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HYGIÉNIQUE, ESTHÉTIQUE, MORAL ET ÉCONOMIQUE

C’est-à-dife d’après leur influence sur la santé, sur la forme du corps, sur l’esprit et sur la meilleure uti lisation de la force musculaire :

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1“ L’effet hygiénique de l’exercice dépend de la quantité de travail dépensé, du temps et des conditions dans lesquelles ce travail s’effectue, c’est-à-dire de la dose d’exercice et de sa violence. L’effet hygiénique dépend aussi de l’entrain, de la gaîté, de l’énergie que le maître sait communiquer à ses élèves; l’effet hygiénique est le plus important à obtenir, il n’a rien à voir avec la force absolue ni avec la grosseur des muscles, c’est l’équilibre des fonctions qui amène la vigueur et la force de résistance.

2° L’effet esthétique dépend de la nature de l’exercice et de la répartition des efforts sur les différentes parties du corps qui se modifient et se développent suivant leur degré et leur mode d’activité.

C’est ainsi que la répétition de mouvements mal choisis ou mal exécutés peut amener des déformations tandis qu’une bonne gymnastique doit au contraire conserver à l’homme sa forme normale et contribuer à la beauté corporelle.

Il ne suffit pas que les muscles soient développés, il faut encore que les pièces du squelette soient maintenues dans leurs rapports normaux, que le rachis n’ait pas de courbures exagérées, que la tête soit placée audessus de la base de sustentation, que la symétrie des membres soit parfaite, l’épaule fixée au thorax, ni trop haute, ni trop basse ; la poitrine ouverte, saillante et l’abdomen effacé. La beauté consiste encore dans l’attitude générale du corps, dans l’aisance et la grâce des mouvements.

3“ L’effet moral de l’exercice d.épend des qualités viriles qu’il met en jeu. La volonté, la persévérance, le courage et l’audace s’exercent, se développent ou s’amoindrissent comme la force musculaire.

4“ L’effet économique de l’exercice dépend de la

qualité de son exécution, qualité consistant dans la coordination parfaite des mouvements, ce qui permet d’obtenir un rendement maximum en travail utile avec le minimum de dépense et devient une condition de l’adresse dans l’application de la force acquise.

Qualités de la leçon de gymnastique.

Un mouvement n’est un exercice gymnastique qu’autant qu’il produit nettement un des effets précédents.

La leçon de gymnastique scolaire se compose de la réunion de mouvements volontaires variés et gradués de telle façon que sous la direction d’un seul maître, un grand nombre d’élèves puisse bénéficier des quatre effets de l’exercice.

La qualité de la leçon de gymnastique dépend de la juste proportion établie entre ces quatre moyens de perfectionnement et de la faculté de s’adresser à une plus importante collectivité.

En général, la leçon doit se composer de mouvements destinés à activer la circulation du sang et la respiration, à développer harmonieusement le système musculaire, à rémédier aux mauvaises attitudes de l’épaule, à dilater la cage thoracique, à redresser les courbures exagérées de la colonne vertébrale, à développer spécialement les muscles des parois abdominales.

La leçon doit aussi comprendre des exercices qui récréent l’élève, le rendent adroit et souple, atténuent le vertige, perfectionnent les allures normales et trouvent leur application immédiate à la vie sociale. La leçon sera donc ; 1° complète et utile; 2° graduée; 3“ intéressante, dirigée avec ordre et énergie.

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Précautions hygiéniques.

Les exercices ne doivent pas être pratiqués immédiatement avant ou après les repas, il convient de laisser un intervalle d’au moins une heure.

Emplacements favorables.

Les préaux fermés et les salles de classe sont des lieux impropres aux exercices gymnastiques; dans le cas où, très provisoirement, il serait nécessaire de les utiliser, il est indispensable de renouveler l’air avant la leçon. Dans les lieux fermés, on ne couvrira pas le sol de sciure de bois, de tan, de sable, ni d’aucune substance triable : celles-ci ont l’inconvénient de se répandre eh poussière dans l’atmosphère. Le sol restera complètement nu : il suffira d’un léger arrosage avant les exercices.

Pour amortir les chutes on pourra se servir de matelas ou de paillassons spéciaux.

La leçon doit se donner, autant que possible, dans la cour, à l’air libre, excepté cependant pendant les grands froids.

Les scories écrasées ou les graviers agglomérés par la compression sont à recommander pour constituer le sol de la cour.

On doit ménager dans celle-ci un emplacement restreint couvert de sable meuble réservé aux sauts.

Il est désirable que les cours soient dépourvues de trottoirs à angles vifs qui peuvent être la cause de chutes dangereuses.

Vêtement.

Pour se livrer aux exercices gymnastiques il faut avoir les mouvements absolument libres.

En conséquence les élèves devront se débarrasser des vêtements, tels que capuchons, pardessus cachenez, qu’ils mettent à la sortie de l’école.

Le maitre veillera à ce que le cou, le ventre et la poitrine ne soient point comprimés.

Il proscrira toutes les ceintures larges et non élas-' tiques dont l’usage est non seulement inutile mais peut être dangereux.

Respiration.

Les inspirations profondes, prolongées, déterminant l’ampliation la plus complète du thorax, seront recommandées aux élèves à l’exclusion des inspirations brusques, précipitées, désordonnées, qui amènent l’essoufflement et les troubles de la circulation.

Pendant les exercices cadencés et prolongés, comme la course, on conseillera de rythmer la respiration.

La respiration (inspiration et expiration) se fera de préférence par le nez, la bouche fermée.

Il faut veiller cependant à ce que les élèves ne ferment pas la bouche pendant qu’ils font des efforts musculaires.

L’effort musculaire ne doit jamais se prolonger ni être accompagné de la retenue de la respiration.

On s’assurera de temps en temps de ce fait en faisant

compter à haute voix pendant l’exécution d’un mouvement.

Dans la course rapide la poitrine est gonflée d’air et de sang par les efïorts d’inspiration que l’on fait inconsciemment. La difficulté est d’expirer l’air impur qui tend à s'accumuler dans le poumon. C’est en rythmant la respiration avec le pas qu’on évite les graves inconvénients de l’asphyxie et de la mauvaise circulation pulmonaire et cardiaque.

Énergie des exercices.

Dans le jeune âge les mouvements de force doivent être absolument délaissés. Les contractions trop énergiques arrêtent la croissance et ne doivent être pratiquées qu’à l’àge adulte. Les mouvements ne doivent pas non plus être saccadés ni précipités. Il ne faut pas confondre la vigueur avec la saccade d’un mouvement. Ce dernier doit arriver à son développement complet et être énergique sans à-coups. ,

Les détentes brusqueg ne sont indispensables que dans les sauts, l’escrime, la boxe et le lancer. Les contractions longtemps maintenues ont une action toute différente sur les muscles. Elles sont nécessaires pour assurer le raccourcissement des muscles du dos, produire la rectification du rachis et assurer la bonne position de l’épaule, mais il faut pour cela exécuter les mouvements des bras dans le plan des épaules afin de rapprocher les bords spinaux des omoplates.

Il faut aussi raccourcir les muscles de l’abdomen pour assurer la solidité de ses parois, maintenir les viscères et diminuer la courbure lombaire du rachis.

Température ambiante.

II faut éviter, Thiver surtout, que le maître passe une partie du temps consacré à la leçon en explications verbales durant lesquelles les élèves restent immobiles dans une atmosphère froide ou sur un sol humide. Les mouvements partiels seront alors remplacés par des mouvements plus généraux pour activer la respiration et la circulation du sang.

Fonctions de la peau.

C’est une erreur de croire que la transpiration soit à redouter. Il est au contraire hygiénique de la favoriser par l’exercice musculaire, à la condition que l’on s’entoure des précautions nécessaires pour éviter ensuite les refroidissements.

Il est bon que le vêtement, plus léger en été qu’en hiver, soit toujours fait d’étoffe de laine. Il faut se garder de terminer la leçon par des exercices intenses qui provoquent une abondante transpiration, puis de s’arrêter immobile dans un courant d’air.

Il faut défendre absolument l’absorption d’eau froide lorsque le corps est échauffé par l’exercice.

L’Éducateur ne saurait trop veiller à la propreté de la peau et des vêtements de ses élèves, propreté qui est aussi indispensable à la santé que l’exercice luimême.

Le mieux serait de changer les vêtements qui ont été portés pendant la leçon et de faire suivre celle-ci d’ablutions d’eau froide et de frictions à sec afin

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d’entretenir la propreté de la peau. Le bain devra remplacer ces soins quotidiens, s’il est jugé d’une application plus pratique (1).

Contre-indications de l’exercice.

Les exercices de gymnastique produisent l’accélération des battements du cœur et de la respiration : mais en ancun cas ils ne doivent amener un essoufflement pénible ou des palpitations de cœur. Ces symptômes indiqueraient, ou bien que l’exercice est au-dessus des forces du sujet, ou bien que celui.-ci

Usage de l’eau froide (l)

L’hydrothérapie, c’est-à-dire l’usage de l’eau à l’extérieur sous forme de douches, d’ablutions ou de bains, est un complément indispensable, des exercices du corps. Non seulement elle contribue à la santé en entretenant la propreté et les fonctions de la peau ; mais elle active la nutrition et augmente l’énergie vitale, à tel point que l’on peut dire que, associée aux exercices physiques, l’hydrothérapie bien comprise donne à l’individu le maxirriv/m, de santé dont il est capable. Par là même elle lui permet de lutter plus énergiquement contre les maladies qui le menacent ; et en particulier l’usage régulier de l’eau froide le rend plus résistant aux efiets nuisibles des refroidissements.

La meilleure façon d’appliquer l’hydrothérapie consiste dans la douche froide en jet, donnée immédiatement après l’exercice de gymnastique. On peut encore prendre la douche le matin au lever; ou à défaut d’installation, employer l’ablution froide.

(1) Note l’édigée par le D' Lamy.

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est atteint d’une affection incompatible avec la gymnastique ordinaire. S’ils se reproduisent avec persistance, et à plus forte raison, s’il s’y ajoute de la pâleur du visage, des saignements de nez, une teinte violacée des joues et des lèvres, l’élève devra être dispensé provisoirement de la gymnastique et soumis à l’examen d’un médecin qui jugera la question.

Pour que l’hydrotérapie produise l’effet exigé, il est indispensable de se conformer aux prescriptions suivantes ;

1“ La douche ou ablution froide doit être prise ayant chaud. Une légère moiteur de la peau est la condition la plus favorable. En aucun cas, on ne doit prendre la douché ayant froid, car la réaction, dans ces conditions, se faisant mal ou même faisant défaut, on s’exposerait à des accidents. L’extrême fatigue, accompagnée d’une transpiration abondante, doit être évitée pour le même motif.

2“ L’hydrothérapie doit être appliquée dans une pièce chaude. Air chaud^ eau froide : telle est la règle. Les meilleures conditions sont : une température de 20 à 25 degrés pour l’air de la pièce — de 10 à 12 degrés pour l’eau.

. 3" L’effet de la douche ou ablution froide doit être une réaction modérée : c’est-à-dire la production d’une doucechaleur à la peau, accompagnée d’une sensation de bienêtre général. Pour favoriser la réaction, il convient de faire suivre l’application d’eau froide d’une friction sèche énergique de la peau, principalement dans la région du dos et sur les membres inférieurs. L’usage du gant de crin, la percussion avec la paume des mains sur les épaules, les cuisses et les jambes, sous la plante des pieds sont encore d’excellents moyens.

4“ Une fois rhabillé, il est utile de se livrer à un exercice physique modéré : le mieux est une marche un peu active de 1/4 d’heure à 20 minutes.

5° L’hydrothérapie doit être pratiquée loin des repas, la digestion une fois terminée, c’est-à-dire deux heures au

Groupement des élèves.

II est à souhaiter que les élèves soient répartis en différents groupes, suivant leur constitution et leurs aptitudes physiques plutôt que d’après- l’âge et la taille.

' Chaque groupe ou section pourra être dirigé par un moniteur, toujours sous la surveillance du maître.

Il ne se composera pas de plus de 20 élèves.

moins après les repas principaux. Il n’y a d’exception à cette règle que pour le repas du matin, qui peut être pris avant la douche sans inconvénient, et même avec avantage pour certaines personnes.

Voici maintenant les contre-indications â l’usage de l’eau froide. •

1° On doit suspendre l’hydrothérapie par les très grands froids, l’orsqu’il est impossible d’obtenir une température sufiBsante de l’eau et de l’air de la pièce. — Mais il ne faut pas croire que l’eau froide soit nuisible en hiver d’une façon générale. Au contraire, l’hiver, est la saison par excellence de l’hydrothérapie. C’est en hiver que la réaction se produit le mieux.

2“ Chez certains sujets, l’eau froide amène l’insomnie et une irritabilité parfois assez vive. Il faudra chez eux avoir recours aux douches chaudes ou mieux aux douches dites écossaises (eau chaude et eau froide appliquées successivement) ; et en tout cas n’arriver à l’eau froide que graduellement, c’est-k-dire en. abaissant chaque jour la température de l’eau.

3“ Enfin il est inutile d’ajouter que les individus atteints d’une affection ou d’une infirmité quelconque ne devront être soumis k l’hydrothérapie qu’après avis préalable du médecin.

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Gradation dans l’énergie des exercices.

Pendant une même séance, il faut amener graduellement les élèves à exécuter des mouvements énergiques qui demandent un effort supérieur à ceux de la vie ordinaire, mais il ne faut pas terminer la leçon par ces derniers exercices, il faut au contraire en diminuer progressivement l’énergie jusqu’à la fin.

Les exercices nécessitant un effort très actif seront toujours séparés par des pauses de courte durée destinées à rétablir la régularité de la respiration et de la circulation.

Il ne faut surtout pas confondre l’effort musculaire énergique avec la violence due à la grande quantité de travail produit.

Il nous suffira de rappeler brièvement les règles à suivre dans l’emploi de l’hydrotbérapie.

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