I. — Choix du méoigament
Il y a^ parmi les principes indiqués par Hahnemann^ une série de préceptes se rapportant au traitement des maladies en général (thérapeutique générale)^ à la connaissance des vertus particulières à chaque médicament (matière médicale^ pharmacodynamique) et au traitement des maladies prises en particulier (thérapeutique spéciale.) Tous ces préceptes dérivent de la loi des semblables^ principe fondamental de la thérapeutique hahnemannienne.
1*^ Cette loi nous enseigne que tout médicament détruit chez un malade un état morbide caractérisé par les symptômes que cet agent a puissance d'engendrer sur l'homme sain : Similia similibus curaniur. Ainsi^
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avant de prescrire un médicament y le médecin devra s'assurer s'il a été expérimenté sur l'homme en santé^ et comparer avec un soin scrupuleux les symptômes présentés par le malade avec ces effets pathogénétiques.
2** Toutefois^ cette similitude établie de la sorte entre les symptômes du médicament et ceux de la maladie^ doit conduire à une concordance plus intime , à une affinité spécifique plus étroite entre ces deux facteurs; car il faut qu'elle se retrouve entre le siège de la maladie médicinale et celui de la maladie naturelh?, dans le mode de développement de l'une et de l'autre, et aussi entre les conditions intérieures et extérieures capables de les modifier.
3"" Il ne suffit donc pas, pour connaître exactement la puissance d'un médicament, de savoir quels effets il peut produire sur l'homme sain, il faut encore t'avoir expérimenté au lit du malade.
4"" Dans cette double étude , on ne doit jamais oublier que chaque médicament a une action propre , d'où la nécessité de les employer séparément et sans les mélanger entre eux, comme on le fait en allopathie.
5* Pour arriver à reconnaître le médicament qu'il faut prescrire , plusieurs conditions doivent être remplies.
a. Il est nécessaire de réunir tous les symptômes présentés par le malade , qu'ils soient internes ou externes, subjectifs ou objectifs ; qu'il s'agisse de lésions, de sensation, de fonction ou d'altérations de texture. Puis on doit déterminer, dans ce tableau, les signes qui
peuvent être caractéristiques^ et les distinguer de ceux dont llnnportance est secondaire.
b. Il faut reconnaître ensuite le siège de la maladie ; c^est-à-dire Torgane et le tissu sur lequel elle s'est localisée.
c. Enfin^ tâcher de pénétrer sa nature^ autant qu'il est possible de le faire^ c'est-à-dire reconnaître si elle est inflammatoire^ catarrhale^ cancéreuse^ etc., prévoir sa marche et déterminer à quelle période le mal est arrivé.
d. Il faut découvrir aussi ses causes prochaines ou éloignées (impressions morales, refroidissement, etc.), les idiosyncrasies (Tâge , le sexe, le tempérament, la constitution, le genre de vie, le régime habituel, etc.), et les influences extérieures capables de modifier les symptômes de la maladie ; savoir, par exemple, si la température, les saisons, les divei^ses époques du jour, les influences épidémiques, le repos, les aliments, l'attitude du corps, les efibrts de l'intelligence , modifient en quelque chose la marche du mal ou les symptômes par lesquels il se manifeste.
On peut comprendre par ce qui précède combien est rigoureux et précis l'examen que nous devons faire jiixm malade avant de le soumettre à un traitement homœopathique, avant de faire choix du médicament qui lui sera administré. Faute de satisfaire à cette condition, et de tracer un tableau aussi exact des symptômes et de leurs variétés, il serait impossible de reconnaître la similitude qui doit exister entre ceux-ci et les effets pathogénétiques des médicaments.
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Ce premier travail étant accompli^ le praticien doit rechercher dans la matière médicale quelle est la substance capable d^engendrer sur Thomme sain Tensemble des caractères qu^on aura ainsi reconnus. Ce médicament sera celui qu'il conviendra dé prescrire.
6*" Une telle substance devra être administrée seule^ sans addition d'aucun autre principe actif. Quant à sa dose^ elle sera déterminée en raison de Ténergie de la substance employée^ et aussi en raison de la nature de la maladie et de llmpressionnabilité du malade. En génial y on se sert en homœopathie de doses infiniment petites; mais il y a des circonstances^ rares à la vérité, où Ton doit faire usage de doses pondérables. Ceci n'a rien qui doive nous surprendre ; car, du moment où un médicament a été choisi d'après la loi des semblables^ il est homœopathique à la maladie^ et reste tel, quelle que soit la dose à laquelle on le donne. On ne saurait en effet, sans s'exposer à de graves mécomptes, faire constituer l'homœopathicité d'une substance dans sa dose seule. Il ne faut pas oublier toutefois que l'emploi des doses infinitésimales est la règle, tandis que celui des doses massives est une exception.
7» Il faudra renouveler l'action du médicament, par conséquent répéter celui-ci autant de fois que l'exigeront la durée de son action, la nature et l'acuité de la maladie , l'effet antérieurement obtenu.
8** Lorsque l'action d'un premier médicament n'aura pas été complètement curative , que l'état du malade «e sera modifié soit par l'influence de l'agent thérapeu-
tique antérieurement prescrit^ soit par l'effet de la marche naturelle de la maladie ^ il faudra recourir à une autre substance ^ que Ton déterminera en comparant de nouveau le tableau des symptômes présentés en ce moment par le malade , avec les pathogénésies de la matière médicale.
9® La forme qu'il convient de donner au médicament doit être telle que celui-ci conserve toute sa puissance^ qu'il ne soit accompagné d'aucune autre substance active^ et qu'on puisse facilement en mesurer et en diviser les doses. Je reviendrai tout à l'heure sur ce sujet.
10'' L'homœopathie ne s'oppose pas à ce que les médicaments soient appliqués à l'extérieur; seulement ils doivent être préalablement choisis comme je l'ai indiqué^ et employés à de plus fortes doses que s'il fallait les donner à l'intérieur.
11<> Le régime doit être tracé en raison du médicament employé^ des exigences de la maladie et des circonstances spéciales dans lesquelles le malade se trouve placé. J'entrerai aussi dans quelques détails à ce sujet.
Pour le moment, je me bornerai à l'énoncé des règles qui précèdent^ et auxquelles il faut se conformer pour diriger un traitement homœopathique , obtenir des résultats heureux et n'être pas seulement un collecteur de symptômes. En suivant cette marche , on rencontrera plus d'une difficulté , aussi bien pour tracer le tableau de la maladie que pour se déterminer entre plusieurs substances dont les effets pathogénétiques se ressemblent , et qui paraissent convenir