‹ Guide du mécanicien conducteur de machines locomotivesChapitre 23 sur 98 · MS 165 SM · texte numérisé non relu

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Si, en partant, le mécanicien a à faire passer son train sur lin croisement, il donne lin coup de sifflet ondulé, et se fait rendre par l’aiguilleur le signal indiquant qu’il peut passer.

Lorsqu’il est parti avec excès de pression, il passe la main sur le levier de ses soupapes, pareeque souvent la continuation du jet de vapeur ne tient plus alors qu’à ce qu'étant ouvertes elles présentent une surface beaucoup plus grande à la pression, que lorsqu’elles sont fermées.

L’ouverture du régulateur, lorsque le train a pris sa vitesse, doit toujours être modérée de manière à ce que la pression reste plus grande dans la chaudière que dans le tuyau d’émission de vapeur et dans les cylindres. Cette règle est indispensable à observer si l’on veut maintenir la production de vapeur à un degré suffisant pour une marche rapide et régulière.

Lorsque la voie de départ est, à lastation, la même que la voie «l’arrivée, le conducteur doit porter une grande attention anx signaux qui lui sont faits et aux ordres qu i! reçoit du chef de gare quand un train arrivant est en vue. A cet effet, il passe de temps en temps la main sur le levier de la balance quand le bruit de la soupape l'empêche d’entendre le sifflet du chef de gai e ; il suspend ainsi le bruit de la décharge de la vapeur pendant quelques secondes, ce qui suffit pour s’assurer que l’ordre de suspendre sa marche ne lui est pas donné.

lorsque la machine a parcouru, à partir du point de départ, un kilomètre et demi ou deux kilomètres, il importe de recharger le feu des chaudières dont la surface de chauffe n’est pas de plus de 60 à 65 décimètres carrés, pareeque le mouvement a affaissé le feu chargé en station.

Dès ce moment commence pour le mécanicien le difficile travail de la production de vapeur à une pression et dans la quantité suffisante pour la marche rapide du convoi. Deux conditions egalement essentielles sont à observer : le maintien du feu qui prodnit la vapeur et l’alimentation d’eau pour remplacer celle qui est convertie en vapeur r>t maintenir le niveau nécessaire au-deSsus de la boîte à feu

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Le maintien du feu est le premier soin et le plus important. U ne faut pas l’oublier un instant parce que si on laisse consumer une trop grande partie du combustible, l’introduction d’une forte quantité de coke froid pour recharger le foyer, la lenteur qu’il met à s’échauffer, le refroidissement résultant dn grand nombre île fois qu’il faut ouvrir la porte de charge, produisent un grand abaissement de la température du foyer, et un ralentissement in stantané dans la production de la vapeur. La boîte à feu dans les petites machines de Bury , Jackson et Tayieur ayant 60 à 65 décimètres carrés de grille, contient trois hectolitres de coke jusqu’au premier rang dé tubes. Dans la marche à charge ces machines consomment sept hectolitres par heure; le feu se trouve donc complètement renouvelé deux fois et un tiers par heure. Ces renouvellumcns doivent avoir heu au moins à sept ou à huit minutes d’intervalle, ahn de n’avoir à ajouter à-la-fois qu’un hectolitre de coke formant un tiers de la quantité contenue dans le foyer.

,72. CHARGE DU FOYER ET ALIMENTATION. L’introdllCtion dll

coke dans le foyer doit se faire rapidement ; le mécanicien tenant d’une main la chaîne avec laquelle il manœuvre la porte reste debout à sa place l’œil porté sur la ligne qu’il ne doit jamais quitter des yeux, et suivant cependant les mouvemens de son chauffeur qui charge le feu, afin d’ouvrir à point la porte du foyer , ni trop tôt pour ne pas la laisser trop long-temps ouverte, ni trop tard afin qu elle ne renverse pas en s’ouvrant la charge de la pelle. Le coke doit être cassé en morceaux dont la plus forte dimension ne doit pas excéder un décimètre cube : au-delà l’air passe entre les morceaux de coke en combustion sans trouver une quantité de surfaces incandescentes suffisante pour l'échauffer et lui enlever l oxigène; il passe alors froid à travers les tubes, et, comme il alimente peu la combustion, il ne crée pas de vapeur.

Il faut veiller à ce que le chauffeur charge toujours complètement sa pelle, afin de ne pas prolonger trop long-temps l’opération de la recharge du feu, et qu'il ne ramène pas du fond du tendér dé mentis fragmens que la force du tirage enlèverait dans les

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tubes et qui y empêcheraient le passage tic la (lamine et de l'air cliaud.

Il faut également veiller à ce que la charge de coke soit rcpai lie également sur la grille, et que le combustible ne soit pas plus entassé sur un côté que sur l’autre.

Au moyen de ces précautions dans la recharge du feu, on réussit en partant à créer une combustion très énergique dans le foyer et à élever la pression de la vapeur de manière à l’avoir en excès , ce qui se reconnaît par la levée de la soupape. Cet excès de vapeur est dû principalement à ce que dans le parcours des trois ou • quatre premiers kilomètres il n’a pas été nécessaire d’alimenter : d’abord la chaudière au départ contenait un excès d’eau, et de plus le courant de la vapeur produite par toutes les surfaces chauffées élève artificiellement le niveau de l’eau dans la chaudière de cinq a six centimètres ; ce qui permet de marcher pendant un temps assez considérable sans alimenter.

Supposons en effet que l’eau soit au départ dans la chaudière à quinze centimètres au-dessus de la plaque supérieure de la boîte à feu ; chaque tranche d’eau d’un centimètre d’épaisseur, multipliée par la longueur et la largeur de la chaudière à cette hauteur, contiendra environ vingt-cinq litres: or, à quatre atmosphères, la quantité de vapeur consommée par la machine et par kilomètre « scia quatre fois le volume d’un cylindre par tour de roue, multiplié par le nombre de fois que la circonférence de la roue est comprise dans un kilomètre. Cette, quantité se compose de o m.c. 027' (volume d’unef*cylindrée) multiplié par quatre et pai> le nombre de tours que fait une roue de 1 in. 698 de diamètre boit la circonférence des roues, 5,33, on aura pour le nombre de tours par kilomètre = 1 87 : or , 187 multiplié par quatre cylindrées donne par kilomètre 748 cylindrées, ce qui forme 20 mètres cubes de vapeur. Or, à la pression de quatre atmosphères-, qui ne peut exister dans les cylindres qu’à une marche

• Une rylindréc est égale à la surface- du piston multipliée par la course ou égalé au volume produit par chaque coup de piston.

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lente, i\65 litres de, vapeur faisant un kilogramme deau, il rh résulte que la machine consomme 43 kilogrammes par kilomètre, ou près de a centimètres de hauteur d’eau dans la chaudière. Il en résulteque la machine pourrait marcher pendant 7 kilomètres sans être alimentée, sans courir le risque de découvrir d’eau le dessus de la boite à feu , pareeque, comme nous lavons déjà dit, le courant de vaporisation a pour effet d’élever artificiellement le niveau de l’eau dans la chaudière de 6 à 7 centimètres du côté de la prise 3e vapeur. , '

Le calcul ci-dessus n’est d’ailleurs applicable qu’aux .machines qui débitent dès leur départ une vapeur très peu chargée d’eau ; il ne s'applique pas à celles qui en lancent, en partant, avec la vapeur, une certaine quantité: aussi arrive-t-il dans ce cas qu’après le parcours de 4 à 5 kilomètres l’excès d’eau existant au départ est absorbé , et il faut profiter pour alimenter de l’abondance de la vaporisation produite par l’activité du foyer.

L’alimentation se fait en ouvrant le robinet du conduit de 1 eau du tender à la pompe, et en essayant le robinet d’épreuve de la pompe. Ce dernier robinet indique par son jet plein et alternant suivant la marche du piston, que la pompe marche bien : quand le jet n’a pas lieu immédiatement, il faut le tenir long-temps ouvert ; s'il rejette de l’eau chaude ou de la vapeur, c’est que le clapet de refoulement n’est pas étanche. S’il aspire l’air, c’est que je clapet d’aspiration ne se détache pas i dans les deux cas, il faut attendre et faire jouer le robinet, soit au moment du refoulement, soit au moment de l’aspiration, selon" que l’on est conduit à supposer l’une des deux causes d’empêchement que nous venons d’indiquer dans le travail de la pompe. Lorsque les pompes sont d’un fort diamètre, il est convenable de laisser, pendant l’alimentation, le robinet d’épreuve constamment ouvert; cela ôte au choc du clapet d’aspiration une partie de son énergie au moment où le refoulement commence, et l’on ne court pas risque de crever Iç conduit de refoulement.

Dans les machines de Tayleur, Bury et Jackson, la pompe ' fournit à chaque coup de piston s/,0 de litres environ, et par

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cousèqtfenl 1 49 litres par kilomètre, ou pour 187 révolutions de> roues. La consommation en vapeur est, pendant ce temps, do litres d’eau, en supposant que la vapeur qui remplit les cylindres y soit à uue pression de quatre atmosphères, ce qui existe bien rarement, soit à cause du peu d’ouverture du régulateur, soit à cause de la vitesse du piston, etc. Si la vaporisation s’élevait à 43 kilog. d’eau par kilomètre, on voit que l’alimentation devrait avoir lieu pendant près du tiers de la route; il est loin d’en être ainsi, à moins de fuites considérables.

Nous avons dit qu’d fallait saisir pour alimenter le moment où il y a excès de vaporisation; cet excès est indiqué par l'échappement de vapeur qui a lieu par la soupape; l alimentation se continue tant que cet excès dure et que le niveau que l’on veut obtenir 11’cst pas atteint; lorsqu'il est possible d’alimenter, audessus du niveau ordinaire, sans baisser la pression, il y a utilité à le faire lorsque cela n’a pas pour résultat de faire rejeter «le l’eau mélangée avec la vapeur. L’abondance d’eau est utile parce que la recharge du feu ayant pour effet de refroidir les parois de la chaudière et le foyer, la production de vapeur diminue en ce montent et la pression s’affaiblit. Il est indispensable d’arrêter l’alimentation avant de recharger le feu et de 11e la reprendre que lorsqu’il est bien rallumé et que la force.de la vaporisation a repris son énergie. C’est à causc-de ces intervalles dans l’alimentation qu’il est bon de la pousser au-delà du niveau absolu , quand cela est possible sans abaisser la pression, de manière à trouver dans cet excès d’eau une espèce de réservoir pour un certain temps de marche.

Lorsque la production de vapeur résultant de l’énergie du foyer ne va pas jusqu’à faire lever la soupape, les seuls moyens qu’a le mécanicien de juger s'il est convenable d’alimenter smit: d’épronyer la soupape en levant légèrement le levier. Si un très léger effort dans ce sens suffit pour produire un dégagement «le vapeur, c’est que la pression est près de sa limite supérieure; s’il faut forcer beaucoup, c’est que la pression est très faible. L’iiahimde donne le moyen de bien juger ainsi la pression. Le second

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moyen et le plus convenable, c’est l'audition du bruit causé par l’échappement de vapeur. Il faut qu’un mécanicien ait dans les oreilles bien exactement la nature et le degré d’énergie du bruit causé par l'échappement quand la pression est à sa limite supérieure, et qu’il s’aperçoive aussitôt de la décroissance de ce bruit. C'est sur cela, bien plus qu’aux indications de la soupape, qu’il doit se guider pour alimenter d’eau sa chaudière.

En général, il faut se garder de pousser l'alimentation jusqu’à un trop grand abaissement de la pression, parcequ’alors l’énergie du tirage s’affaiblit rapidement, et si, dans ce moment , il faut recharger le foyer, le nouveau refroidissement causé par cette opération rend alors la pression de la vapeur tout-à-fait insuffisante pour entretenir la marche du convoi.

Il est de règle, toutes les fois qu’une machine ne produit pas beaucoup de vapeur, de lui en peu demander, et, .par conséquent, d’ouvrir légèrement le régulateur. Ménager sa vapeur est dans ciras le seul moyen de ne pas être forcé de suspendre la marche du convoi. »

Quand une machine produit trop de vapeur, il est assez convenable de rendre l’alimentation continue en réglant la quantité d'eau introduite par la pompe de la. chaudière par le rétrécissement du robinet, et en la rendant à-peu-près égale à celle qui est transformée en vapeur. Mais cela a rarement lieu, pareeque les mécaniciens préfèrent économiser le combustible que de créer une trop grande quantité de vapeur, et qu’en continuant l’alimentation d’une chaudière qui ne produit que la quantité de vapeur nécessaire, pendant la recharge du feu qui refroidi! la chaudière et le foyer, on courrait le risque de trop abaisser la pression.

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