cyanose ne peut point être regardée comme l'expression symptomatique de la lésion dont il s'agit, et, de plus, qu'elle ne constitue pas une maladie particulière , mais un symptôme commun à plusieurs affections, et seulement plus ou moins fréquent dans chacune d'elles.
C'est principalement à la face, aux lèvres, aux paupières, aux lobules des oreilles, au nez et aux extrémités, que se remarque celte coloration bleue. Quelquefois elle s'est montrée d'une manière remarquable aux parties génitales.
Je me suis servi du mot coloration bleue, parce que assez généralement c'est la teinte que présentent les tissus; mais, chez un certain nombre de sujets, la peau est plutôt violette, livide, sombre, ou «même noirâtre. M. Gintrac en a rapporté des exemples très variés. De plus, il a noté les circonstances qui donnent plus d'intensité à cette coloration : ce sont les divers efforts, la toux, la marche, les variations de température, les accès de suffocation, etc.
Les syncopes constituent un symptôme fréquent de la lésion dont il s'agit. M. Louis les a notées cinq fois sur sept cas de communication avec rétrécissement, et quatre fois sur un pareil nombre de cas de perforation sans rétrécissement. Ces lipothymies sont quelquefois effrayantes par leur durée; souvent même elles sont, précédées de menaces de suffocation, et M. Louis a vu un enfant chez lequel, à chaque accès, la mort semblait imminente.
La dyspnée est un symptôme plus fréquent encore, car on l'observe chez presque tous les sujets, qu'il y ait ou non rétrécissement des orifices. On a prétendu, il est vrai, que cette dyspnée manquait dans un plus grand nombre de cas que ne l'avaient pensé Laenncc et M. Louis; mais l'exactitude de cette assertion n'a pas été prouvée par les faits, cl si on l'a avancée, c'est que l'on a fait entrer dans l'énumération des cas de cyanose qui n'appartenaient pas réellement à la lésion du cœur
(I) Obscrv. do tramp-, e'c. <Arch. gcn. derned., 1835, 2e série, t. VIII, p. 78).
•MALADIES DES VOIES CIRCULATOtUES.
*jW nous traitons. Toutefois la dyspnée o'a ppini par elle-même gne valeur ab soluc; mais nous venons, à l'article du diagnostic «u'elle en -, „„ - , lorsqu'elle vient se joindre à quelques autres ^nomenTs " ^
Parmi les symptômes importants, on a noté, et le docteur Caillot (1) a surtout : ° ™ CC W W Mais M. Loui e C
on ee que quatre pas et seulement pendant les accès de suffocation. C'est su , tout lorsque la circulation est très gênée, lorsque la stase du sang est très cous dérable, et que les fonctions sont engourdies, qu'on observe cette LnsS
Tels sont les principaux symptômes attribués à la communication anormale des cay.tes du cœur; mais il eu est d'antres qui, sans avoir autant d'importance, mériten cl être signales. Si l'on examine la région précordiale, on trouve souven une mante plus étendue qu'à l'état normal, ce qui tient à l'hypertrophie avec dilatation du ventricule pulmonaire, dans la plupart des cas. En outre, on observe des palpitations plus ou moins violentes, avec impulsion forte en rapport avec l'hvoertrophie. 11
On a généralement négligé l'examen du cœur sous le rapport des bruits normaux ou anormaux. Dans quelques observations, on se contente de dire que les battements sont tumultueux ; mais du reste presque rien sur le timbre et la netteté des bruits. On n'a, ainsi que l'a constaté M. Louis, signalé que bien rarement un bruit de souffle ou un frémissement à la région précordialc ; mais, les eût-on signalés plus souvent, ces renseignements n'auraient pas été d'une utilité extrême, si l'on n'avait eu soin d'indiquer le moment précis où le bruit se serait produit. Aussi faut-il mentionner ici particulièrement l'observation recueillie par M. Déguise (2), et dans laquelle les signes stélhoscopiques sont notés avec précision. On entendit un fouit de souffle qui parut d'abord se prolonger dans l'aorte; mais M. Bouley, examinant attentivement le malade, reconnut que le bruit anormal se dirigeait de droite à gauche en suivant le trajet de l'artère pulmonaire : signe important, qui fit diagnostiquer le rétrécissement de cette artère.
M. Gintrac avance que le pouls est petit, irrégulier, intermittent et souvent fréquent; mais l'analyse des observations a encore prouvé que cette assertion était trop générale, et que ces caractères du pouls ne s'observent que dans un nombre limité de cas.
Les hémorrlwgies sont assez fréquentes chez les malades affectés de perforation des cloisons du cœur; mais le sont-elles plus que dans les autres maladies de cet organe où il y a également une stase" considérable du sang? C'est ce que les faits ne nous permettent pas de décider.
Restent enfin des symptômes très variables : ainsi diverses douleurs , ayant principalement leur siège dans la tète; la faiblesse générale; la difficulté qu'éprou-
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(1) Bulletins delà Faculté de médec nede Paris, année 1807.
(2) De la cyanose cardiaque, etc., thèse. Paris, 1843.