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ADMINISTRATION DES MÉDICAMENTS

égi^lement au malade que l'on traite. Comme je Tai dit déjà^ c'est dans Fespoir de faciliter la recherche du médicament que j'ai composé cet ouvrage. J'indiquerai en peu de mots comment on pourra le consul* ter avec fruit.

La méthode qu'il convient de suivre ressort des dispositions que je lui ai données. J'ai voulu d'abord classer les maladies dans un ordre méthodique ; je l'ai fait en respectant les exigences de la science et en appelant à mon aide les enseignements de la pathologie et de la physiologie. Lors donc qu'on aura reconnu à quelle maladie on a affaire^ il faudra chercher la classe dans laquelle j'ai cru devoir la placer; et là on trouvera nommées les différentes substances qu'il est possible de lui opposer. A côté du nom des agents les plus usités^ j'ai résumé les symptômes qui peuvent être déterminants pour le médecin. Il suffira donc de comparer le tableau de la maladie aux descriptions que je donne ^ et dans lesquelles j'ai réuni avec soin les symptômes les plus importants , les plus caractéristiques. La similitude étant établie par cette comparaison^ le médicament se trouvera par là même indiqué.

IL — Mode d'administration des médicaments.

On emploie en homœopathie quatre ordres de préparations pharmaceutiques : les teintures y les dilutions, les triturations et les^ilobules.

Les teintures s'obtiennent en faisant digérer dans l'alcool les plantes fraîches^ ou en faisant dissoudre

1 PROLEGOMENES.

dans ce même véhicule^ ou dans Feau^ les substances solubles.

Les triturations sont réservées pour la préparation des agents qui sont insolubles dans Teau et dans Talcool. Elles s'obtiennent en mêlant une partie de la sub* stance active à quatre-vingt-dix-neuf parties de sucre de lait^ et en triturant ce mélange dans un mortier (i).

Lesdilutionsse préparent en mêlant une goutte d'une teinture avec quatre-vingt-dix-neuf gouttes d'alcool, et en secouant fortement le mélange. Une goutte de cette première dilution, mêlée à quatre-vingt-dix-neuf gouttes d'alcool , donne la deuxième dilution ; les autres s'obtiennent par le même procédé.

La seconde trituration s'obtient d'une manière ana* logue, c'est-à-dire en triturant un grain de la première avec 99 grains de sucre de lait.

Hahnemann enseigne qu'après la troisième trituration, toute substance devient soluble, de sorte qu'il est possible de continuer les atténuations par voie de dilution.

Les globules se composent de petits grains de sucre

(I) Cette trituration était faite par Hahnemann , à la main; plus tard, le docteur Mure essaya de substituer une machine à Taction de Thomme (V. Doctrine de Vécole de Rio de Janeiro et Pathogénésie brésilienne ; Paris, 1849, p. 37); H fit construire deux appareils, Tun destiné à la préparation des dilutions, Tautre à la préparation des trjturaUons. M. Weber, à son tour, a fait construire une machine à laquelle il a donné le nom de dynamisaieur, et dont Taction a été appréciée parla société Hahnemannienne. Je renverrai sur ce point au rapport publié par cette société (Journal de la soc. Hahnem.t t. II, p* 513, 532) et aa Codex des médicaments homœopathiques. Paris, 1864, p. 50 et suiy. (Note da trad.)

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•et d^amidon qu'on imbibe avec quelques gouttes d'une dilution (1).

Les atténuations ordinairement employées s'étendent de la première à la trentième (!2) . En général on emploie les plus basses dans les maladies aiguës^ à mar^ •che rapide^ et on réserve les puissances plus élevées pour les maladies chroniques. Sans pouvoir donner un chiffre précis pour chaque affection et pour chaque médicament^ je dirai qu'il faut toujours déterminer le choix de la puissance dont on fait usage^ d'après la

(1) L'auteur.'est entré dans des détails bien plus complets relativement à la préparation des médicaments homœopathiques ; mais il m'a paru inutile de les transcrire ici, par cette seule raison que nous possédons en France deux traités spéciaux sur ce si^et : la Nouvelle pharmacopée homœopathique, de MM . Jahr et Clateilan , et le Codex dei médicaments homœopathiques ^ publié par M. Weber. J'ai cru ne pouvoir mieux faire que de renvoyer le lecteur à ces deux derniers ouTrages , où sont exposés tous les préceptes nécessaires à la préparation des médicaments. On trouvera dans le Codex des médicaments ftomceopathiqws, p. 79 et suiv., une description minutieuse d'un nouveau mode de préparation usité en Allemagne, et sur lequel le docteur Hirschel a insisté, je veux dire la préparation des dilutions et des triturations en suivant le système décimal, c'està-dire en divisant les médicaments par 10, pour chaque atténuation, au lieu de les diviser par 100 comme le faisait Hahnemann. D'après cette nouvelle méthode, une dilution s'obtient en mêlant une goutte de teinture à neuf gouttes d'alcool , et une trituration, en mêlant un giain de médicament à neuf grains de sucre de lait. Il y a là un procédé dilTérent dé celui qui est généralement suivi en France, et sur lequel M. Weber à insisté avec soin. (Note du trad.)

(2) Y., pour le choix et la répétition des doses, Organon de Sahnemann, p. 264, et les Commentaires, par le docteur Léon :Simon père, p. ôlS.

susceptibilité du malade et les exigences de la maladie. Les puissances de 2 à 6 pour les affections aiguës^ et celles de 3 à iâ pour les maladies chroniques^ me paraissent être les plus convenables (i). Je ne puis fixer la dose d'une manière plus précise ; car elle doit être déterminée d'après Fâge^ le sexe^ la faiblesse de la constitution^ rimpressionnabiiité du malade; de sorte qu'il faut Tindividualiser pour chaque sujet.

J'ajouterai néanmoins que, si l'on emploie un médicament liquide^ une teinture ou une dilution^ on peut en donner une ou deux gouttes par dose; et que, si Ton prescrit une trituration, il est possible d'en donner chaque fois une quantité égale à celle qui peut être prise sur l'extrémité d'un couteau. On divise souvent ces doses, ou on les augmente. Rien n'est plus facile que d'arriver à ce but : il suffit en effet de mêler la substance active avec un liquide inerte, et de diviser en plusieurs fois la quantité totale du liquide. Veut-on faire prendre une goutte d'une dilution en 6 fois? on la mêle à 6 cuillerées d'eau alcoolisée, dont le malade prend une cuillerée toutes les 4 ou toutes les 6 heures, ou toutes les 24 heures, suivant que le médecin le juge utile. Veut-on donner le médicament à dose plus forte? on en augmente la quantité; on mêle, par exemple, six gouttes

(1) Il est rare, en France, que nous nous laissions enfermer pour la pratique dans un cercle de diluUons aussi étroit. Dans les maladies aiguës, on se sert avec un grand avantage des douzième, dix-huitième, vingt-quatrième dilutions, et dans les maladies ctironiques, on descend rarement au-dessous de la d1x-)iultième, et on donne le plus souvent la préférence à la trenUème.

(Note du trad.)

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de)a substance actives 6 cuillerées d'eau, de manière que le malade en prenne une goutte dans chaque cuillerée. On peut donner aux enfants le médicament par goutte sur du sucre. J'aime peu les globules^ parce qu'ils divisent trop le médicament^ parce qu'il est difficile de les imbiber régulièrement et exactement. Ils sont pourtant très-souvent préférables chez les enfants (I).

Quant à la répétition des doses^ elle doit avoir lieu toutes les deux ou trois heures dans les maladies aiguës. Elle peut être beaucoup plus rapprochée encore dans les affections à marche très-rapide, comme le choléra et le croup. On est allé, en pareil cas, jusqu'à les répéter toutes les demi -heures et tous les quarts d'heure. Dans les affections chroniques une dose le matin et une le soir sont très-suffisantes. C'est pour ce dernier ordre de maladie qu'il est nécessaire de laisser reposer le malade pendant quelques jours, lorsqu'on change le médicament.

Dans ces derniers temps on a recommandé d'alterner deux médicaments dans certaines affections, et eu

(1) Je ne puis partager cette prévention du docteur Hirschel contre les globules , qui sont très-souvent usités parmi nous, et avec grand avantage Leur préparation exige sans doute beaucoup de soin (V. Codex des médicaments homœopathiques, p. 22 et84); inais leur efficacité ne peut être mise en doute. La méthode la plus générale pour administrer le médicament consista à faire dissoudre celui-ci dans cent vingt-cinq grammes d'eau disiitlée et alcoolisée, et à faire prendre une cuillerée de ce mélange chaque fois. Dans tes maladies aiguës , on répèle cette dose toutes ks trois, quatre on six heures; dans les maladies chroniques, on donne une cuillerée le maUn , à jeun , une heure au moins avant le premier repas, et une autre le soir, trois heures après lediner. (Note du traducteur.)

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particulier de donner alternativement belladone et mercure dans Tangine. On faisait prendre alors 4 dose de mercure â heures après la première dose de belladone^ et une seconde dose de belladone 2 heures après la première dose de mercure; de même pour la suite. L'expérience m'a appris que cette méthode ne devait être suivie que très-rarement^ par exemple, dans le croup. Autrement^ elle ne procure aucun bon résultat^ et ne prouve qu'une chose : le défaut de confiance du médecin dans l'effet du médicament qu'il administre et l'incertitude du choix qu'il a fait (I).

m. — Régime des malades.

Le régime est un adjuvant utile qu'il n'est pas permis de négliger dans un traitement bien entendu. Il peut quelquefois guérir à lui seul^ dans les affections légères et superficielles qu'on rencontre quelquefois. Le plus souvent il est insuffisant pour arriver à ce but^ mais il vient en aide à l'action des médicaments^ action qu'il entrave aisément s'il est mal combiné. La sévérité des préceptes diététiques posés par Hahnemann s'explique par ce premier fait^ et aussi par l'emploi du médicament à doses infinitésimales^ l'action de ces dernières pouvant être troublée ou anéantie par des substances qui ont sur elles une action antidotique^ par exemple, par le vin et le café.

(1) L'auteur doune ensuite quelques conseils relativement à la composition des pharmacies portatives. Le lecteur en trouvera de beaucoup plus précis dans les ouvrages spéciaux dont j'ai donné le titre. (Note du traducteur . )

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