‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 94 sur 306 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES MALADIES DU COEUR

Sans nous étendre longuement sur des généralités qui pourraient ne pas avoir une application bien déterminée, nous devons cependant jeter un coup Lil su les articles précédents, afin d'indiquer quelques faits importants qui npont p s 1 y trouver place. 1 1 H

Le fait le plus général qui ressorte de tout ce qui a été dit plus haut , c'est qu'il est fort rare de rencontrer dans les maladies du cœur une lésion à l'étal de simplicité. C est ainsi qu avec les diverses altérations de l'endocarde et les déformations des orifices, nous voyons exister concurremment les maladies du tissu propre du cœur : l'hypertrophie, l'amincissement, la dilatation. Il s'ensuit donc que le praticien ne devra pas s'attendre à trouver fréquemment isolés les signes qui caractérisent chacune de ces lésions, mais qu'il devra s'atlacher à les démêler les uns des autres, et à établir ainsi le diagnostic des affections complexes qui viennent le plus souvent s'offrir à l'observation.

M. Monneret (1) pense au contraire que la thérapeutique ne peut tirer aucunavantage de la connaissance de ces lésions multiples ; au contraire le degré de force ou de faiblesse que l'on voit se manifester dans les contractions cardiaques et dans les capillaires des organes, et surtout l'état des forces générales , sont la source de données précieuses que le médecin doit s'empresser de saisir. Ces considérations sont justes dans une certaine limite, et l'on verra tout à l'heure que nous ne les négligeons pas. Toutefois elles me paraissent aller trop loin, car pour ne citer qu'un exemple, nous pourrions, dans l'insuffisance aorlique, croire à un surcroît de tonicité, tandis que Hope a parfaitement établi qu'en pareil cas les débilitants sont pernicieux.

Par les mêmes motifs, le traitement ne saurait s'appliquer exclusivement à une seule de ces altérations. Il faut faire en sorte de grouper les moyens curalifs de telle manière qu'ils s'adressent à toutes les lésions existantes. Toutefois il est un bon nombre de cas où l'une d'entre elles, dominant toutes les autres, appelle spécialement l'attention du médecin.

Si l'on a bien suivi les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de chacune des affections précédemment décrites, on aura vu qu'en définitive on était le plus souvent réduit à faire la médecine des symptômes. Ainsi, lorsqu'on trouvé des palpitations violentes avec soulèvement marqué de la poitrine, s'il y a en même temps congestion du foie, œdème, ascite et suffocation, on doit employer contre le premier symptôme, la saignée, la diète, le repos, etc. ; et contre les autres, les sangsues à l'anus, les diurétiques, la digitale, les calmants, la paracentèse.

M. le docteur Debreyne emploie la teinture de digitale à une dose plus élevée qu'on ne le fait généralement, et il l'associe au nitrate de potasse de la manière suivante :

^ Infus. de tilleul ou eau sucrée. 1 verre. | Nitrate de potasse i grain.

Dissolvez.

(1) Compt . rend, de la Soc. nvld. des liôpil. de Paris (Union mtd,, 21 septembre is;i2).

(JONSl DÉRATf OINS GÉNÉRALES SUH LES MALADIES DU COEUR. 213

Ajoutez :

Teinture de digitale 12 gouttes.

A prendre en trois fois dans la journée. Augmentez tous les jours la dose de teinture de six gouttes, jusqu'à soixante par jour, toujours en trois fois.

M. le docteur Jaegerschmits (1) a cité deux cas dans lesquels ce traitement a eu de très bons effets.

MM. Piédagnel et Sée (2) ont obtenu de bons effets de Yergotine , administrée comme sédatif des maladies du cœur.

Il est une indication particulière que nous ne devons pas manquer de signaler et sur laquelle on a principalement attiré l'attention dans ces derniers temps. Il arrive ordinairement, comme chacun sait , qu'à une certaine époque de la durée des maladies du cœur, et plutôt dans quelques-unes , comme V insuffisance aortique et la dilatation des ventricules , les organes circulatoires s'affaiblissent. De là impuissance du cœur à pousser le sang dans les artères, accumulation de ce liquide dans ses cavités, stase du sang veineux, suffusions séreuses, etc. En pareil cas on ne peut pas insister longtemps sur les émissions sanguines, qui jetteraient les malades dans une prostration funeste; quelquefois au contraire il survient une anémie marquée. Dans ces cas, il faut recourir aux toniques, et surtout aux ferrugineux , comme l'a fait remarquer avec raison M. le docteur S. Scott Alison (3). Nous nous bornerons à citer ici, parmi les moyens qu'il emploie, la mixture de fer composée :

If Myrrhe pulvérisée 8 gram.

Carbonate de potasse 4 gram.

Eau de rose 432 gram.

Sulfate de fer 3 gram.

Esprit de muscade 24 gram.

Sucre 8 gram.

Triturez la myrrhe avec l'esprit et le carbonate; ajoutez l'eau, puis le sulfate, et enfin le sucre. Dose : 30 à 45 grammes par jour. Il faut en interrompre l'emploi de temps en temps.

Enfin il est une considération des plus importantes, et qui n'a pas suffisamment fixé l'attention des médecins. L'observation prouve tous les jours qu'une grande catégorie de maladies du cœur reconnaît pour cause la gêne de la respiration occasionnée par les bronchites répétées et par Y emphysème, qui en est ordinairement la conséquence. Les cas de ce genre se manifestent principalement chez les gens avancés en âge, tandis que ceux qui nous présentent des lésions des orifices se montrent chez des sujets plus jeunes, et surtout chez des rhumatisants. Ces faits, implicitement indiqués dans l'histoire de l'emphysème, ont été plus particulièrement signalés en Angleterre, et longtemps avant de connaître ces recherches, nous les avions nous-même distingués. En pareil cas , l'hypertrophie se montre à un degré au moins aussi élevé dans les cavités droites que dans les gauches, et les orifices ne présentant pas d'altérations, il n'y a pas de bruit anormal à l'auscultation. La cause qui les produit étant les troubles de la respiration, il est évident que c'est contre ceux-ci que doit être principalement dirigée la médication. Ainsi, après avoir désempli le système veineux quand il y a congestion considérable, il faut se

(1) Bulletin gén. de thérap., 30 septembre 1851.

(2) Gazette des hôpitaux, mars 1847.

(3) Bulletin gén. de thdrap., 30 juillet 185,1.

nwJ^™Z f vomitifs Vopium, le daf.um, les fumigations émollientes cl narcotiques, mm en donnant les tomques, si ^état des forces l'exige

KénérI^t°nStf ? îaVant,age SUr CC SUjet' C0Dcerne l)lutôt la Pathologie m , !J i;athologle spécale; ces considérations suffisent d'ailleurs pour momie sur combien d objets différents l'attention des médecins doit êtrefij quand ils ont à reconnaître et à traiter les maladies du cœur

APPENDICE

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