‹ Guide du mécanicien conducteur de machines locomotivesChapitre 21 sur 98 · DES MANETTES. ’ • * . , ■ / · texte numérisé non relu

DES MANETTES. ’ • * . , ■ /

Il importe au plus haut degré aux mécaniciens de connaître à fond ces déux opérations ; il faut les bien comprendre pour les exécuter sans hésitation, sans tâtonnement, pour ne pas perdit1 la tête au moment où il faut déterminer un mouvement rapide

Nous décrirons d’abord pour chaque machine la disposition

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à donner à la distribution pour la marche en avant ou eu ar- , îière.

Dans les machines de Bury, de Taylcur et de Jackson, il n’y a que deux excentriques qui jouent sur l’axe coudé et peuvent être conduits par les manettes. Quand on veut changer la distribution sans que la machine bouge, on fait tourner au moyen des manettes les excentriques sur leur axe; il ne s'agit pour cela que d'imprimer aux manettes un mouvement opposé à celui de là marche qu elles avaient en s’arrêtant, mais toujours en croisant leur mouvement, afin que chaque course des deux manettes fasse faire unedemi-révolution à l’excentrique. Ce mouvement peut se faire dans les machines de Bury, sans déranger latéralement les excentriques , parecque les tocs qui conduisent les excentriques sont, dans ces machines, posés sur l’essieu coudé; et comme ils ne conduisent les excentriques que dans ce sens, ceux-ci ne trouvent pas de résistance à se mouvoir dans le sens opposé au toc. Mais dans les machines de Jackson et de Taylcur, comme le toc d’excentrique fait partie d’un collier fixé sur l’essieu et entre dans une ouverture pratiquée à cet effet dans l’excentrique , il en résulte que dans les deux sens l’excentrique est prisonnier. Dans ces dernières machines, il faut donc, pour changer la marche, commencer par repousser l’excentrique d'un collier sur l’autre, en pressant sur le levier de changement, et faire faire, à l’aide des manettes, à ces excentriques, et sans cesser de presser le levier de changement, la demi-révolution nécessaire pour que le toc entre dans leur ouverture.

Il arrive souvent qiïe lor sque l’on veut changer la distribution d’une machine à deux manettes, la manette que l’on sollicite résiste et l’on ne peut la faire mouvoir; cela dépend uniquement de sa position : en effet, quand une manette est à la fin de sa course , L’excentrique est horizontal ; il ne faut donc pas essayer , de la faire mouvoir, l’effort ne sollicitant pas l’excentrique dans le sens de la rotation , le pousse ou le tire, et dans les deux sens il résiste et l’on ne peut modifier sa position; c’est l’autre manette qu’il faut alors faire mouvoir, pareeque si l’excentrique de

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la précédente est horizontal, celui de la seconde doit être vertical ; alors, en tirant ou poussant la manette de cet excentrique, on imprime un mouvement de rotation à l’autre excentrique, qui fait un angle aigu avec l’horizon ; alors de l’autre main on aide la seconde manette à suivre la première, l’on fait faire ainsi aux excentriques une demi-révolution qui place les manettes dans le sens contraire à leur première position , et on les amène au point où le toc qui doit les conduire s’introduit dans l’ouvérture pratiquée pour le recevoir.

Dans les machines de Taylcur la marche en avant est celle «le prise des excentriques-, quand le levier de changement est à droite; la marche en arrière , quand il est à gauche. Dans les machines de Jackson , quand le levier à pied est levé , la marche est en avant; quand il est abaissé sous lementonnet , elle est en arrière. Dans les machines de Bury la marche en avant est déterminée par l’appui du toc tourné sur l’axe dans le sens de la marche des roues en avant; il est en arrière par l’appui du tocopposé, tourné dans le sens de la marche des roues en arrière.

Dans cette description que nous venons de donner de la mise en état de marche en avant ou en arrière de la distribution , nous n’avons indiqué que la marche des excentriques restant liés aux manettes, et nous n’avons pas parlé du jeu des tiroirs par rapport au mouvement des manettes et au travail du piston , pareeque les mécaniciens ne s’en préoccupent jamais dans cette opération.

Dans la marche à la main, il importe, au contraire, que le mécanicien sache bien couramment quel est l’effet de chacune des manettes par rapport au mouvement des tiroirs, c’est-à-dire dé quel côté du piston elle met la vapeur. Bien que quelques méea- Miicicns ne sentent pas la nécessité de se bien mettre au covrant de la distribution sous ce rapport, et qu’ils ne se guident dans le mouvement des manettes que sur la position des manivelles de l’axe coudé, toujours est-il qu’ils auraient beaucoup plus d'aplomb et de confiance dans leur manœuvre à la main s’ils

connaissaient la transmission du mouvement des manettes aux tiroirs au lieu de tâtonner si souvent pour connaître la corrélation du mouvement des manettes avec l’allure des manivelles ; plusieurs ras démontrent ce que noqs disons ici: en effet, quand, en faisant marcher une machine à la main , elle prend une vitesse telle que l’on ne peut suivre ses révolutions et que l’on brouille la distribution et par conséquent les allures, le moyen de retrouver rapidement la marche de la distribution est de connaître le mouvement que les manettes impriment aux tiroirs.

Dans une autre circonstance, lorsque le mécanicien est plaéé sous la machine pour rajuster quelques pièces et qu’il a besoin de faire faire un mouvement à la machine, il faut qu il puisse indiquer à son chauffeur la manette qu il doit faire mouvoir, sans être obligé de le faire tâtonner. Dans le passage d’une plateforme tournante, lorsque lés deux cales ont été enlevées à-la-fois par la négligence du chauffeur, le tâtonnement peut (aire reculer

• la machine et la faire sortir de la plaque.

Tout mécanicien rjui ne se guide que sur le mouvement corrélatif des manettes et des manivelles est exposé à des désagrémens * de ce genre; il lui faut une étude de routine pour chaque machine, et la moindre différence dans la transmission «le mouvement des manettes aux tiroirs est pour lui une difficulté; il faut donc, pour les éviter, qu’il commence par bien comprendre la corrélation qui existe entre le mouvement des manettes et celui des tiroirs. Cette corrélation, que nous avons expliquée dans la description détaillée, est directe, c’est-à-dire que les manettes communiquent aux tiroirs un mouvement d'une direction identique à celui qu’on leur fait subir; le tiroir le communique au piston , le piston à la manivelle. Ainsi une manette poussée sur l’avant fait faire au tiroir, au piston , à la manivelle , un mouvement sur l’avant. Si , dans ce cas, les manivelles sont au-dessus

• «le l’horizon, la machine marchera en avant. Ce raisonnement ne peut s’appliquer aux machines de Bury : dans ces machines la corrélation entre les manettes et les tiroirs est inverse; de plus, la communication est croisée : c’est-à-dire que la manette

de droite répond au tiroir de gauche, et réciproquement.

Cela connu, le mécanicien qui veut faire marcher une machine à la main, s’il veut se porter en avant doit commence! par déterminer le mouvement des roues dans ce sens, mettre la vapeur dans le cylindre du côté de la tige du piston quand les manivelles de l’axe coudé sont au-dessus de l’horizon ; derrière le piston du côté opposé à la tige quand elles sont audessous de l’horizon. Pour mettre la vapeur à coup sûr de cette manière, on voit. qu’il faut, comme nous venons de le dire, que le mécanicien sache à quel mouvement du tiroir se rapporte tel .mouvement d’une manette, car cela dépend, dans chaque machine, des leviers directs ou des axes concentriques de la transmission du mouvement de la distribution.

Il y a peu de temps que l’on commence à remplacer 1 usage de «leux manettes dans les machines par un seul levier qui embraye la distribution pour la marche en avant et en arrière.

Nous avons décrit la disposition de la distribution dans chacun île ces cas. Les machines à deux manettes ont sur les autres l avantage qu’en cas de perte d’un boulon d’excentrique ou de rupture de la barre d’embrayage, on peut conduire à la main celui des tiroirs que la banc d’excentrique ne mène plus. Elles ont l’inconvénient d’être d’une manœuvre plus difficile pour- le passage sur les plates-formes, le changement de mouvement y est aussi moins rapide que dans les machines à un seul levier.

il est indispensable de savoir conduire à la main les machines à deux manettes ; outre le cas d’accident, le passage sur les platesformes ne peut se faire avec sûreté qu’en désembravant les excentriques et en marchant à la main.

La marche à la main des machines à deux manettes est facile à expliquer quand on est en vue des pièces qu’il faut conduire; mais, comme, lorsque le mécanicien est sur sa machine, le jeu des pièces qu’il a à faire mouvoir est hors de sa vue, il importe qu’il se pénètre bien alors des principes sur lesquels elle repose : nous les indiquerons ici.

Quand les manivelles sont suivies d’équerre par leurs exren-

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triques sur l’axe coudé, le mouvement qu elles font opérer à la barre d’excentrique, est dans la première partie de la course, inverse de celui qu’opère la tige du piston.

Mais, comme il faut que le mouvement du tiroir soit dans le même sens que celui de la tige du piston, afin de découvrir la lumière d’extrémité pour l’introduction de la vapeur, on a disposé un levier intermédiaire qui communique au tiroir un mouvement inverse de celui de la barre d’excentrique.

Ces leviers intermédiaires, conduits par les barres d’excentrique à leur extrémité inférieure et liés à la tige des tiroirs à leur extrémité supérieure, sont aussi mis en mouvement par les manettes auxquelles ils sont liés. Ils sont montés sur des axes fixes et concentriques pour chaque cylindre qui permettent d’opérer isolément les mouvemens des tiroirs. Les barres d’excentrique pouvant être désembrayées , la machine se conduit alors à la main

Ainsi que nous l’avons vu dans l’exposé de la distribution de vapeur, la marche des tiroirs doit toujours être , à l’origine de la rçpurse, dans le même sens que la marche du piston. Or, les manettes étant liées directement aux axes intermédiaires sur lesquels sont montés les leviers moteurs des tiroirs , le mouvement des manettes est le même que celui des tiroirs: donc le mouvement des manettes est le même que celui qui est imprimé aux pistons.

Il ne s’agit donc plus pour le mécanicien que de reconnaître la relation de mouvement entre chaque manette et son tiroir, ce qui dépend de la disposition des leviers concentriques de transmission du mouvement; et un coup-d’œil suffit pour cela.

Il faut ensuite qu’il examine la disposition des manivelles sur l’axe coudé. Ces manivelles étant d’équerre sur cet axe, dans la marche en avant l’une précédera l’autre; et celle-ci, dans la marche en arrière, marchera la première. Les manettes auront un mouvement analogue; il suffira donc au mécanicien de voir quelle est celle des deux manettes qui précède l’autre dans la marche en avant pour en déduire la position et le mouvement des manivelles, des tiroirs et des pistons, puisque le mouvement

des manettes , des tiges des tiroirs , des tiges du piston et des manivelles de l’axe coudé est le mente, c’est-à-dire a lieu dans Je même sens.

Même observation que ci-dessus pour les machines de Bur-y.

On voit , d’après la corrélation qui existe entre les manettes', les tiroirs, les pistons et les manivelles, qu’un seul coup-d’œil suffit pour se rendre compte de la marche à la main. Si la machine est en mouvement, un regard sur les manettes indique leur mouvement relatif, et l’on en déduira le mouvement de toutes les pièces. Ainsi, dans les machines de Tayleur, la manette de droite conduisant le tiroir du cylindre de droite, et la gauche If tiroir du cylindre de gauche; si dans la marche en avant la manette droite précède la gauche , on en déduira que lorsque la manette droite est penchée sur l’avant, le tiroir du cylindre d< droite a marché en avant, que le piston marche également eu -•avant, que la manivelle droite précède la gauche et qu elle accomplit, pour marcher en avant, la demi-révolution dans la quelle elle traverse la verticale au-dessus de l’horizon.

Cette explication, quelque courte qu elle soit, suffit pour lan< comprendre la marche à la main des machines à deux manettes ; et il ne faut pas s’étonner alors qu'un grandnombre de mécanicienen connaissent la routine sans se rendre compte des principes sm lesquels elle repose.

Dans l’application, il arrive très souvent que les mécaniciens . même les plus habitués à la routine de la marche à la main , tà- ‘ tonnent encore; ceux qui manquent d'habitude perdent la têtu.. Pour éviter ces inconvéniens, les mécaniciens devront suivre les prescriptions suivantes.

69. Passage sur les plates-formes et scr les croisemens de voie — En arrivant à la station, lorsque le train est arrêté, que la machine est décrochée du train et qu’il faut la passer sur la plate-forme;, le mécanicien donne un peu de vapeur pour approcher la machine sans lui donner de vitesse; dans ce court espace, il examine la marche des manettes et s’assure de celle qui précède l’autre; il ar-

en

rêtc ensuite la machine sur la plate-forme, à l’aide du frein , fermant d’abord le régulateur, et le chauffeur place les cales sous les roues : ces cales peuvent être placées de chaque côté de la grand*: roue, ou à l’opposé l’une de l’autre devant la grande roue , et derrière la petite roue de devant. Dans tous les cas , il faut éviter de caler avec précipitation. La machine lancée monte sur la cale, et on court risque de soulever la roue entre les cales lorsqu’on n’attend pas, pour caler du côté opposé, qu elle en soit descendue.

La machine calée, le mécanicien délie la distribution, la plateforme est tournée, et le'chauffeur commence par ôter la cale d avant. Si elle est serrée, le mécanicien renverse la manette qui est eij avant et donne un peu de vapeur; la machine recule légèrement en montant sur la cale d’arrière; la cale d’avant retirée, le mécanicien remet la manette sur sa marche, la machine avance, mais le mouvement qu’elle accomplit est variable par la cause que nous allons expliquer. . > m

Quatre mouvemens des manettes sont nécessaires pour faire taire aux roues des machines une révolution, c’est-à-dire une av mcc de cinq mètres environ : deux mouvemens de manettes font donc avancer la machine d’une demi-révolution , c’est-à-dire de a m. 5o; mais cette dernière révolution se fait pour chaque manette en deux fractions inégales , l’une de 65 à centimètres environ , l’autre de i m. 85 à i m. y5.

Cette inégalité tient à ce que les deux manivelles étant d’équerre, lorsqu’elles sont l une au-dessus, l’autre au-dessous de l’horizon , le changement d’y ne manette fera prendre à la machine la plus faible avance; mais lorsque les deux manettes seront cuscmble audessus ou au-dessous tle l’horizon, la machine recevra du mouvement d’une manette la marche la plus forte. Cela se comprend facilement: dans le premier cas, l’angle sous lequel se trouvent les manivelles ne permet pas à la vapeur de donner à la machine une forte impulsion ; dans l’autre, au contraire, les manivelles sont sollicitées à-la-fois et sous l’angle le plus favorable.

Il résultcdelà que le mécanicien ne doit éprouver aucune crainte de la vitesse qu’il voit prendre à sa machine: quanti il a fait mou-

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voir une manette, s’il a devant lui un espace de plus de i m. 80 il peut la laisser aller; mais soit quelle prenne l’avance la pluforte ou la plus faible, il faut qu’il attende , pour mouvoir l'autre manette, que la machine soit arrêtée: s’il se hâte de faire suivre la première manette qu’il a tirée ou poussée par la seconde, l’accélération de mouvement que subit la machine lui fait dépasser le point où elle s’arrêterait ; alors la distribution ne se trouve plus en harmonie avec les mouvemcns des pistons, et le mécanicien peu habitué, ne se donnant pas le temps d’examiner les nouvelles relations dans lesquelles elles se trouvent, tâtonne et s’embrouille dans le jeu des manettes. Afin d’empêcher le mouvement d’accéléralion, il faut saisir le moment où la machine ayant obéi à l’impulsion que le mouvement d’une manette lui a fait subir, s’arrête et est prête à revenir sur elle-même ; il faut avoir le soin de tenir le régulateur légèrement ouvert afin que la machine éprouve, par la valeur dans les cylindres , de la résistance à prolonger sa marche jusqu’à ce que le jeu de la manette suivante ait produit l'échappement de cette vapeur et son introduction par le côté opposé.

Lorsque la machine arrive sur la seconde plate-forme, le mécanicien ne doit pas compter sur les cales pour l'arrêter. Comme le jeu d’une seule manette à-la-fois donne le mouvement à la machine, il en résulte qu’en poussant ou tirant cette manette, il ai'; rêtp la machine précipitamment au point qu’il veut. Ces niouve mens doivent être faits avec délicatesse; sur la plate-forme, plus encore qu’avant d’y arriver, il faut éviter le mouvement brusque des machines : il faut aussi avoir le soin de poser les machines sur les plate-formes de manière que le poids soit autant que possible également réparti des deux côtés; sans cela la plate-forme donne lieu en tournant à des frottemens inégaux très énergiques. Une fois la machine arrêtée ou n’éprouvant qu'un mouvement très lent, elle est calée par le chauffeur, la plate-forme est tournée de nouveau, et la machine est mise en marche de la même manière que ci-dessus.

Elle est arrêtée à quelques pas de la plate-forme. Pour l’arrêt , le

mécanicien ferme le- régulateur et fait écliapper, par un niouve-

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