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INFLAMMATION DES LIGAMENTS LARGES. — LÉSIONS ANATOMIQUES

ques de la forme simple ou non-puerpérale de la maladie, lésions qu on a rarement l’occasion d’observer, la mort n’ayant pas souvent lieu dans cette foi me. »

«Les altérations des ovaires (1) se présentent ici à des degrés variables : tantôt la portion séreuse de ces organes peut être seule lésée, et alors on les voit coiffés d’une espèce d’enveloppe pseudo-membraneuse plus ou moins épaisse et étendue ; tantôt, les ovaires sont plus ou moins augmentés de volume, et alors leur tissu propre est modifié : ils sont comme infiltrés d’une sérosité plus ou moins abondante, qui imprègne leurs mailles, même alors que le péritoine qui les recouvre n’est pas altéré. » (J. Béhier.)

Dans une autre forme de ramollissement, l’ovaire est grisâtre, parsemé de points purulents; il offre des bosselures, en même temps qu’un volume plus considérable : son enveloppe extérieure est le siège d’une injection vasculaire piquetée, trèsintense et comme ecchymosée, qui rend la surface d’un rouge vif inégalement réparti. Dans d’autres cas, les ovaires sont devenus friables et s’écrasent en une pulpe grenue, qui renferme parfois de petits abcès, dont le volume varie de la grosseur d’un pois à celui d’une noisette. «Ailleurs, continue J. Béhier (2), les : abcès multiples sont encore plus volumineux; quelquefois même, l’ovaire est con- | nverti tout entier en une seule vaste poche purulente ; il ne reste de l’organe que les enveloppes, le tissu lui-même ayant été complètement refoulé et comme anéanti ; oar la suppuration. Dans les cas de ce genre, la coque de l’ovaire est d’ordinaire

j épaissie et indurée Enfin, cet organe peut être ramolli au point d’être com-

I blétement difllucnt, si bien que, si on le touche sans précautions, il peut échapper li aux recherches pendant l’autopsie. »

Quant aux altérations les plus fréquentes des trompes « elles consistent dans la tuméfaction, l’injection sanguine et l’infiltration séreuse de leur tissu; le pavillon Ipst boursouflé, veiné de lignes rouges qui ont quelques rapports avec les stries de

Incertaines agathes; du centre du pavillon, la pression fait quelquefois suinter des égouttes de véritable pus; les franges de cette partie sont parfois épaissies et comme dilatées, ailleurs, elles sont allongées et grêles. Le canal de la trompe est dilaté, e plus habituellement, et contient, soit un liquide purulent en quantité variable, ' soit une sanie puriforme (3). »

Dans un cas rapporté par P. Paris (à), et dans lequel les ligaments larges étaient épaissis, on trouva leur enveloppe péritonéale lisse et sans rougeur, mais leur tissu cellulaire était infiltré d’une matière gélatiniforme, excepté dans la partie supérieure où les ailerons étaient restés intacts. Le ligament large formait une tumeur, perçue pendant la vie par le toucher vaginal, et accolée, par sa face interne, à l’utérus, clans le sens duquel elle remontait jusqu’à 3 et 4 centimètres au-dessus du col, tandis qu’en descendant dans le vagin, elle se sentait jusqu’à 2 centimètres audessous : entourée partout de tissu cellulaire épaissi, surtout le long du vagin,

(1) Plus haut à l’article Ovarite, p. 282, nous avons, à dessein, omis de donner la description des lésions anatomiques, qui, le plus souvent, surtout dans l’état puerpéral, coïncident avec le phlegmon du ligament large correspondant.

(2) J. Béhier, loc. cit., p. 515.

(3) Id. ibid., p. 517.

! (Q Nous reproduisons ici les résultats de l’examen nécroscopiquc, tels que les a publiés : ?. Pâris àl appui delà manière de voir que nous avons résumée précédemment, § II, p. 332.

MALADIES DES FEMMES

elle s’étemlail latéralement* entre les deux lames du ligament large, sur une longueur de 3 centimètres. L’incision portée sur elle, donna issue à un pus sanieux et mal lié ; les parois de la poche qui le renfermait étaient anfractueuses et envoyaient deux courts prolongements : Lun en avant, entre l’utérus et la vessie, qu’il déjetait légèrement à droite ; l’autre, en arrière, contournant l’utérus au niveau de la partie inférieure du corps. Ces deux prolongements avaient, pendant la vie, donné lieu à des indurations perçues au niveau des deux culs-de-sac vaginaux.

Mais la disposition anatomique la plus intéressante, consistait dans une dilatation remarquable des veines qui rampent dans les ligaments larges : « La plupart étaieni distendues par des caillots volumineux, rougeâtres, non adhérents. A droite, la veine hypogastrique était remplie par un caillot jaune pâle, adhérent, par places, à la surface interne de la veine. Ce caillot faisait, dans la veine iliaque, une saillie de 3 millimètres; il était un peu mou, mais non liquide, et se cassait comme du fromage ; à son entrée dans l’iliaque, il était entouré par une sorte de collerette pseudo-membraneuse, et, tout autour de lui, la veine était le siège d’une rougeur vive cl persistante. Les parois de l’ hypogastrique étaient épaisses, rouges, couvertes çà et là de fausses membranes à l’intérieur; tandis qu’à l’extérieur, le tissu cellulaire, dense et grisâtre, formait, au vaisseau, une sorte de gaine qui le maintenait béant. A gauche, on retrouvait les mêmes altérations de l’iliaque et de l’hypogastrique ; les veines utéro-ovariennes en étaient aussi le siège, et l’on pouvait suivre l’une d’elles dans un trajet de 3 centimètres, à partir de l’hypogaslrique : elle plongeait alors dans l’abcès, où son tissu était complètement détruit (1). »

§ IV. — Symptômes.

Début . — Le début est ordinairement marqué par une douleur sourde, ne s’opposant pas d’abord à l’accomplissement des mouvements habituels, tels que ceux nécessaires à la progression ; facile à exaspérer par la pression , elle occupe, en général, le côté de la région hypogastrique, où l’on percevra plus tard la tumeur, et s’irradie peu à peu vers les lombes ou les membres abdominaux. Dans les cas analysés par P. Paris, son apparition avait eu lieu, le plus souvent, du dixième au quatorzième jour après les couches. Peu à peu, elle devient plus intense; sa plus grande acuité corrcspondantau moment où se fait le travail de suppuration. L’abdomen est un peu plus volumineux dans sa partie inférieure; quant aux lochies, si l’accouchement est récent, elles diminuent ou cessent complètement, et la sécrétion lactée ne s’établit pas. On note, en même temps, des frissons peu intenses, revenant à intervalles irréguliers; delà fièvre qui augmente le soir; des troubles du côté des voies digestives, consistant en diarrhée plus souvent qu’en constipation. En général, pas de nausées ni de vomissements; rarement de la gêne dans la miction.

Maladie confirmée. — «Au bout d’un temps qui varie du sixième au soixantedixième jour du début, et qui est en rapport avec l’acuité et l’apparition prompte ou tardive des symptômes initiaux, se montre, au-dessus de l’arcade de Fallope et en dedans de la fosse iliaque, une tuméfaction mal limitée d’abord, plus ou moins

(1) P. Paris, thèse citée, p. 12 et 13.

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